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jeudi 11 septembre 2025

Le navire océanographique Président Théodore-Tissier (1938-1947)

Premier navire océanographique français, Président Théodore-Tissier (de l'Institut scientifique et technique des pêches maritimes) et sa tourelle de plongée individuelle allant jusqu'à 800 mètres de profondeur. (Clichés Anita Conti)
Lancé en 1933 comme bâtiment océanographique pour la Marine marchande (chantiers Worms au Trait) le Président Théodore-Tissier est transféré à la Marine Nationale en 1938. De 1940 à 1947, il sera utilisé comme annexe de l'école navale. Durant cette période, il participa notamment à la tentative d'évacuation des forces alliées encerclées du 11 au 13 juin 1940 à Saint Valéry en Caux. Le 3 juillet, il est saisi par la Royal Navy et est réarmé en FNFL (Forces navales de la France libre).
Le 21 juin 1947, il est cédé au Service des pêches maritimes.
Dimensions : 50 x 8,75 x 4,80 m Tonnage : 965 tW Moteur Diesel Une hélice Puissance : 800 CV Vitesse : 11 noeuds
(source Amhydro)

samedi 16 novembre 2013

Le combat fratricide du 9 novembre 1940

La journée du 9 novembre 1940 restera comme la plus sinistre de toute l'histoire maritime française.

Ce jour là, deux avisos coloniaux français, absolument semblables, l'un le Savorgnan de Brazza armé par les F.N.F.L. l'autre le Bougainville appartenant à la Marine restée fidèle au gouvernement de Vichy, deux bâtiments qui portaient le même pavillon, se canonnèrent devant Libreville au Gabon jusqu'à ce que l'un d'eux fût détruit.

                                          L'aviso colonial Bougainville resté fidèle à Vichy


               L'aviso colonial Savorgnan de Brazza semblable, mais armé par les F.N.F.L.

Le Bougainville croisait en rivière lorsque le Savorgnan de Brazza se présenta..
Ce n'est pas le navire des F.N.F.L. qui tira le premier.
Peut-être le drame aurait-il été évité, si n'étaient apparus des avions qui attaquèrent dans un grain... Alors le Bougainville tira... Moins bien que son adversaire, car il lui manquait un bon tiers de son personnel, laissé à terre pour défendre le Gabon.
En effet les forces du général de Gaulle avaient monté un opération pour s'emparer de ce territoire. Cette force étant commandée par le colonel Leclerc pour la partie terrestre, le capitaine de frégate Thierry d'Argenlieu commandant les forces navales.
Au bout de vingt minutes de feu, le Savorgnan de Brazza, tirant trois fois plus vite que le Bougainville, l'avait mis en flammes.

A terre, les combats furent brefs. Les FFL avaient une supériorité indiscutable. Elles firent leur entrée à Libreville le 10 au matin, et la conquête du Gabon se termina quatre jours plus tard par la reddition de Port-Gentil.
Alain

Le combat fratricide de Libreville du 9 novembre 1940

La journée du 9 novembre 1940 restera comme la plus sinistre de toute l'histoire maritime française.

Ce jour là, deux avisos coloniaux français, absolument semblables, l'un, le Savorgnan de Brazza armé par les F.N.F.L. l'autre le Bougainville appartenant à la Marine restée fidèle au gouvernement de Vichy, deux bâtiments qui portaient le même pavillon, se canonnèrent devant Libreville au Gabon jusqu'à ce que l'un d'eux fût détruit.

                                          L'aviso colonial Bougainville resté fidèle à Vichy


               L'aviso colonial Savorgnan de Brazza semblable, mais armé par les F.N.F.L.

Le Bougainville croisait en rivière lorsque le Savorgnan de Brazza se présenta..
Ce n'est pas le navire des F.N.F.L. qui tira le premier.
Peut-être le drame aurait-il été évité, si n'étaient apparus des avions qui attaquèrent dans un grain... Alors le Bougainville tira... Moins bien que son adversaire, car il lui manquait un bon tiers de son personnel, laissé à terre pour défendre le Gabon.
En effet les forces du général de Gaulle avaient monté un opération pour s'emparer de ce territoire. Cette force étant commandée par le colonel Leclerc pour la partie terrestre, le capitaine de frégate Thierry d'Argenlieu commandant les forces navales.
Au bout de vingt minutes de feu, le Savorgnan de Brazza, tirant trois fois plus vite que le Bougainville, l'avait mis en flammes.
A terre, les combats furent brefs. Les FFL avaient une supériorité indiscutable. Elles firent leur entrée à Libreville le 10 au matin, et la conquête du Gabon se termina quatre jours plus tard par la reddition de Port-Gentil.
Alain

vendredi 14 décembre 2012

Le Rubis, champion des sous-marins des F.N.F.L.

