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mardi 12 novembre 2013

Holland Class de 1901, premiers sous-marins modernes de la Royal Navy mais incontestable échec technique

Holland 1, lancé le 2 octobre 1901 en secret. Exposé au Royal Navy Submarine Museum de Gosport. Ce timbre commémoratif, émis en 2001, pour son centenaire, le représente. La même année, le Libéria a publié un timbre identique avec Holland 2 (pourtant construit en 1902!)
La classe Holland est la première classe de sous-marin moderne de la Royal Navy. Elle porte le nom de son inventeur John Philip Holland, développeur pour l'US Navy, la Royal Navy et la Marine impériale japonaise. Les cinq unités britanniques réalisées (huit étaient prévues, un autre fut livré à l'US Navy) sortirent du chantier naval Vickers à Barrow-in-Furness. Seuls les trois premières furent conçues sous licence de la compagnie John Holland / Chantier naval Electric Boat de Groton car l'Amirauté pensait pouvoir garder le secret de leur construction. 

Coupe d'un sous-marin de la classe Holland de 1901.
Ces sous-marins connurent de sérieux problèmes. Lors des essais autour de l'île de Wight en 1903 quatre des sous-marins connurent des problèmes techniques.

Utilisés essentiellement pour effectuer des tests de qualité, ils furent néanmoins envoyés vers la flotte russe qui avait coulé des navires de pêche britanniques lors de l'incident du Dogger Bank*** en octobre 1904. Ils furent rappelés avant tout engagement. Pour plus d'information sur la Guerre russo-japonaise, cliquez ici

Holland 4, lancé le 23 mai 1902, a sombré en septembre 1912. Renfloué, il est coulé comme cible le 17 octobre 1914.
Longueur 19,46 m - Maître-bau 3,6 m - Tirant d’eau 3,6 m Déplacement 113 tonnes (122 en plongée) - Propulsion par moteur essence de 160 cv - Vitesse 7,4 nœuds (surface) 6 en immersion - Armement 1 tube lance-torpilles de 356 mm (2 torpilles) - Rayon d’action 235 nautiques à 7 nœuds (surface) - Équipage de 8 hommes.
Sous-marins de la classe Holland
Pour la Royal Navy
Holland 1 : lancé le 2 octobre 1901 en secret. Exposé au Royal Navy Submarine Museum de Gosport.
Holland 2 : lancé en février 1902 et vendu en octobre 1913.
Holland 3 : commandé le 1er août 1902, a sombré lors d'essais en 1913.
Holland 4 : lancé le 23 mai 1902, a sombré en septembre 1912. Renfloué, il est coulé comme cible le 17 octobre 1914.
Holland 5 : perdu en 1912 au large des côtes du Sussex, il est désormais un site d'épave protégé par le Protection of Wrecks Act de 1973 depuis le 4 janvier 2005.
Pour l'US Navy : Holland 6 

***L'incident du Dogger Bank (ou incident de Hull), c'est l’assaut de chalutiers britanniques au Dogger Bank par la flotte de la Baltique de la Russie pendant la nuit du 21 octobre au 22 octobre 1904. Les vaisseaux de guerre russes étaient en route pour l'Extrême-Orient après la défaite de Port-Arthur. À cause de faux rapports et de la nervosité générale des marins russes, environ 30 chalutiers innocents ont été attaqués par les Russes à des milliers de kilomètres des eaux ennemies. Cela débuta en soirée, quand, ivre de boisson, le capitaine du navire de ravitaillement Kamtchatka, qui, dernier du convoi, a pris un navire suédois de passage pour un torpilleur japonais et signalé par radio qu’il était attaqué. Plus tard, dans la nuit, les officiers de garde ont vu les bateaux britanniques, ont mal interprété leurs signaux, les ont pris pour des torpilleurs japonais et ont ouvert le feu sur les pêcheurs britanniques. Le chalutier Crane a été coulé et deux pêcheurs britanniques ont été tués. Dans la confusion générale, les navires russes ont tiré les uns sur les autres : quand le cuirassé Aurore, qui n’était pas impliqué jusque-là, s'approche, il est pris pour un navire de guerre japonais, canonné et légèrement endommagé. L’incident a provoqué un conflit diplomatique entre la Russie et la Grande-Bretagne (alliée du Japon). La marine de guerre britannique poursuivit la flotte russe et la bloqua dans le port de Vigo, en Espagne. La Russie fut obligée de permettre une enquête sur l’incident, afin que ses navires soient libérés, enquête jugée sans suite après l’anéantissement de la flotte russe durant la bataille de Tsoushima (que cet incident éclaire d'une certaine façon). Pour plus d'information sur Tsoushimacliquez ici.  

