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dimanche 1 septembre 2024

1er septembre 1910 : début de la construction du cuirassé Courbet


Le 1er septembre 1910 commençait la construction du cuirassé Courbet à Lorient.

"Toulon. Le cuirassé Courbet se faisant remorquer pour aller au bassin" © Amédée Eywinger/ECPAD/Défense


Le célèbre cuirassé participa aux deux guerres et acheva sa carrière sur les plages normandes. L'amiral Wietzel raconte la fin du bâtiment.

Contact : archivesmaritimes(at)gmail.com

lundi 5 septembre 2011

L'arsenal de Lorient en 1904.


Dans ma série rétrospective de nos grands ports de guerre au début du siècle passé, je vous présente maintenant une photo de l'arsenal de Lorient en 1904; On distingue de gauche à droite; au premier plan, la canonnière Scorpion, ponton à Lorient de 1901 à 1936; elle ne finira que sous les bombardements de 1943! à couple l'aviso Limier, ponton de 1887 à 1917; sur l’extrême gauche, les cales utilisées pour la construction des cuirassés et des croiseurs. Derrière le Scorpion, un ponton que je n'ai pu identifier; puis le croiseur cuirassé Victor Hugo en cours d'achèvement à flot, il porte le pavillon national à sa poupe, il vient en effet d’être lancé le 30 mars 1904; plus loin on distingue encore le croiseur protégé Isly alors en réserve à Lorient ; un aviso torpilleur du type Condor, et plusieurs autres croiseurs trop éloignés pour être identifiés.
Alain

L'arsenal de Lorient en 1904.



Dans ma série rétrospective de nos grands ports de guerre au début du siècle passé, je vous présente maintenant une photo de l'arsenal de Lorient en 1904; On distingue de gauche à droite; au premier plan, la canonnière Scorpion, ponton à Lorient de 1901 à 1936; elle ne finira que sous les bombardements de 1943! à couple l'aviso Limier, ponton de 1887 à 1917; sur l’extrême gauche, les cales utilisées pour la construction des cuirassés et des croiseurs. Derrière le Scorpion, un ponton que je n'ai pu identifier; puis le croiseur cuirassé Victor Hugo en cours d'achèvement à flot, il porte le pavillon national à sa poupe, il vient en effet d’être lancé le 30 mars 1904; plus loin on distingue encore le croiseur protégé Isly alors en réserve à Lorient ; un aviso torpilleur du type Condor, et plusieurs autres croiseurs trop éloignés pour être identifiés.













Alain


vendredi 24 juin 2011

Dans le port de Lorient au début du XXe siècle

Dans le port de Lorient au début du XXe siècle


Si une activité portuaire s'est lentement développée à l'ombre du fort du Blavet, on peut dater la naissance de Lorient de 1666, au moment où la compagnie des Indes (créée par Colbert en 1664) vient s’installer à Port-Louis. Le port prend sa véritable dimension lors de la création des chantiers navals du Faouëdic.

Lorient, successivement Lieu d'Orient, puis l'Orient, n'est d'abord qu'un lieu improvisé de construction, d'armement et de désarmement de navires. L'édification de logements des ouvriers et des marins sur la presqu'île du Faouëdic en fera une ville.

Dès 1687, la Marine royale s'y installe. A partir de 1734, la compagnie des Indes de Law y concentre toutes ses activités : armement et désarmement des navires, réparation et construction navales, vente annuelle des marchandises. De 1719 à 1770, la Royale y concentre toutes ses opérations. Entre 1730 et 1750, le port est remodelé par Gabriel (magasins et hôtel de ventes) et la ville est fortifiée en 1744. Remis au roi en 1770, Lorient tient son rang dans le grand commerce jusqu'en 1794. En 1909, l'arsenal s'adapte à la construction des grands navires.

Principale base opérationnelle des sous-marins allemands, la ville de Lorient est bombardée par les Alliés, détruite et évacuée en 1943. L'ancienne ville y disparaîtra.

Dans le port de Lorient au début du XXe siècle

Dans le port de Lorient au début du XXe siècle


Si une activité portuaire s'est lentement développée à l'ombre du fort du Blavet, on peut dater la naissance de Lorient de 1666, au moment où la compagnie des Indes (créée par Colbert en 1664) vient s’installer à Port-Louis. Le port prend sa véritable dimension lors de la création des chantiers navals du Faouëdic.

Lorient, successivement Lieu d'Orient, puis l'Orient, n'est d'abord qu'un lieu improvisé de construction, d'armement et de désarmement de navires. L'édification de logements des ouvriers et des marins sur la presqu'île du Faouëdic en fera une ville.

