mardi 16 avril 2013

Lyubov Orlova, le navire dont on ne veut pas


«Aux beaux temps de l’URSS (sic), tandis que les chantiers soviétiques construisaient navires de guerre sur navires de guerre, les pays satellites recevaient commandes de paquebots, navires de charge et navires citernes. Les chantiers Yougoslaves Titovo Brodogradiliste Kraljevica mirent en service entre 1974 et 1977 une série de huit petits paquebots affectés à trois compagnies soviétiques : Alla TarasovaKlaudiya YelanskayaMariya Yermolova pour la compagnie Murmansk Shipping Co ; Antonia Nezhdanova, pour la Baltic Shipping Co ; Lyubov OrlovaMariya SavinaOlga Sadovskaya qui devient en 1995 l’Ocean Star et Olga Androvskaya pour la Far Eastern Shipping Co. 

On remarquera que leurs noms sont tous féminins, probablement des héroïnes comme on les honorait sous le régime communiste d'URSS. 
Lyubov Orlova (voir timbre ci-contre publié en 2001) qui nous intéresse était une star adulée (même par Staline) : chanteuse, danseuse, pianiste et actrice du cinéma, elle est décédée en 1975, à 73 ans. 
Le MV Lyubov Orlova (en hommage à une actrice russe des préférées de Joseph Staline),

est un brise-glace de classe Mariya Yermolova construit en Yougoslavie en 1976. Autrefois affrété pour des croisières en Antarctique, abandonné à quai à St. John's (Terre-Neuve), il est devenu une épave à la dérive dans l'océan Atlantique.
3900 tonneaux de jauge brute, 206 passagers pour un équipage de 100 membres, 100 mètres de long, 16,2 mètres de large, une puissance sur deux moteurs Burmeister de 3886 kw (5280cv). Rien d’extraordinaire pour des paquebots dont on ne sait ce que l’URSS au travers de ses trois compagnies en a fait sinon sur des liaisons courtes. 
La plupart de ces navires a disparu sans laisser de grand souvenir dans le monde de la croisière (sans doute parce que desservant la route du Nord, dans l'océan arctique, destination assez confidentielle à l'époque! ndlr). Seul le Alla Tarasova est devenu le Sea Adventurer (ex-Clipper Adventurer) et continue à naviguer tandis que le Lyubov Orlova fait parler de lui…. mais en mal. En effet l’ancien paquebot soviétique sous pavillon de l’île de Cook est resté amarré depuis septembre 2010 dans le port de Saint John (Newfoundland). Il a été vendu pour le prix de la ferraille (275 000 $) à un armateur iranien basé à Saint John. Pris en remorque par Charlene Hunt pour être tiré jusque vers un port Dominicain, le navire rompt sa remorque le lendemain de son appareillage en raison du mauvais temps. Laissant le navire livré à lui-même, le remorqueur revient à Saint John. Le 31 janvier, le navire off shore Atlantic Hawk retrouve l’Orlova et s’amarre sous la raison que la coque constitue un danger pour les installations pétrolières. Le 4 février, le ministère canadien du Transport fait couper la remorque sous prétexte que le navire ne pose aucun problème vis-à-vis des installations et du personnel off shore et qu’il est alors en eaux internationales. 
Depuis, le navire sans équipage dérive à 250 milles dans l’est de Newfoundland, soit 50 milles hors des eaux canadiennes. Il est surveillé pour prévenir une collision. Il dérivera ainsi libre tant qu’une nation ne considèrera pas qu’il est devenu un danger pour ses côtes ou qu’il ne coulera de lui-même. Bel exemple d’une lacune dans le droit maritime qui n’oblige pas à tirer un navire dangereux des eaux internationales vers un port refuge. L’affaire fait grand bruit au Canada. Elle rappelle celle toute récente du pétrolier Canadian Miner qui, en septembre 2011, rompit sa remorque alors qu’il était destiné à un chantier de démolition turc et finit par s’échouer sur la côte de la Nouvelle Ecosse où il est toujours. Pour nous, cela a un petit air d’Erika et de Prestige qui nous ont coûté très cher. Depuis on est sans nouvelles du navire épave.»
Source: La Lettre des paquebots n°85

MV Lyubov Orlova is a 1976 Yugoslavia-built ice-strengthened Mariya Yermolova class cruise ship. Once known for Antarctic cruises, the ship made headlines after it was abandoned dockside in St. John's, Newfoundland and then became a floating derelict in the North Atlantic Ocean in 2013.

Lyubov Orlova abandonné à quai à St. John's de Terre-Neuve en octobre 2012 après avoir été saisi pour dettes de son armateur Cruise North Expeditions.
The cruise ship Lyubov Orlova sitting derelict at dockside in St. John's, Newfoundland and Labrador, October 2012. © Dan Conlin


2 commentaires:

Alain a dit…

Encore un problème lié à la fin de vie des navires civils ou militaires, leurs déconstruction dans des conditions acceptables humainement et environnementalement coute de plus en plus cher, certains n'hésitent pas à tenter d'échapper à leurs responsabilités.

Alain

Alain a dit…

Encore un problème lié à la fin de vie des navires civils ou militaires, leurs déconstruction dans des conditions acceptables humainement et environnementalement coute de plus en plus cher, certains n'hésitent pas à tenter d'échapper à leurs responsabilités.

Alain