Holland class subs No.2 and No.5.
Royal Navy Holland Class Submarines.  These submarines were the first submarines to be commissioned by the Royal Navy, all five having entered service by 1903. The Royal Navy in 1900 realised that it would require to have submarines, due to the number of submarines in service and being built for the French and American navies. The Electric Boat company entered negations with the Royal navy to build 8 Holland type submarines. It was agreed that these would be built under license by Vickers  at barrow and work began in 1900 a total of 5 submarines were built. 
Displacement:  On surface 113 tons, submerged 122 tons,  Speed surface 7.5 knots, submerged 6 knots. Range 500 nautical miles at 7 knots on the surface.  Armament: one  18-inch bow torpedo tube and carried three torpedo's. Crew: 8 

Holland class submarine No.1
Holland class submarine No.3

Holland class submarine No.4
© battleships-cruisers

lundi 27 mai 2013

27 mai 1905 La Bataille de Tsoushima



Le cuirassé russe Borodino
Les quatre cuirassés de cette classe constituaient la force principale de la flotte russe à Tsoushima, trois furent coulés et le quatrième se rendit aux Japonais.  

        En août 1904, les Japonais entament le siège de Port Arthur (Mandchourie) que les Russes avaient conquis, le gouvernement russe décide alors d'envoyer la flotte de la Baltique, dont les quatre cuirassés récents de la classe Borodino pour tenter de rompre le siège. La flotte, commandée par l'amiral Rojesvensky et forte de 45 navires au total appareille à l’automne 1904.


L'attaque de Port-Arthur par les Japonais.
S'en suit un long périple de huit mois, en contournant l'Afrique. La flotte russe est en effet obligée de passer par le cap de Bonne Espérance, les Anglais, alliés des Japonais ayant fermés le canal de Suez. La flotte russe doit aussi, avec difficultés, se ravitailler en charbon et ses navires qui ne peuvent caréner nulle part ont les coques salies par les algues et les coquillages, ce qui ralenti l'allure.
En janvier 1905, Port Arthur capitule, la flotte russe décide donc de rallier Vladivostok en passant par le détroit de Tsoushima entre la Corée et le Japon.

L'amiral Heihashiro Togo sur le pont du Mikasa avec son état-major.
La flotte japonaise, sous les ordres de l'amiral Togo, appareille pour intercepter la flotte russe. En début d’après midi le 27 mai 1905, les deux flottes sont en contact visuel, l'amiral Togo vire en contremarche pour barrer la route à la flotte russe, cette manœuvre audacieuse puisqu'il présente un moment le flanc aux russes, est payante. En effet les Japonais sont plus rapides que les Russes dont les coques salies ralentissent la vitesse, ils ouvrent le feu; leur tir est plus précis que celui des Russes, l'artillerie secondaire à tir rapide japonaise fait des ravages dans la flotte russe, par deux fois Togo barre le T aux russes, ce qui a pour effet de désorganiser leur flotte, qui devient ainsi la proie des torpilleurs japonais qui prennent le relais à la nuit tombante et coulent ou achèvent plusieurs cuirassés russes. L'amiral Rojesvensky blessé sur le cuirassé Souvorof est remplacé par l'amiral Nebogatof qui se rend aux Japonais.
Sur la flotte russe de la Baltique, 26 navires ont été coulés, six pris par les japonais, six autres se réfugièrent dans les ports neutres, seuls trois navires parvinrent à rejoindre la flotte du Pacifique à Vladivostok. Les Japonais n'ont perdus que trois torpilleurs, leur victoire à Tsoushima est totale.
Les russes n'ont des lors d'autre choix que de signer le traité de paix de Portsmouth, le 5 septembre 1905.