Le sous-marin mouilleur de mines Rubis en cale sèche en Grande Bretagne. Remarquez sur le ballast tribord les puits de mines ouverts.
Le Rubis appartenant à la tranche navale 1927 est mis sur cale en 1929 à Toulon, lancé le 30 septembre 1931, il est entré en service en 1932. Il appartenait à la classe Saphir composée de sept sous-marins mouilleurs de mines : Saphir, Turquoise, Nautilus, Rubis, Diamant, Perle et Emeraude.
Ses caractéristiques sont:
déplacement: 669 t / 925 t
dimensions: longueur: 66 m; largeur: 7,20 m; tirant d'eau: 4,90 m
puissance: 1 300 cv/1 000 cv; 2 Diesel Vickers-Normand et 2 moteurs électriques; 2 hélices
vitesse: 12n / 9 n
armement: 1 canon de 75 mm; 5 tubes lance-torpilles de 550 mm; 32 mines
mouillage de mines système Normand-Fenaux
équipage: 3 officiers, 37 hommes
Historique:
A la déclaration de guerre le Rubisest à Bizerte en refonte. Il est alors sous le commandement du lieutenant de vaisseau Georges Cabanier, l'enseigne de vaisseau Henri Rousselot en est le second et succédera à Georges Cabanier au commandement du Rubis en mai 1941.
En janvier 1940, le sous-marin Rubis est affecté à Brest. En avril 1940, il rejoint l'Angleterre ou il restera jusqu'en1945.
Le Rubis effectue avant l'armistice de juin 1940 quatre opérations de mouillage de mines sur les côtes norvégiennes au départ de Dundee. Il rallie les F.N.F.L. dès le 3 juillet 1940. Le 5 septembre 1940, il reprend ses opérations et accomplit vingt-quatre missions de guerre jusqu'en décembre 1944. A l'issue de sa dernière mission il est remis en état et quitte l’Angleterre en juin 1945 pour rejoindre Oran.
Au cours de la guerre, en vingt-huit missions, il a détruit un tonnage ennemi supérieur à celui coulé par tous les autres sous-marins français. Il a mouillé 683 mines, coulant 22 navires. 70% de l'équipage a fait toute la guerre à bord du Rubis, fait unique dans la Marine nationale. Placé en réserve le 1er juillet 1948, il sert alors pour l'instruction des sous-mariniers. Il est condamné le 4 octobre 1949 mais échappe aux chalumeaux des démolisseurs. En effet, il est coulé le 31 janvier 1958 au large du cap Camarat et repose par 41 mètres de fond sur sa quille. Il sert depuis de base ASDIC pour l’entraînement de la Marine et le plaisir des plongeurs.
Alain

Le Rubis, champion des sous-marins des F.N.F.L.

Le sous-marin mouilleur de mines Rubis en cale sèche en Grande Bretagne. Remarquez sur le ballast tribord les puits de mines ouverts.
Le Rubis appartenant à la tranche navale 1927 est mis sur cale en 1929 à Toulon, lancé le 30 septembre 1931, il est entré en service en 1932. Il appartenait à la classe Saphir composée de sept sous-marins mouilleurs de mines : Saphir, Turquoise, Nautilus, Rubis, Diamant, Perle et Emeraude.
Ses caractéristiques sont:
déplacement: 669 t / 925 t
dimensions: longueur: 66 m; largeur: 7,20 m; tirant d'eau: 4,90 m
puissance: 1 300 cv/1 000 cv; 2 Diesel Vickers-Normand et 2 moteurs électriques; 2 hélices
vitesse: 12n / 9 n
armement: 1 canon de 75 mm; 5 tubes lance-torpilles de 550 mm; 32 mines
mouillage de mines système Normand-Fenaux
équipage: 3 officiers, 37 hommes
Historique:
A la déclaration de guerre le Rubisest à Bizerte en refonte. Il est alors sous le commandement du lieutenant de vaisseau Georges Cabanier, l'enseigne de vaisseau Henri Rousselot en est le second et succédera à Georges Cabanier au commandement du Rubis en mai 1941.
En janvier 1940, le sous-marin Rubis est affecté à Brest. En avril 1940, il rejoint l'Angleterre ou il restera jusqu'en1945.
Le Rubis effectue avant l'armistice de juin 1940 quatre opérations de mouillage de mines sur les côtes norvégiennes au départ de Dundee. Il rallie les F.N.F.L. dès le 3 juillet 1940. Le 5 septembre 1940, il reprend ses opérations et accomplit vingt-quatre missions de guerre jusqu'en décembre 1944. A l'issue de sa dernière mission il est remis en état et quitte l’Angleterre en juin 1945 pour rejoindre Oran.
Au cours de la guerre, en vingt-huit missions, il a détruit un tonnage ennemi supérieur à celui coulé par tous les autres sous-marins français. Il a mouillé 683 mines, coulant 22 navires. 70% de l'équipage a fait toute la guerre à bord du Rubis, fait unique dans la Marine nationale. Placé en réserve le 1er juillet 1948, il sert alors pour l'instruction des sous-mariniers. Il est condamné le 4 octobre 1949 mais échappe aux chalumeaux des démolisseurs. En effet, il est coulé le 31 janvier 1958 au large du cap Camarat et repose par 41 mètres de fond sur sa quille. Il sert depuis de base ASDIC pour l’entraînement de la Marine et le plaisir des plongeurs.
Alain

jeudi 16 février 2012

Le bananier Cap-des-Palmes de la compagnie Fraissinet




Navire transporteur de bananes Cap-des-Palmes
de la Compagnie de navigation Fraissinet. (coll agence Adhémar)
Nous avons déjà abordé le sujet des cargos bananiers sur ce blog. Voici l'un de ceux qui ont fait la fortune  de la compagnie Fraissinet (voir notre blog).
Cap-des-Palmes, bananier de la compagnie Fraissinet, a été saisi par les anglais à Libreville où il avait été envoyé en mission par le régime de Vichy. Il est réarmé par les FNFL (c'est leur seul croiseur auxiliaire) et envoyé dans le Pacifique Sud pour escorter des convois. il est basé en Nouvelle-Calédonie. Caréné pour servir de bateau-piège du 6 avril 1944 au 20 juillet 1944 aux USA, il retourne ensuite dans le Pacifique aux côtés du Savorgnan-de-Brazza. Il rentre à Toulon en 1945.
Construit au chantier Helsingörs Jernskibs-og Maskinbyggeri A/S à Helsingör (Danemark), Cap-des-Palmes est lancé en 1935. Il est vendu au Maroc en janvier 1957 et rebaptisé Banora.

