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jeudi 25 avril 2013

Le paquebot Formosa à Dakar au début du XXe siècle

Le paquebot Formosa à Dakar au début du XXe siècle. coll agence Adhémar
Formosa. Goélette en acier à deux hélices, trois ponts, deux mâts, une cheminée et huit compartiments construit en 1906 au chantier London and Glasgow Engineering and Iron Shipbuilding de Govan. Jauge brute 4471,08 tx (2812,43 tx jauge nette). Port en lourd 4500t. 124,21m pp par 14,46m, tirant d'eau 6,85m. 75 passagers de 1re, 92 en 2e et 1200 émigrants. 2 machines alternatives à triple expansion et 4 chaudières simples à 2 foyers timbrées à 12,62kg/cm2 construites par le même chantier et totalisant 5000cv à 92t/mn. Vitesse de 15,8 nœuds.
Le paquebot mixte Formosa de la SGTM est lancé le 29 mai 1906 et mis en service le 14 août 1906 sur la ligne d’Amérique du Sud (Marseille, Dakar, Brésil, Plata)
Le navire-hôpital HMHS Formosa. L'avion a été rajouté sur le cliché pour plus de réalisme. (Coll Alain Croce)
Loué par le gouvernement britannique du 23 juin 1915 au 7 juillet 1919 pour être transformé en navire-hôpital, il sert à l’Amirauté britannique pour un service régulier du corps expéditionnaire d’Orient.  
Repris par la SGTM à la fin du conflit il retrouvera la ligne d’Amérique du Sud. Il est désarmé en décembre 1927 à Marseille et démoli en 1929 à La Spezia.  

Le 15 Septembre 1867, la SGTMV,  récemment crée (en 1865) pour le trafic de minerai de fer sur Oran, décide de créer une nouvelle ligne sur l'Atlantique Sud. Elle commence avec quatre paquebots : Savoie, Bourgogne, Poitou, Picardie, et, en 1871, fait construite pour renforcer cette ligne, un très grands paquebot, La France qui sera suivi des Navarre et Béarn. Dix ans plus tard, trois autres grands paquebots Aquitaine, Espagne et Italie desservent également cette ligne. La flotte atteint dix-sept navires. En 1906 et 1909, quatre Paquebots Formosa, Pampa, Plata et Paraná furent affectés à l'Atlantique Sud. 
Après la guerre de 40, les paquebots Alsina, Mendoza, Florida et Campana assurèrent le transport passagers vers Buenos Aires via l'Espagne, Dakar, le Brésil, et l'Uruguay.


L'incontournable somme écrite par Alain Croce sur La société générale des transports maritimes à vapeur est toujours diponible aux éditions MDV Maîtres du Vent ou chez les libraires (diffusion Coop Breizh)

jeudi 18 avril 2013

Rencontre (provisoirement) paisible de navires de guerre vers 1911 dans la rade de Dakar

Rencontre de navires de guerre vers 1911 dans la rade de Dakar (Sénégal), le français Duguay-Trouin, l'allemand Panther et l'anglais Dwarf.
Rencontre insolite à Dakar au début du XXe siècle.
Duguay-Trouinnavire-école d'application des aspirants de 1900 à 1912, dont nous avons déjà parlé dans ce blog (cliquez ici), sans doute au cours de l'une de ses campagnes d'application des aspirants de marine autour du monde.
  
La canonnière allemande SMS Panther, qui va se rendre célèbre lors de la crise d'Agadir. Le coup d'Agadir de 1911 ou crise d'Agadir, est un incident militaire et diplomatique. Prétendant répondre à un appel à l'aide d'entreprises allemandes du Souss (il n'y avait alors que quatre Allemands dans la région), l'Allemagne, le 1er juillet 1911, décide d'envoyer la canonnière SMS Panther dans la baie d'Agadir, fermée depuis 1881 au commerce étranger. A partir de la mi-juillet, SMS Panther est régulièrement relayée par le croiseur SMS Berlin en alternance avec son sister-ship SMS Eber
Aux termes d'âpres tractations avec la France soutenue par la Grande Bretagne (c'était le temps de l'Entente cordiale), l'Allemagne renonce à sa présence au Maroc en échange de l’abandon de 272 000 km2 d'Afrique équatoriale, au Gabon, au Moyen-Congo et en Oubangui-Chari, au profit du Cameroun allemand. Le traité franco-allemand signé le 4 novembre 1911 à Berlin, laisse les mains libres à la France au Maroc. C'est alors seulement que les bâtiments allemands quittent la baie d'Agadir, le 28 novembre 1911.
«Deux leçons sortaient de l'affaire d'Agadir : l'une, pour l'Allemagne, que le Maroc était un mauvais casus belli, parce que la France menacée gardait son alliance avec la Russie et son entente avec l'Angleterre, tandis que, sur un prétexte marocain, les Allemands n'étaient même pas suivis par l'Autriche. L'autre leçon était pour la France : nos concessions ne servaient qu'à convaincre l'Allemagne de notre faiblesse et à la rendre plus belliqueuse.» Jacques Bainville, Histoire de France, 1924




La SMS Panther, canonnière de la marine impériale allemande, est lancé au chantier naval impérial de Dantzig (Kaiserliche Werft Danzig) le 1er avril 1901 (il sera rayé en 1931). Ses sister-ships de la classe Iltis (il est le cinquième) sont SMS Iltis, SMS Jaguar, SMS Tiger, SMS Luchs et SMS Eber
Canonnières de 66,90 mètres - Maître-bau 9,70 m - Tirant d'eau 3,30 m - Déplacement 977 tjb - Puissance 1344 ch - Vitesse 13,5 nœuds
Armement2 canons de 105 mm, 6 canons de 37 mm - Rayon d'action 3400 mille à 9 noeuds - Equipage 9 officiers et 121 hommes.

De son côté la canonnière Dwarf s'illustrera bientôt dans la bombardement de Douala pendant la reconquête du Cameroun allemand.
Cannonière construite à Londres et Glasgow et lancée le 15 novembre 1898, de la classe Bramble (chantier Potter 26 novembre 1898, vendu à Bombay le 26 janvier 1920) qui comprenait aussi Britomart (chantier Potter 28 mars 1899, vendu à Bombay le 10 juin 1920, renommé Sakuntalaet Thistle (Londres et Glasgow 22 juin 1899, vendu le 13 juillet 1926 à Ward, Pembroke). Il s'agissait des premières canonnières entièrement en acier. Elles furent définies pour servir également dans des stations coloniales et comprenaient plus d'artillerie légère que leurs prédécesseurs de construction mixte. Vitesse constante mais leur puissance était en augmentation. Deux de ces unités servirent aux Indes. Elles furent vendues pour démolition en 1920 et 1926 (Dwarf le 13 juillet 1926 à Ward, Pembroke).

710t - 54,86 x 10,06 x 2,44m - 2 hélices, machine TE, 1300 cv, 13 noeuds max. Pas de blindage. 2 canons de 110 mm, 4 de 76 mm - Equipage 85 hommes.
HMS Dwarf en 1902 et les officiers de la canonnière (ci-desous).