Plan de la bataille de Tsoushima

                La tactique de l'amiral Togo a été payante, les Japonais ont été plus réactifs, plus compétents, en outre ils étaient prés de leur base. Ils ont eut de bout en bout la maîtrise de la situation, alors que les russes, arrivant au combat avec des équipages fatigués et des navires à la coque sale qui ralentissait leur vitesse ont subi cette situation. Rojesvensky a commis des erreurs, en outre les munitions japonaises étaient de meilleure qualité, les équipages plus expérimentés. (Lire sur ce blog, le rôle à contre-emploi du navire-hôpital russe Orel dans cette bataille)

               La bataille de Tsoushima a mis en évidence aussi l'efficacité plus grande d'une artillerie de gros calibre homogène plutôt que les batteries de différents calibres, la Grande Bretagne qui a étudié de très près le déroulement de la bataille en tira des enseignements, et accéléra la mise sur cale secrète des le mois d'octobre 1905 du cuirassé Dreadnought, qui surclassa immédiatement tous les cuirassés existant de par le monde, et fit date dans la construction navale.

Alain

mercredi 7 septembre 2011

L'arsenal de Bizerte en 1904.



Le cuirassé russe Oslyabya dans le canal de Bizerte en 1904.

Dans ma série rétrospective de nos grands ports de guerre au début du siècle passé, je vous ai présenté jadis Rochefort en 1902, je n'y reviens pas; je vais donc vous présenter un arsenal situé de l'autre coté de la Méditerranée, Bizerte ou plutôt Sidi Abdallah dans le quartier de ferryville sur les bords du lac de Bizerte. La France rendra Bizerte à la Tunisie en 1963, après une crise politique de deux ans avec le gouvernement tunisien.
L'arsenal de Bizerte a été construit par la France à partir de 1890; en 1904 Bizerte est une base importante; un pont transbordeur relie les deux rives du canal reliant la mer au lac de bizerte, mais l'élargissement de ce canal pour accueillir les navires les plus grands, et l'hostilité de la Marine à cet ouvrage jugé dangereux; un coup au but pouvant bloquer l’accès de l'arsenal, font que le pont transbordeur est démonté pour être transporté à Brest.
Sur cette photo prise en 1904, on voit le cuirassé russe Oslyabya dans le canal de Bizerte, suivi par le remorqueur français Cyclope. Les navires russes font assez souvent escale à Bizerte; mais la, il est en route vers son destin, en effet sous le commandement de l'amiral Felkerzam, il s’apprête à quitter la Méditerranée pour rejoindre l'escadre de l'amiral Rodjestvensky en passant par le canal de Suez, et participer après un long périple de 20 000 km à la bataille de Tsoushima le 27 mai 1905; l'amiral Felkerzam mourra d'un cancer à bord, deux jours avant la bataille; la nouvelle fut tenue secrète par l'amiral Rodjestvensky, probablement pour ne pas saper le moral des marins; l'Oslyabya fut gravement endommagé au cours du combat; atteint de nombreuses fois il finit par chavirer; des torpilleurs russes procèdent au sauvetage de marins; l'Oslyabya fut le premier navire de guerre russe à couler au cours de cette mémorable bataille de Tsoushima, et sa perte affecta le moral et l'esprit combatif des forces russes. L'Oslyabya appartenait à une série de trois cuirassés pré-dreadnought construits à Saint-Pétersbourg, de 12674 tonnes, entrés en service en 1901: Peresviet; Oslyabya et Pobieda; Peresviet et Pobieda furent coulés à Port Arthur le 2 novembre 1904 sous le feu des japonais; renfloués par ceux ci et réarmés; le Peresviet prenant le nom de Sagami et le Pobieda, celui de Suwo; le Suwo fut démoli au Japon en 1923.
Le Sagami fut rendu par les japonais aux russes en 1915; et il repris alors son ancien nom de Peresviet; il devait couler sous pavillon russe le janvier 1917, sur un champ de mines que des dragueurs de mines britanniques étaient pourtant en train de draguer, près de Port Saïd, entraînant dans la mort, 6 officiers et 110 marins.




Alain

L'arsenal de Bizerte en 1904.



Le cuirassé russe Oslyabya dans le canal de Bizerte en 1904.