Le bananier Cap-des-Palmes de la compagnie Fraissinet




Navire transporteur de bananes Cap-des-Palmes
de la Compagnie de navigation Fraissinet. (coll agence Adhémar)
Nous avons déjà abordé le sujet des cargos bananiers sur ce blog. Voici l'un de ceux qui ont fait la fortune  de la compagnie Fraissinet (voir notre blog).
Cap-des-Palmes, bananier de la compagnie Fraissinet, a été saisi par les anglais à Libreville où il avait été envoyé en mission par le régime de Vichy. Il est réarmé par les FNFL (c'est leur seul croiseur auxiliaire) et envoyé dans le Pacifique Sud pour escorter des convois. il est basé en Nouvelle-Calédonie. Caréné pour servir de bateau-piège du 6 avril 1944 au 20 juillet 1944 aux USA, il retourne ensuite dans le Pacifique aux côtés du Savorgnan-de-Brazza. Il rentre à Toulon en 1945.
Construit au chantier Helsingörs Jernskibs-og Maskinbyggeri A/S à Helsingör (Danemark), Cap-des-Palmes est lancé en 1935. Il est vendu au Maroc en janvier 1957 et rebaptisé Banora.

mardi 7 juin 2011

Débarquement en Normandie,participation de la frégate des FNFL, La Surprise.



La frégate La Surprise ex-Torridge du type River britannique de 1 450 tonnes, dont six exemplaires nous seront transférées; L'Aventure, La Surprise, L'Escarmouche, La Découverte en 1944; Croix de Lorraine et Tonkinois en 1945. 
La Surprise qui est transférée le 9 mars 1944 à la marine française participe sous les ordres du capitaine de corvette Jean Levasseur au débarquement en Normandie; sa mission le jour J consiste à appuyer les troupes débarquant à Gold Beach, elle sera légèrement endommagée par une mine acoustique le 20 juin 1944, elle est réparée à Portsmouth. Elle combat ensuite les poches allemandes de l'Atlantique jusqu'en mai 1945 ; Elle rallie Brest le 8 juin 1945. La Surprise est mise en réserve en 1957, elle sera vendue au Maroc en 1964 et deviendra yacht royal sous le nom de El Maouna, elle sera désarmée en 1975.
Alain


Débarquement en Normandie,participation de la frégate des FNFL, La Surprise.



La frégate La Surprise ex Torridge du type River britannique de 1 450 tonnes, dont six exemplaires nous seront transférées; L'Aventure, La Surprise, L'Escarmouche, La Découverte en 1944; Croix de Lorraine et Tonkinois en 1945. La Surprise qui est transférée le 9 mars 1944 à la marine française participe sous les ordres du capitaine de corvette Jean Levasseur au débarquement en Normandie; sa mission le jour J consiste à appuyer les troupes débarquant à Gold Beach, elle sera légèrement endommagée par une mine acoustique le 20 juin 1944, elle est réparée à Portsmouth. Elle combat ensuite les poches allemandes de l'Atlantique jusqu'en mai 1945 ; Elle rallie Brest le 8 juin 1945; La Surprise est mise en réserve en 1957; elle sera vendue au Maroc en 1964 et deviendra yacht royal sous le nom de El Maouna, elle sera désarmée en 1975.


Alain


jeudi 2 juin 2011

Le navire-école Notre Dame d'Etel


Notre Dame d'Etel (ex-Aesios), 1935-1955 : Goélette mixte réquisitionnée à Alexandrie par la division navale du Levant et réarmée FNFL en avril 1942, pour servir de bateau piège. Non-sens auquel s'opposera le commandement anglais : le voilier filait 4 nœuds, quand il pouvait et son gréement complètement différent des voiliers locaux qui descendaient et montaient les Échelles du Levant. Basée à Beyrouth sous le commandement du capitaine de Corvette polonais Kosianowski. Après la guerre, elle servit de navire-école à l'école de manœuvre du Poulmic et à Brest.

Le navire-école Notre Dame d'Etel


Notre Dame d'Etel (ex-Aesios), 1935-1955 : Goélette mixte réquisitionnée à Alexandrie par la division navale du Levant et réarmée FNFL en avril 1942, pour servir de bateau piège. Non-sens auquel s'opposera le commandement anglais : le voilier filait 4 nœuds, quand il pouvait et son gréement complètement différent des voiliers locaux qui descendaient et montaient les Échelles du Levant. Basée à Beyrouth sous le commandement du capitaine de Corvette polonais Kosianowski. Après la guerre, elle servit de navire-école à l'école de manœuvre du Poulmic et à Brest.

samedi 17 juillet 2010

17 juillet 1926 Mise sur cale du Surcouf, le plus grand sous-marin du monde


Le croiseur sous-marin Surcouf en 1934



Le hangar et l'hydravion du Surcouf  (photos collection Alain V)


Le 17 juillet 1926 le Conseil supérieur de la Marine approuve le projet de croiseur sous-marin dessiné par l'ingénieur du génie maritime Roquebert.