Dès 1687, la Marine royale s'y installe. A partir de 1734, la compagnie des Indes de Law y concentre toutes ses activités : armement et désarmement des navires, réparation et construction navales, vente annuelle des marchandises. De 1719 à 1770, la Royale y concentre toutes ses opérations. Entre 1730 et 1750, le port est remodelé par Gabriel (magasins et hôtel de ventes) et la ville est fortifiée en 1744. Remis au roi en 1770, Lorient tient son rang dans le grand commerce jusqu'en 1794. En 1909, l'arsenal s'adapte à la construction des grands navires.

Principale base opérationnelle des sous-marins allemands, la ville de Lorient est bombardée par les Alliés, détruite et évacuée en 1943. L'ancienne ville y disparaîtra.

lundi 18 avril 2011

Port-Louis, qui assura pendant plus de soixante ans le transport des malades dans la rade de Lorient

Port-Louis, bateau à roues, amphidrome, armé en 1874 à Lorient, affecté au transport des malades à l'hôpital de Port-Louis. Durant plus de soixante ans, il dit la traversée de la rade pour transporter les malades de Lorient à l'hôpital de Port-Louis.
Port-Louis - Longueur Hors Tout: 25m Largeur: 5 m Tirant d'eau: 0,68 à 1 m 3 tonneaux de déplacement - Propulsion: 40cv, une hélice Vitesse: 6 nœuds (en 1927). Puissance: 400cv Effectif : 8 hommes
Jusqu'en 1936, la liaison entre les deux hôpitaux de Lorient et Port-Louis était assurée par un curieux bateau à roues, appelé familièrement le Patouillard, mais qui portait officiellement le nom de Port-Louis.
Le mini-bateau hôpital présentait la particularité d'être pointu aux deux extrémités, il pouvait marcher dans les deux sens sans faire demi-tour. Il possédait une barre franche aux deux extrémités et il suffisait de caler l'une d'elle quand on changeait de sens. Il était à fond plat.
Le navire possédait un grand rouf réservé aux malades. Les plus gravement atteints étaient allongés sur des civières, les autres se contentant de bancs de bois. Ce local était chauffé l'hiver par un poële à charbon central qui tirait souvent mal et remplissait la salle des malades d'une fumée indésirable. A l'arrière ou à l'avant suivant le sens de la marche, une petite chambre triangulaire était réservée aux officiers du corps de Santé. Il transportait aussi les approvisionnements.

Le Patouillard à quai à Port-Louis
Tout doucement, dans un panache de vapeur et dans un bouillonnement d'écume, le Patouillard arrivait à la cale de Port-Louis chaque matin vers 8 h 30 après une traversée qui durait 20 minutes. Il en repartait vers les 11 heures. Sur le quai attendaient les infirmiers et ouvriers. De la cale, les malades étaient transportés sur des cadres à roues bâchés, les consultants et les officiers du corps de Santé marchaient à pied, une voiture à bras tirée par les ouvriers de l'hôpital transportait les approvisionnements. La caravane sanitaire traversait les rues somnolentes de la vieille cité, escortée par le chien ratier de l'Hôpital, qui, pas un seul jour, ne manquait l'arrivée du bateau.
L'hôpital maritime de Port-Louis devenu vétuste et mal adapté à sa destination fut transféré à Lorient en 1936. Avec la fin de l'hôpital, cessa le va et vient de notre Patouillard qui fut remisé dans le fond de l'arsenal, pour finir vraisemblablement sous les bombes en 1945. Source Port Louis.

vendredi 3 septembre 2010

3 septembre 1956, entrée en service du croiseur De Grasse, rescapé des programmes d'avant-guerre.

Croiseur De Grasse en 1957

Croiseur De Grasse en 1966, aménagé pour la direction des tirs nucléaires (photos collection Alain V)

En 1937, il avait été décidé de construire une version améliorée des croiseurs du type La Galissonnière, ceux-ci étant les meilleurs croiseurs que nous ayons construits. Trois d'entre eux seront malheureusement sabordés le 27 novembre 1942 à Toulon, les trois autres feront une longue carrière après-guerre, puisque le dernier d'entre eux, le Montcalm, ne sera démoli qu'en 1970.
La série des De Grasse devait comprendre trois bateaux mais Chateaurenault et Guichen, prévus au programme de 1938 et mis sur cale en 1939 seront rapidement arrêtés en raison des événements.