Dans ma série rétrospective de nos grands ports de guerre au début du siècle passé, je vous ai présenté jadis Rochefort en 1902, je n'y reviens pas; je vais donc vous présenter un arsenal situé de l'autre coté de la Méditerranée, Bizerte ou plutôt Sidi Abdallah dans le quartier de ferryville sur les bords du lac de Bizerte. La France rendra Bizerte à la Tunisie en 1963, après une crise politique de deux ans avec le gouvernement tunisien.
L'arsenal de Bizerte a été construit par la France à partir de 1890; en 1904 Bizerte est une base importante; un pont transbordeur relie les deux rives du canal reliant la mer au lac de bizerte, mais l'élargissement de ce canal pour accueillir les navires les plus grands, et l'hostilité de la Marine à cet ouvrage jugé dangereux; un coup au but pouvant bloquer l’accès de l'arsenal, font que le pont transbordeur est démonté pour être transporté à Brest.
Sur cette photo prise en 1904, on voit le cuirassé russe Oslyabya dans le canal de Bizerte, suivi par le remorqueur français Cyclope. Les navires russes font assez souvent escale à Bizerte; mais la, il est en route vers son destin, en effet sous le commandement de l'amiral Felkerzam, il s’apprête à quitter la Méditerranée pour rejoindre l'escadre de l'amiral Rodjestvensky en passant par le canal de Suez, et participer après un long périple de 20 000 km à la bataille de Tsoushima le 27 mai 1905; l'amiral Felkerzam mourra d'un cancer à bord, deux jours avant la bataille; la nouvelle fut tenue secrète par l'amiral Rodjestvensky, probablement pour ne pas saper le moral des marins; l'Oslyabya fut gravement endommagé au cours du combat; atteint de nombreuses fois il finit par chavirer; des torpilleurs russes procèdent au sauvetage de marins; l'Oslyabya fut le premier navire de guerre russe à couler au cours de cette mémorable bataille de Tsoushima, et sa perte affecta le moral et l'esprit combatif des forces russes. L'Oslyabya appartenait à une série de trois cuirassés pré-dreadnought construits à Saint-Pétersbourg, de 12674 tonnes, entrés en service en 1901: Peresviet; Oslyabya et Pobieda; Peresviet et Pobieda furent coulés à Port Arthur le 2 novembre 1904 sous le feu des japonais; renfloués par ceux ci et réarmés; le Peresviet prenant le nom de Sagami et le Pobieda, celui de Suwo; le Suwo fut démoli au Japon en 1923.
Le Sagami fut rendu par les japonais aux russes en 1915; et il repris alors son ancien nom de Peresviet; il devait couler sous pavillon russe le janvier 1917, sur un champ de mines que des dragueurs de mines britanniques étaient pourtant en train de draguer, près de Port Saïd, entraînant dans la mort, 6 officiers et 110 marins.




Alain

vendredi 24 décembre 2010

Comment, à partir de l'étude d'un cuirassé japonais, on parvient à assister à la parade navale pour le Jubilé de Victoria et à rencontrer la Grande Flotte blanche

Croiseur japonais capturant un petit voilier de commerce russe.
Sur cette peinture, il s'agit probablement de Fuji ou de Yashima, cuirassés construits à la fin du 19e siècle en Angleterre. Ci-dessous, Fuji.
Fuji était un des cuirassés pré-dreadnought de la Marine japonaise impériale et un des six (Shikishima, Yashima, Hatsuse, Fuji, Asahi, et Mikasa) formant la principale ligne de bataille dans la guerre russo-japonaise de 1904-1905.
Fuji et son sister-ship Yashima furent les deux premiers cuirassés construits pour le Japon par l'Angleterre aux chantiers Armstrong Whitworth d'Elswick Yard en 1894. Les Japonais étaient encore incapables à l'époque de construire des vaisseaux de guerre en acier selon les techniques modernes. Le travail a été dirigé par une équipe plus de 240 ingénieurs et dirigeants navals venus du Japon.
Spithead, 26 juin 1897, parade navale pour le jubilé de diamant de Victoria.
Au premier plan à droite,
Turbinia, premier vapeur à turbine de Parsons, devant le yacht royal Victoria and Albert. A gauche, HMS Renown mène la parade. 