Caractéristiques du croiseur sous-marin Surcouf 
Déplacement 2880t en surface, 4304t en plongée - longueur 110m, largeur 9m, tirant d'eau 7,19m - 
puissance 7600 cv en surface (2 Diesel Sulzer de 3800 cv), 3400 cv en plongée (2 moteurs électriques de 1700 cv), vitesse 18 nœuds en surface, 10 nœuds en plongée - rayon d'action de 12 000 milles à 10 nœuds - équipage: 150 hommes
Surcouf était armé de deux canons de 203mm, tirant 150 coups par pièce. Ces canons étaient les mêmes que ceux des croiseurs lourds de 10 000 tonnes, l'angle de pointage maximum de 30° permettait une portée maximale de 27 500 mètres, et un champ de tir de 130°, de part et d'autre de l'axe.
A la différence des pièces d'artillerie installées antérieurement sur les sous-marins qui baignaient dans l'eau en plongée, c'est une tourelle à fut pivot étanche reposant sur un pot de presse qui équipait Surcouf. Avant de plonger la pression était coupée, la tourelle descendait de 20 mm de façon à reposer sur son joint d'étanchéité. Celle-ci était assurée par le poids de la tourelle (185 tonnes). De plus le fut passait par un presse étoupe, qui assurait l'étanchéité en plongée. Celle aux embrasures et à la bouche des pièces était assurée par des joints et des tapes.
Le personnel de la tourelle (10 hommes) entrait par une porte étanche, située dans le fut.
La tourelle était équipée d'un télémètres de 4 mètres, d'une portée de 12 000 mètres.
En plongée, la tourelle était immobilisée au gisement zéro, le télépointage au gisement 90°.
Elle pouvait tirer 150 seconde après la venue en surface.
L'armement était complété par 10 tubes lance-torpilles de 550 mm et 14 torpilles de réserve, 2 canons de 37mm (réserve 1000 coups) et 4 mitrailleuses.
Surcouf avait une endurance de 90 jours. Il disposait d'un hydravion de reconnaissance embarqué et d'une vedette rapide pour l'arraisonnement et d'un local pour loger des prisonniers éventuels.
Pour loger l'hydravion, Surcouf possédait d'un hangar résistant, situé sur l'arrière du massif. La mise à l'eau s'effectuait par une grue située à l'intérieur, roulant sur des rails. Les ailes étaient rangées parallèlement au fuselage. L'hydravion de type Besson HB IV pesait 170 kg. Il devait pouvoir voler six heures à 150 km/h, la durée de mise à l'eau était de 30 minutes. La grue servait aussi à mettre à l'eau la vedette d'interception, logée dans les superstructures.

Histoire du Surcouf 
Construit par l'arsenal de Cherbourg, Surcouf fut mis sur cale en 1927. Lancé le 18 novembre 1929, il entra en armement pour essais en 1930. La mise au point fut laborieuse. Il plongea à 80 mètres pour la première fois, le 6 septembre 1932 et entra en service en 1934 après une traversée de longue durée de Konakry à Cherbourg à la vitesse de 14 noeuds.
En 1937, il entre en refonte à Brest pour améliorer la stabilité, le kiosque fut surélevé de 0,85 mètre.
De mai à juillet 1938, Surcouf effectue une croisière aux Antilles et sur les côtes d'Afrique. En 1939, il est à Dakar. Le 18 octobre il rentre à Brest pour un grand carénage. En réparation à BrestSurcouf appareille en urgence, sur un moteur, lors de l'invasion allemande et rallie Plymouth, ou il arrive le 20 juin. Le 3 juillet, les Anglais s'en saisissent lors de l'opération Catapult, après une lutte qui coûta la vie à un sergent anglais et à un français.
L'amiral Muselier demande l'armement du Surcouf par les FNFL bien que seul le tiers de l'équipage soit encore à bord, d'où quelques difficultés pour compléter le personnel.
Le 14 mai 1941, il est affecté à un secteur de patrouille au nord des Açores, sous le commandement du CV Ortoli. Le 20 septembre 1941, le CF Blaison prend le commandement du Surcouf. Le sous-marin entre en carénage à Portsmouth (USA).
Le 30 novembre, il rallie les Bermudes, il est à Halifax le 10 décembre 1941 où il rejoint les corvettes  Mimosa, Alysse et Aconit et participe avec elles à l'occupation des îles Saint Pierre et Miquelon, opération effectuée sous les ordres de l'amiral Muselier. Le Surcouf est en mauvais état et est réparé tant bien que mal à Halifax puis rallie les Bermudes le 6 février 1942. Le 12 février, il appareille pour Tahiti, via le canal de Panama, il a toujours de sérieux problèmes de moteurs électriques.
Il n'arriva jamais dans la baie de Colon, qu'il aurait du atteindre le 18 février.
Le même jour le cargo américain Thompson-Lykes abordait un navire inconnu, qui coula aussitôt. Le Thompson-Lyke resta neuf heures sur les lieux, sans recueillir aucun survivant, ni morceau d'épave. Les dégâts du cargo étaient faibles et sous la ligne de flottaison. La commission d'enquête conclut que "quoique les témoins soient convaincus qu'ils ont éperonné un sous-marin, il n'y a rien d'évident pour soutenir cette conclusion".
L'amiral britannique des Bermudes signala toutefois qu'il apparaissait malheureusement que le sous-marin coulé était le Surcouf. L'amiral Auboyneau essaya d'associer les FNFL à l'enquête américaine sans résultat. Le rapport d'enquête des autorités américaines présente de nombreuses invraisemblances. D'autre part, il est fait état dans un message de US Army Air Force basée aux Caraïbes de l'attaque de bombardiers lourds américains contre un très grand sous-marin. Un message précisant ce fait, fut adressé à la base de Panama par les militaires, aucune suite n'a été donnée à ce message. Les corps de marins furent repêchés, en février 1942 et enterrés dans le cimetière d'un village de la côte.
Quoiqu'il en soit, il semble bien que le Surcouf ait été coulé soit par accident, soit par méprise, il n'y a eu aucun survivant. Les rapports d'enquêtes des autorités américaines n'ont pas été convaincants, et n'ont pas levé le doute quant aux causes exactes du naufrage.
Alain