Les caractéristiques initialement prévues pour le De Grasse étaient:
Déplacement: 8000 tonnes - longueur 174 mètres, largeur 18 mètres - machines: 4 chaudières Indret vapeur timbrées à 35 bars surchauffée à 325 ° - turbines Rateau-Bretagne puissance 110 000 cv 2 hélices vitesse prévue 35 nœuds
Armement: 9 canons de 152mm - 6 canons de 90 mm en trois affûts doubles - 8 canons de 13,2 mm AA - 6 tubes lance-torpilles de 550 mm - 2 catapultes et 3/4 avions de reconnaissance Loire-Nieuport
Équipage: 580 hommes

De Grasse est mis en chantier en novembre 1938 à Lorient. Mis sur cale le 28 août 1939, il n'est achevé qu'a 28% quand l'invasion allemande de 1940 vint tout arrêter. Seul était assez avancé le montage de la coque, dans le grand bassin de construction de Lorient, celle-ci est laissée à l'abandon. Les ouvriers profitent des lacunes dans la surveillance allemande pour dissimuler dans les doubles fonds, des outils, et du matériel. En 1943, la marine allemande pense faire achever le croiseur en porte-avions; les travaux reprennent très lentement, le personnel de l'arsenal demeuré sur place fit preuve du maximum d'inertie pour retarder l'avancement des travaux; puis ceux-ci cessent en 1944. Par chance, la coque du croiseur devait échapper presque sans dommage à la destruction par les bombardements alliés de la ville et de l'arsenal de Lorient.
La Libération trouva la coque, avec deux impacts de bombes mais à peine plus avancée qu'en 1940. Elle fut mise à l'eau le 11 septembre 1946, à Lorient mais les difficultés au sortir de la guerre ne permirent pas de reprendre immédiatement sa construction.
D'autre part; le projet évolue. La terminaison du croiseur De Grasse est inscrite au budget 1951 mais ce sera un croiseur anti-aérien; la totalité de l'artillerie est télécommandée à partir de télépointeurs, radars stabilisés à poursuite automatique.
Le croiseur est remorqué de Lorient à Brest le 14 février 1951. En 1954, un incident au bassin, l'oubli de la fermeture d'une vanne, remplie les fonds d'eau de mer et retarde de six mois les travaux d'achèvement.
Le croiseur prend armement pour essais le 29 juillet 1954. La traversée de longue durée entre Brest et Toulon se termine par l'entrée en service le 3 septembre 1956.
Caractéristiques à l'entrée en service: Déplacement: 9380 tonnes, en pleine charge 12520 tonnes - longueur hors tout, 187,995 m, largeur 18,63 m, tirant d'eau 5,54m Armement: 16 canons de 127 mm AA en 8 tourelles doubles, 20 canons de 57 mm AA en 10 affûts doubles - Protection: pont blindé de 68mm; ceinture cuirassé de 76 à 120mm - machines :4 chaudières multitubulaires timbrées à 35 bar, surchauffe 385° 2 turbines à engrenages Rateau Bretagne 105 000 cv, vitesse 33,8 nœuds - Distance franchissable: 6000 milles à 18 nœuds, 2000 milles à 31 nœuds
Sa première mission est la Force Navale d'Intervention en Égypte, ou il porte la pavillon du vice-amiral d'escadre Barjot; remplacé par le viceamiral Jozan, le 1er décembre 1956.
En 1960, le De Grasse subit des travaux: débarquement de deux télépointeurs et de deux tourelles de 57 mm, supports d'antennes etc... En 1962, il accomplit un tour du monde.
En 1965, le De Grasse entre en refonte; deux tourelles de 127mm, tous les affûts de 57mm sont débarqués, nouveaux radars, un grand mat quadripode sur l'arrière du croiseur, le bloc passerelle est doublé de volume, protection contre les radiations, un hangar pour hélicoptère. Tout cela pour diriger les campagnes d'expérimentation nucléaires:
1966 (5 tirs), dont un, avec le Général de Gaulle à bord du De Grasse. 1967 (3 tirs), 1968 (5 tirs),1969 (pas de tir),
1970 (8 tirs), 1971 (5 tirs), 1972 (3 tirs).
De Grasse est désarmé le 28 février 1973. Il est vendu le 28 janvier 1975 à une entreprise de démolition de La Spezia.
Alain

3 septembre 1956, entrée en service du croiseur De Grasse, rescapé des programmes d'avant-guerre.

Croiseur De Grasse en 1957

Croiseur De Grasse en 1966, aménagé pour la direction des tirs nucléaires (photos collection Alain V)

En 1937, il avait été décidé de construire une version améliorée des croiseurs du type La Galissonnière, ceux-ci étant les meilleurs croiseurs que nous ayons construits. Trois d'entre eux seront malheureusement sabordés le 27 novembre 1942 à Toulon, les trois autres feront une longue carrière après-guerre, puisque le dernier d'entre eux, le Montcalm, ne sera démoli qu'en 1970.
La série des De Grasse devait comprendre trois bateaux mais Chateaurenault et Guichen, prévus au programme de 1938 et mis sur cale en 1939 seront rapidement arrêtés en raison des événements.