Spithead, 26 juin 1897, le paquebot Campania de la Cunard traçant son chemin entre deux files de bateaux de guerre.
Une fois terminé, avant de partir pour le Japon en passant par le Canal de Suez, Fuji participa à la revue navale – 21 navires (dont le paquebot Campania, fleuron de la Cunard) et 56 croiseurs –, en l'honneur du soixantième anniversaire du couronnement de la reine Victoria, en juin 1897. Jubilé de diamant auquel participèrent les HMS Renown, HMS Jupiter et HMS Terrible à la tête des plus gros navires britanniques et de bon nombre d'étrangers (outre Fuji, notons aussi les croiseurs russe Rossiya et américain Brooklyn à peine sorti des chantiers) et qui vit l'apparition surprise du Turbinia, premier vapeur à turbine de Parsons. Le prince de Galles, futur Edouard VII, les saluant depuis le yacht royal Victoria and Albert pendant que sa (trop) vieille mère observait au télescope depuis la terrasse du château d'Osborne.
Fuji arrive à Yokosuka le 31 octobre 1897, trop tard pour participer à la Première Guerre sino-japonaise. En manœuvre au large de Kobe en novembre 1898, il a l'honneur d'accueil l'empereur Meiji
Fuji fait ensuite partie du noyau fort de la flotte japonaise pendant la Guerre russo-japonaise de 1904 et 1905. Pendant le blocus de Port-Arthur où s'était réfugiés les bateaux russes, il reçut des coups sévères qui l'obligèrent à retourner au Japon pour des réparations. En octobre 1904, Fuji participe à la bataille de la mer Jaune pendant laquelle une grande partie de la flotte russe qui avait tenté une sortie fut détruite, les bâtiments restant à Port-Arthur étant patiemment démolis à coups de canon. Dans la bataille de Tsushima, en mai 1905, il est touché onze fois mais parvient à porter le coup mortel au cuirassé russe Borodino.
La guerre finie, Fuji sera reconstruit avec de nouvelles chaudières.

Connecticut à la tête de la Grande flotte blanche (Great White fleet)
Fuji fait partie en octobre 1908 de l'escorte pour la Grande flotte blanche américaine sur la partie japonaise de son voyage autour du monde. Elle fera escale une semaine à Yokahama.
En 1910, son armement britannique est remplacé par du matériel japonais. Il devient bâtiment de défense côtière car dépassé par le développement les cuirassés du type Dreadnought. Il est ensuite affecté à la formation des canonniers et des marins jusque et pendant la Première Guerre mondiale pour laquelle il est jugé dépassé.
En 1922, Fuji a été désarmé en vertu du traité naval de Washington, mais il est maintenu comme bateau de logement. Ses propulseurs, tourelles principales, et toutes les armes ont été enlevés. De grands deckhouses en bois ont été ajoutés à la superstructure. Sa carcasse sert alors de caserne et de centre de formation à Yokosuka pendant plus de deux décennies. En 1944, la vieille carcasse a été également employée comme centre d'observation pour tester l'efficacité de divers camouflage sur les porte-avions. Bien qu'ayant souffert des raids américains, il resté à flot. Il ne sera démoli qu'en 1948.
Classe Fuji. Déplacement d'environ 12000 tonnes, vitesse maximale de 18 noeuds.
Armement principal de 4 canons de 305mm en deux tourelles doubles.
Yashima (1898) était le deuxième bateau de la classe Fuji, il eut une carrière très brève. Après le début de la Guerre russo-japonaise, il a été assigné au 1er escadron, 1re division de la 1re flotte d'IJN, sous les ordres du contre-amiral Nashiba Tokioki. Le 14 mai 1904, il prend la mer avec les cuirassés Hatsuse (vaisseau amiral) et Shikishima, le croiseur Kasagi et l'escorteur Tatsuta pour remplacer les forces du blocus de Port-Arthur. Le lendemain, la flotte patrouille au nord-est du port, directement dans le champ de mines déposé par le mouilleur russe Amur. Hatsuse et Yashima touchent deux mines chacun et coulent. Ce fut le plus grand désastre naval japonais pendant cette guerre. Il faut noter que c'est pendant cette guerre que, pour la première fois, on utilisa les mines dans un but offensif.