17 juillet 1926 Mise sur cale du Surcouf, le plus grand sous-marin du monde


Le croiseur sous-marin Surcouf en 1934



Le hangar et l'hydravion du Surcouf  (photos collection Alain V)


Le 17 juillet 1926 le Conseil supérieur de la Marine approuve le projet de croiseur sous-marin dessiné par l'ingénieur du génie maritime Roquebert.

Caractéristiques du croiseur sous-marin Surcouf 
Déplacement 2880t en surface, 4304t en plongée - longueur 110m, largeur 9m, tirant d'eau 7,19m - 
puissance 7600 cv en surface (2 Diesel Sulzer de 3800 cv), 3400 cv en plongée (2 moteurs électriques de 1700 cv), vitesse 18 nœuds en surface, 10 nœuds en plongée - rayon d'action de 12 000 milles à 10 nœuds - équipage: 150 hommes
Surcouf était armé de deux canons de 203mm, tirant 150 coups par pièce. Ces canons étaient les mêmes que ceux des croiseurs lourds de 10 000 tonnes, l'angle de pointage maximum de 30° permettait une portée maximale de 27 500 mètres, et un champ de tir de 130°, de part et d'autre de l'axe.
A la différence des pièces d'artillerie installées antérieurement sur les sous-marins qui baignaient dans l'eau en plongée, c'est une tourelle à fut pivot étanche reposant sur un pot de presse qui équipait Surcouf. Avant de plonger la pression était coupée, la tourelle descendait de 20 mm de façon à reposer sur son joint d'étanchéité. Celle-ci était assurée par le poids de la tourelle (185 tonnes). De plus le fut passait par un presse étoupe, qui assurait l'étanchéité en plongée. Celle aux embrasures et à la bouche des pièces était assurée par des joints et des tapes.
Le personnel de la tourelle (10 hommes) entrait par une porte étanche, située dans le fut.
La tourelle était équipée d'un télémètres de 4 mètres, d'une portée de 12 000 mètres.
En plongée, la tourelle était immobilisée au gisement zéro, le télépointage au gisement 90°.
Elle pouvait tirer 150 seconde après la venue en surface.
L'armement était complété par 10 tubes lance-torpilles de 550 mm et 14 torpilles de réserve, 2 canons de 37mm (réserve 1000 coups) et 4 mitrailleuses.
Surcouf avait une endurance de 90 jours. Il disposait d'un hydravion de reconnaissance embarqué et d'une vedette rapide pour l'arraisonnement et d'un local pour loger des prisonniers éventuels.
Pour loger l'hydravion, Surcouf possédait d'un hangar résistant, situé sur l'arrière du massif. La mise à l'eau s'effectuait par une grue située à l'intérieur, roulant sur des rails. Les ailes étaient rangées parallèlement au fuselage. L'hydravion de type Besson HB IV pesait 170 kg. Il devait pouvoir voler six heures à 150 km/h, la durée de mise à l'eau était de 30 minutes. La grue servait aussi à mettre à l'eau la vedette d'interception, logée dans les superstructures.