Les caractéristiques initialement prévues pour le De Grasse étaient:
Déplacement: 8000 tonnes - longueur 174 mètres, largeur 18 mètres - machines: 4 chaudières Indret vapeur timbrées à 35 bars surchauffée à 325 ° - turbines Rateau-Bretagne puissance 110 000 cv 2 hélices vitesse prévue 35 nœuds
Armement: 9 canons de 152mm - 6 canons de 90 mm en trois affûts doubles - 8 canons de 13,2 mm AA - 6 tubes lance-torpilles de 550 mm - 2 catapultes et 3/4 avions de reconnaissance Loire-Nieuport
Équipage: 580 hommes

De Grasse est mis en chantier en novembre 1938 à Lorient. Mis sur cale le 28 août 1939, il n'est achevé qu'a 28% quand l'invasion allemande de 1940 vint tout arrêter. Seul était assez avancé le montage de la coque, dans le grand bassin de construction de Lorient, celle-ci est laissée à l'abandon. Les ouvriers profitent des lacunes dans la surveillance allemande pour dissimuler dans les doubles fonds, des outils, et du matériel. En 1943, la marine allemande pense faire achever le croiseur en porte-avions; les travaux reprennent très lentement, le personnel de l'arsenal demeuré sur place fit preuve du maximum d'inertie pour retarder l'avancement des travaux; puis ceux-ci cessent en 1944. Par chance, la coque du croiseur devait échapper presque sans dommage à la destruction par les bombardements alliés de la ville et de l'arsenal de Lorient.
La Libération trouva la coque, avec deux impacts de bombes mais à peine plus avancée qu'en 1940. Elle fut mise à l'eau le 11 septembre 1946, à Lorient mais les difficultés au sortir de la guerre ne permirent pas de reprendre immédiatement sa construction.
D'autre part; le projet évolue. La terminaison du croiseur De Grasse est inscrite au budget 1951 mais ce sera un croiseur anti-aérien; la totalité de l'artillerie est télécommandée à partir de télépointeurs, radars stabilisés à poursuite automatique.
Le croiseur est remorqué de Lorient à Brest le 14 février 1951. En 1954, un incident au bassin, l'oubli de la fermeture d'une vanne, remplie les fonds d'eau de mer et retarde de six mois les travaux d'achèvement.
Le croiseur prend armement pour essais le 29 juillet 1954. La traversée de longue durée entre Brest et Toulon se termine par l'entrée en service le 3 septembre 1956.
Caractéristiques à l'entrée en service: Déplacement: 9380 tonnes, en pleine charge 12520 tonnes - longueur hors tout, 187,995 m, largeur 18,63 m, tirant d'eau 5,54m Armement: 16 canons de 127 mm AA en 8 tourelles doubles, 20 canons de 57 mm AA en 10 affûts doubles - Protection: pont blindé de 68mm; ceinture cuirassé de 76 à 120mm - machines :4 chaudières multitubulaires timbrées à 35 bar, surchauffe 385° 2 turbines à engrenages Rateau Bretagne 105 000 cv, vitesse 33,8 nœuds - Distance franchissable: 6000 milles à 18 nœuds, 2000 milles à 31 nœuds
Sa première mission est la Force Navale d'Intervention en Égypte, ou il porte la pavillon du vice-amiral d'escadre Barjot; remplacé par le viceamiral Jozan, le 1er décembre 1956.
En 1960, le De Grasse subit des travaux: débarquement de deux télépointeurs et de deux tourelles de 57 mm, supports d'antennes etc... En 1962, il accomplit un tour du monde.
En 1965, le De Grasse entre en refonte; deux tourelles de 127mm, tous les affûts de 57mm sont débarqués, nouveaux radars, un grand mat quadripode sur l'arrière du croiseur, le bloc passerelle est doublé de volume, protection contre les radiations, un hangar pour hélicoptère. Tout cela pour diriger les campagnes d'expérimentation nucléaires:
1966 (5 tirs), dont un, avec le Général de Gaulle à bord du De Grasse. 1967 (3 tirs), 1968 (5 tirs),1969 (pas de tir),
1970 (8 tirs), 1971 (5 tirs), 1972 (3 tirs).
De Grasse est désarmé le 28 février 1973. Il est vendu le 28 janvier 1975 à une entreprise de démolition de La Spezia.
Alain