Comment, à partir de l'étude d'un cuirassé japonais, on parvient à assister à la parade navale pour le Jubilé de Victoria et à rencontrer la Grande Flotte blanche

Croiseur japonais capturant un petit voilier de commerce russe.
Sur cette peinture, il s'agit probablement de Fuji ou de Yashima, cuirassés construits à la fin du 19e siècle en Angleterre. Ci-dessous, Fuji.
Fuji était un des cuirassés pré-dreadnought de la Marine japonaise impériale et un des six (Shikishima, Yashima, Hatsuse, Fuji, Asahi, et Mikasa) formant la principale ligne de bataille dans la guerre russo-japonaise de 1904-1905.
Fuji et son sister-ship Yashima furent les deux premiers cuirassés construits pour le Japon par l'Angleterre aux chantiers Armstrong Whitworth d'Elswick Yard en 1894. Les Japonais étaient encore incapables à l'époque de construire des vaisseaux de guerre en acier selon les techniques modernes. Le travail a été dirigé par une équipe plus de 240 ingénieurs et dirigeants navals venus du Japon.
Spithead, 26 juin 1897, parade navale pour le jubilé de diamant de Victoria.
Au premier plan à droite,
Turbinia, premier vapeur à turbine de Parsons, devant le yacht royal Victoria and Albert. A gauche, HMS Renown mène la parade. 

Spithead, 26 juin 1897, le paquebot Campania de la Cunard traçant son chemin entre deux files de bateaux de guerre.
Une fois terminé, avant de partir pour le Japon en passant par le Canal de Suez, Fuji participa à la revue navale – 21 navires (dont le paquebot Campania, fleuron de la Cunard) et 56 croiseurs –, en l'honneur du soixantième anniversaire du couronnement de la reine Victoria, en juin 1897. Jubilé de diamant auquel participèrent les HMS Renown, HMS Jupiter et HMS Terrible à la tête des plus gros navires britanniques et de bon nombre d'étrangers (outre Fuji, notons aussi les croiseurs russe Rossiya et américain Brooklyn à peine sorti des chantiers) et qui vit l'apparition surprise du Turbinia, premier vapeur à turbine de Parsons. Le prince de Galles, futur Edouard VII, les saluant depuis le yacht royal Victoria and Albert pendant que sa (trop) vieille mère observait au télescope depuis la terrasse du château d'Osborne.
Fuji arrive à Yokosuka le 31 octobre 1897, trop tard pour participer à la Première Guerre sino-japonaise. En manœuvre au large de Kobe en novembre 1898, il a l'honneur d'accueil l'empereur Meiji
Fuji fait ensuite partie du noyau fort de la flotte japonaise pendant la Guerre russo-japonaise de 1904 et 1905. Pendant le blocus de Port-Arthur où s'était réfugiés les bateaux russes, il reçut des coups sévères qui l'obligèrent à retourner au Japon pour des réparations. En octobre 1904, Fuji participe à la bataille de la mer Jaune pendant laquelle une grande partie de la flotte russe qui avait tenté une sortie fut détruite, les bâtiments restant à Port-Arthur étant patiemment démolis à coups de canon. Dans la bataille de Tsushima, en mai 1905, il est touché onze fois mais parvient à porter le coup mortel au cuirassé russe Borodino.
La guerre finie, Fuji sera reconstruit avec de nouvelles chaudières.