Histoire du Surcouf 
Construit par l'arsenal de Cherbourg, Surcouf fut mis sur cale en 1927. Lancé le 18 novembre 1929, il entra en armement pour essais en 1930. La mise au point fut laborieuse. Il plongea à 80 mètres pour la première fois, le 6 septembre 1932 et entra en service en 1934 après une traversée de longue durée de Konakry à Cherbourg à la vitesse de 14 noeuds.
En 1937, il entre en refonte à Brest pour améliorer la stabilité, le kiosque fut surélevé de 0,85 mètre.
De mai à juillet 1938, Surcouf effectue une croisière aux Antilles et sur les côtes d'Afrique. En 1939, il est à Dakar. Le 18 octobre il rentre à Brest pour un grand carénage. En réparation à BrestSurcouf appareille en urgence, sur un moteur, lors de l'invasion allemande et rallie Plymouth, ou il arrive le 20 juin. Le 3 juillet, les Anglais s'en saisissent lors de l'opération Catapult, après une lutte qui coûta la vie à un sergent anglais et à un français.
L'amiral Muselier demande l'armement du Surcouf par les FNFL bien que seul le tiers de l'équipage soit encore à bord, d'où quelques difficultés pour compléter le personnel.
Le 14 mai 1941, il est affecté à un secteur de patrouille au nord des Açores, sous le commandement du CV Ortoli. Le 20 septembre 1941, le CF Blaison prend le commandement du Surcouf. Le sous-marin entre en carénage à Portsmouth (USA).
Le 30 novembre, il rallie les Bermudes, il est à Halifax le 10 décembre 1941 où il rejoint les corvettes  Mimosa, Alysse et Aconit et participe avec elles à l'occupation des îles Saint Pierre et Miquelon, opération effectuée sous les ordres de l'amiral Muselier. Le Surcouf est en mauvais état et est réparé tant bien que mal à Halifax puis rallie les Bermudes le 6 février 1942. Le 12 février, il appareille pour Tahiti, via le canal de Panama, il a toujours de sérieux problèmes de moteurs électriques.
Il n'arriva jamais dans la baie de Colon, qu'il aurait du atteindre le 18 février.
Le même jour le cargo américain Thompson-Lykes abordait un navire inconnu, qui coula aussitôt. Le Thompson-Lyke resta neuf heures sur les lieux, sans recueillir aucun survivant, ni morceau d'épave. Les dégâts du cargo étaient faibles et sous la ligne de flottaison. La commission d'enquête conclut que "quoique les témoins soient convaincus qu'ils ont éperonné un sous-marin, il n'y a rien d'évident pour soutenir cette conclusion".
L'amiral britannique des Bermudes signala toutefois qu'il apparaissait malheureusement que le sous-marin coulé était le Surcouf. L'amiral Auboyneau essaya d'associer les FNFL à l'enquête américaine sans résultat. Le rapport d'enquête des autorités américaines présente de nombreuses invraisemblances. D'autre part, il est fait état dans un message de US Army Air Force basée aux Caraïbes de l'attaque de bombardiers lourds américains contre un très grand sous-marin. Un message précisant ce fait, fut adressé à la base de Panama par les militaires, aucune suite n'a été donnée à ce message. Les corps de marins furent repêchés, en février 1942 et enterrés dans le cimetière d'un village de la côte.
Quoiqu'il en soit, il semble bien que le Surcouf ait été coulé soit par accident, soit par méprise, il n'y a eu aucun survivant. Les rapports d'enquêtes des autorités américaines n'ont pas été convaincants, et n'ont pas levé le doute quant aux causes exactes du naufrage.
Alain

jeudi 8 juillet 2010

Gabares et navires-écoles à Brest

Brest: le château et l'arsenal (coll agence Adhémar)

Au premier plan, le voilier doit être l'un des navires écoles de la Royale, Belle Poule ou Etoile. Ces deux sister-ships sont des goélettes à hunier (ou goélettes paimpolaises) construites en 1932 à Fécamp. Ce sont les dernières rescapées des Forces navales françaises libres. (plus d'infos sur ces navires écoles, sur ce blog)
A quai deux gabares dont La Cigale (A760) et une autre de type américain AN dont la Marine nationale possédait six exemplaires, tous lancés en 1941.

Dico: Embarcation à voiles et à rames qui sert à charger et à décharger les bâtiments, etc. Dans la marine de guerre, bâtiment de charge et de transport.

Gabares à Brest

Brest: le château et l'arsenal (coll agence Adhémar)

Au premier plan, le voilier doit être l'un des navires écoles de la Royale, Belle Poule ou Etoile. Ces deux sister-ships sont des goélettes à hunier (ou goélettes paimpolaises) construites en 1932 à Fécamp. Ce sont les dernières rescapées des Forces navales françaises libres.
A quai deux gabares dont La Cigale (A760) et une autre de type américain AN dont la Marine nationale possédait six exemplaires, tous lancés en 1941.

Dico: Embarcation à voiles et à rames qui sert à charger et à décharger les bâtiments, etc. Dans la marine de guerre, bâtiment de charge et de transport.

lundi 5 juillet 2010

La constitution des Forces navales françaises libres (FNFL)

Corvette Aconit des FNFL (collection Alain V)