Connecticut à la tête de la Grande flotte blanche (Great White fleet)
Fuji fait partie en octobre 1908 de l'escorte pour la Grande flotte blanche américaine sur la partie japonaise de son voyage autour du monde. Elle fera escale une semaine à Yokahama.
En 1910, son armement britannique est remplacé par du matériel japonais. Il devient bâtiment de défense côtière car dépassé par le développement les cuirassés du type Dreadnought. Il est ensuite affecté à la formation des canonniers et des marins jusque et pendant la Première Guerre mondiale pour laquelle il est jugé dépassé.
En 1922, Fuji a été désarmé en vertu du traité naval de Washington, mais il est maintenu comme bateau de logement. Ses propulseurs, tourelles principales, et toutes les armes ont été enlevés. De grands deckhouses en bois ont été ajoutés à la superstructure. Sa carcasse sert alors de caserne et de centre de formation à Yokosuka pendant plus de deux décennies. En 1944, la vieille carcasse a été également employée comme centre d'observation pour tester l'efficacité de divers camouflage sur les porte-avions. Bien qu'ayant souffert des raids américains, il resté à flot. Il ne sera démoli qu'en 1948.
Classe Fuji. Déplacement d'environ 12000 tonnes, vitesse maximale de 18 noeuds.
Armement principal de 4 canons de 305mm en deux tourelles doubles.
Yashima (1898) était le deuxième bateau de la classe Fuji, il eut une carrière très brève. Après le début de la Guerre russo-japonaise, il a été assigné au 1er escadron, 1re division de la 1re flotte d'IJN, sous les ordres du contre-amiral Nashiba Tokioki. Le 14 mai 1904, il prend la mer avec les cuirassés Hatsuse (vaisseau amiral) et Shikishima, le croiseur Kasagi et l'escorteur Tatsuta pour remplacer les forces du blocus de Port-Arthur. Le lendemain, la flotte patrouille au nord-est du port, directement dans le champ de mines déposé par le mouilleur russe Amur. Hatsuse et Yashima touchent deux mines chacun et coulent. Ce fut le plus grand désastre naval japonais pendant cette guerre. Il faut noter que c'est pendant cette guerre que, pour la première fois, on utilisa les mines dans un but offensif.

jeudi 6 août 2009

Le cuirassé russe Orel est transformé en navire-hôpital en 1904 à Toulon

Le cuirassé russe Orel à Toulon où il a été transformé en navire-hôpital en 1904 avant de partir avec la flotte de la Baltique rejoindre la flotte du Pacifique pour la guerre russo-japonaise (voir en fin d'article).

La salle et la table d'opération.
L'une des salles-dortoirs du navire-hôpital.

La gouttière Auffret (sic) qui permet aux blessés de prendre l'air sur le pont. 
Photos Bougault pour La vie illustrée
Merci à Marc Hoffmann (Artop) qui nous a gentiment envoyé ce document.


L'étrange histoire d'Orel dans la bataille de Tsushima en 1905
La bataille navale de la Mer du Japon (bataille du détroit de Tsushima) entre les marines russe et japonaise a eu lieu les 27 et 28 mai 1905. L’amiral Togo Heihachiro avait deux fois plus de croiseurs légers et huit fois plus de torpilleurs que le vice-amiral Rozhestvenskii.
Dans la nuit du 26, la quarantaine de navires russes s’avance dans le détroit de Tsushima. Le navire-hôpital Orel était éclairé conformément aux lois internationales (et au code de la Croix-Rouge), ce qui permit à un navire japonais de repérer l’escadre russe un peu avant le lever du soleil, vers 4 h 45.
Ce n’est pourtant qu’à 14 h que le cuirassé russe Souvaroff ouvre le feu. Les japonais répliquent avec un feu plus précis et plus intense. En moins d’une heure le cuirassé russe Oslabia était coulé. A la nuit, les Russes avaient perdu la moitié de leurs cuirassés. A la faveur de l’obscurité, les torpilleurs japonais font une hécatombe. Au petit matin, les Russes n’avaient plus que cinq navires en état de combattre, encerclé par les 27 navires japonais. Nebogatoff (qui avait remplacé Rozhestvenskii, blessé sur le Souvaroff) décida de se rendre. 26 navires russes avaient été coulés, six pris par les Japonais (dont le navire-hôpital Orel*), six autres se réfugièrent dans des ports neutres et trois parvinrent à rejoindre la flotte du Pacifique à Vladivostok.
Au cours de la bataille de Tsushima, Orel fut atteint par 5 obus de 300mm, 2 de 250mm, 9 de 200mm, 28 de 150mm. Au terme de la bataille, l'Orel fort endommagé rejoignit le groupe naval du contre-amiral Nikolaï Ivanovitch Nebogatov, les équipages appartenant aux bâtiments de guerre de ce groupe (les cuirassés Orel, Empereur Nicolas Ier, Amiral général Apraxine, Amiral Senyavine et le croiseur Izumud) furent retenus en captivité.

*Le navire-hôpital russe Orel fut condamné par une Cour des prises japonaise pour avoir transporté des prisonniers de guerre valides et du matériel militaire.