LES FORCES NAVALES FRANCAISES LIBRES

Nous avons vu avec l'opération Catapult que la majorité des marins français avaient par suite des attaques subies de la part des Anglais, un fort ressentiment à leur encontre.
Toutefois un petit nombre décida, malgré cela, de poursuivre le combat.
Un amiral fédéra autour de sa personne, ceux qui refusaient l'armistice. L'amiral Émile Muselier était une figure particulière. En désaccord avec l'amiral Darlan, il avait été mis à la retraite le 21 octobre 1939 à la suite de dénonciations calomnieuses. Il se résolu à quitter la France pour Gibraltar où il créa avec l'aide d'un certain Péri un petit noyau de navires composé d'un patrouilleur et de trois cargos dont les équipages étaient prêt à le suivre. Il décida que ses navires porteraient comme pavillon distinctif, la croix de Lorraine par opposition à la croix gammée. Il se rend à Londres le 30 juin 1940, y est reçu par le First Sea Lord britannique et le général de Gaulle qui lui offrit le commandement de la Marine à constituer avec ses partisans, et qui prendra le nom de Forces navales françaises libres (par abréviation FNFL).
Les effectifs des FNFL sont très faibles, 400 hommes en juillet 1940. Le recrutement dans les camps ou les marins venaient d'être internés, suite à l'opération Catapult, fit monter ces effectifs à 3100 hommes au mois de novembre et à 5314 hommes au 1er janvier 1943. La fusion avec les forces maritimes venant d'Afrique et des colonies et les FNFL qui fut réalisée le 2 août 1943 mis fin officiellement à leur existence.
Le faible effectif des FNFL ne leur permit pas de réarmer tous les navires saisis par les Anglais.
Les FNFL ont armés les navires suivants: contre-torpilleurs Le Triomphant et Léopard, torpilleur Melpomène, les sous-marins et avisos récents et les patrouilleurs ayant une valeur militaire.
Le sous marin Narval, commandant Drogou se rallia au FNFL. Il disparu le 16 décembre 1940 lors de sa troisième patrouille, on ne sut qu'en 1957 en retrouvant l'épave, qu'il avait touché une mine au large de la Tunisie.
Le sous-marin mouilleur de mines Rubis, sous les ordres des commandants Cabanier, puis Rousselot eut une carrière exceptionnelle avec 22 missions de guerre le long des côtes ennemies, ayant à son actif la perte de 15 navires ennemis.
L'amiral Muselier crée le 14 juillet 1940 un bataillon de fusiliers marins de 200 à 300 hommes.
Thierry d'Argenlieu, capitaine de corvette de réserve en juin 1940 rejoignit les FNFL. Affecté à Nouméa, il fut nommé contre-amiral à titre fictif le 8 décembre 1941 alors qu'il exerçait les fonctions de haut commissaire de la France libre au Pacifique.
Le contre-torpilleur Triomphant appareille pour le Pacifique en août 1941.
Le contre-torpilleur Léopard appareille de Greenock le 30 juin 1942. Le 30 novembre 1942, il obtient le ralliement de la Réunion à la France libre. De retour en méditerranée il se perdit par échouage le 27 mai 1943 sur la côte de Cyrénaique.
Trois sous-marins furent encore remis en service. Minerve, Junon et le croiseur sous marin Surcouf, alors le plus grand sous-marin du monde. Surcouf participe à l'expédition de Saint Pierre et Miquelon en décembre 1941. Il fut abordé et coulé de nuit par un cargo américain, le 18 février 1942, dans des conditions assez mystérieuses.
La Minerve est armée le 31 janvier 1941 et patrouille en mer du Nord, et sur les côtes de Norvège. La Junon est prête en décembre 1941.
Quelques chasseurs de sous-marins sont armés à Cowes et opèrent en Manche.
En 1941, la Royal Navy cède aux FNFL neuf corvettes du type Flower. Parmi celles-ci, l'Alysse est torpillée le 8 février 1942, le Mimosa le 3 juin 1942. La Lobelia coule le 7 février 1943 l' U-609 allemand.
Le 11 mars 1943, l'Aconit se rendit célèbre en coulant successivement à douze heures d'intervalle les U-444 et U-432.
En décembre 1942 La Royal Navy cède le torpilleur La Combattante, du type Hunt, qui sautera sur une mine le 23 février 1945.
Il est nécessaire ici de rappeler l'héroïque aventure du lieutenant de vaisseau d'Estienne d'Orves. Il appartenait à l'état-major de l'amiral Godfroy, commandant la force X à Alexandrie. Après une violente crise de conscience, il rallia le mouvement de la France libre le 11 juillet 1940. Désigné pour exercer les fonctions de chef du 2e bureau des FNFL, il partit en mission de renseignements en France occupée, malgré l'opposition de l'amiral Muselier, celui-ci l'estimant peu fait pour ce genre de mission. Il se fit arrêter à Nantes par la Gestapo, condamné à mort. L'amiral Darlan intervient auprès des autorités allemandes pour tenter de le sauver lorsque un aspirant de marine allemand est assassiné dans le métro à Paris. Par représailles, les Allemands fusillèrent au mont Valérien le 27 août 1941, les otages qu'ils détenaient et parmi eux Honoré d'Estienne d'Orves.
L'amiral Muselier organise, en décembre 1941, avec les corvettes Mimosa, Alysse et Aconit et le sous-marin Surcouf, la prise de Saint Pierre et Miquelon, en dépit des réticences du général de Gaulle, et malgré l'opposition des Américains désireux de ménager le régime de Vichy et l'équilibre dans la région. Il rentre en Angleterre le 28 février 1942.
Il y entre alors en conflit avec le général de Gaulle d'autant que les relations entre les deux hommes étaient déjà mauvaises. L'amiral Muselier démissionne, le capitaine de frégate Auboyneau, promu contre-amiral, lui succède en mars 1942. Le 20 juin 1942, l'amiral Muselier est limogé, et mis à la retraite d'office, pour la deuxième fois de sa carrière! L'amiral Thierry d'Argenlieu succède à Auboyneau à la tête des FNFL le 19 juillet 1943.
Le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord en novembre 1942, provoqua une cascade d'événements en peu de temps : l'occupation de la zone libre par les Allemands, le sabordage de la flotte de Toulon, le regroupement des parties de la flotte éparses de par le monde et de l'ex-FNFL et la reprise de la guerre aux côtés des Alliés.
Alain

La constitution des Forces navales françaises libres (FNFL)

Corvette Aconit des FNFL (collection Alain V)

LES FORCES NAVALES FRANCAISES LIBRES

Nous avons vu avec l'opération Catapult que la majorité des marins français avaient par suite des attaques subies de la part des Anglais, un fort ressentiment à leur encontre.
Toutefois un petit nombre décida, malgré cela, de poursuivre le combat.
Un amiral fédéra autour de sa personne, ceux qui refusaient l'armistice. L'amiral Émile Muselier était une figure particulière. En désaccord avec l'amiral Darlan, il avait été mis à la retraite le 21 octobre 1939 à la suite de dénonciations calomnieuses. Il se résolu à quitter la France pour Gibraltar où il créa avec l'aide d'un certain Péri un petit noyau de navires composé d'un patrouilleur et de trois cargos dont les équipages étaient prêt à le suivre. Il décida que ses navires porteraient comme pavillon distinctif, la croix de Lorraine par opposition à la croix gammée. Il se rend à Londres le 30 juin 1940, y est reçu par le First Sea Lord britannique et le général de Gaulle qui lui offrit le commandement de la Marine à constituer avec ses partisans, et qui prendra le nom de Forces navales françaises libres (par abréviation FNFL).
Les effectifs des FNFL sont très faibles, 400 hommes en juillet 1940. Le recrutement dans les camps ou les marins venaient d'être internés, suite à l'opération Catapult, fit monter ces effectifs à 3100 hommes au mois de novembre et à 5314 hommes au 1er janvier 1943. La fusion avec les forces maritimes venant d'Afrique et des colonies et les FNFL qui fut réalisée le 2 août 1943 mis fin officiellement à leur existence.
Le faible effectif des FNFL ne leur permit pas de réarmer tous les navires saisis par les Anglais.
Les FNFL ont armés les navires suivants: contre-torpilleurs Le Triomphant et Léopard, torpilleur Melpomène, les sous-marins et avisos récents et les patrouilleurs ayant une valeur militaire.
Le sous marin Narval, commandant Drogou se rallia au FNFL. Il disparu le 16 décembre 1940 lors de sa troisième patrouille, on ne sut qu'en 1957 en retrouvant l'épave, qu'il avait touché une mine au large de la Tunisie.
Le sous-marin mouilleur de mines Rubis, sous les ordres des commandants Cabanier, puis Rousselot eut une carrière exceptionnelle avec 22 missions de guerre le long des côtes ennemies, ayant à son actif la perte de 15 navires ennemis.
L'amiral Muselier crée le 14 juillet 1940 un bataillon de fusiliers marins de 200 à 300 hommes.
Thierry d'Argenlieu, capitaine de corvette de réserve en juin 1940 rejoignit les FNFL. Affecté à Nouméa, il fut nommé contre-amiral à titre fictif le 8 décembre 1941 alors qu'il exerçait les fonctions de haut commissaire de la France libre au Pacifique.
Le contre-torpilleur Triomphant appareille pour le Pacifique en août 1941.
Le contre-torpilleur Léopard appareille de Greenock le 30 juin 1942. Le 30 novembre 1942, il obtient le ralliement de la Réunion à la France libre. De retour en méditerranée il se perdit par échouage le 27 mai 1943 sur la côte de Cyrénaique.
Trois sous-marins furent encore remis en service. Minerve, Junon et le croiseur sous marin Surcouf, alors le plus grand sous-marin du monde. Surcouf participe à l'expédition de Saint Pierre et Miquelon en décembre 1941. Il fut abordé et coulé de nuit par un cargo américain, le 18 février 1942, dans des conditions assez mystérieuses.
La Minerve est armée le 31 janvier 1941 et patrouille en mer du Nord, et sur les côtes de Norvège. La Junon est prête en décembre 1941.
Quelques chasseurs de sous-marins sont armés à Cowes et opèrent en Manche.
En 1941, la Royal Navy cède aux FNFL neuf corvettes du type Flower. Parmi celles-ci, l'Alysse est torpillée le 8 février 1942, le Mimosa le 3 juin 1942. La Lobelia coule le 7 février 1943 l' U-609 allemand.
Le 11 mars 1943, l'Aconit se rendit célèbre en coulant successivement à douze heures d'intervalle les U-444 et U-432.
En décembre 1942 La Royal Navy cède le torpilleur La Combattante, du type Hunt, qui sautera sur une mine le 23 février 1945.
Il est nécessaire ici de rappeler l'héroïque aventure du lieutenant de vaisseau d'Estienne d'Orves. Il appartenait à l'état-major de l'amiral Godfroy, commandant la force X à Alexandrie. Après une violente crise de conscience, il rallia le mouvement de la France libre le 11 juillet 1940. Désigné pour exercer les fonctions de chef du 2e bureau des FNFL, il partit en mission de renseignements en France occupée, malgré l'opposition de l'amiral Muselier, celui-ci l'estimant peu fait pour ce genre de mission. Il se fit arrêter à Nantes par la Gestapo, condamné à mort. L'amiral Darlan intervient auprès des autorités allemandes pour tenter de le sauver lorsque un aspirant de marine allemand est assassiné dans le métro à Paris. Par représailles, les Allemands fusillèrent au mont Valérien le 27 août 1941, les otages qu'ils détenaient et parmi eux Honoré d'Estienne d'Orves.
L'amiral Muselier organise, en décembre 1941, avec les corvettes Mimosa, Alysse et Aconit et le sous-marin Surcouf, la prise de Saint Pierre et Miquelon, en dépit des réticences du général de Gaulle, et malgré l'opposition des Américains désireux de ménager le régime de Vichy et l'équilibre dans la région. Il rentre en Angleterre le 28 février 1942.
Il y entre alors en conflit avec le général de Gaulle d'autant que les relations entre les deux hommes étaient déjà mauvaises. L'amiral Muselier démissionne, le capitaine de frégate Auboyneau, promu contre-amiral, lui succède en mars 1942. Le 20 juin 1942, l'amiral Muselier est limogé, et mis à la retraite d'office, pour la deuxième fois de sa carrière! L'amiral Thierry d'Argenlieu succède à Auboyneau à la tête des FNFL le 19 juillet 1943.
Le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord en novembre 1942, provoqua une cascade d'événements en peu de temps : l'occupation de la zone libre par les Allemands, le sabordage de la flotte de Toulon, le regroupement des parties de la flotte éparses de par le monde et de l'ex-FNFL et la reprise de la guerre aux côtés des Alliés.
Alain