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dimanche 19 juillet 2026

Severniy Polus - Северный полюс (IMO 9884198)


Le navire, d’un type unique au monde appartient au projet russe 00903 et a été construit par le chantier de l’Amirauté de St Petersbourg.  La signature du contrat eut lieu au printemps 2018 par Roshydromet (Service météorologique russe). Son lancement a eu lieu en décembre 2020 et il quitte le chantier le 21 mai 2022 pour procéder aux essais en mer. Il entre en service en août 2022.

Le but du projet est de remplacer les anciennes stations scientifiques dérivantes initiées en 1937 par Ivan Papanin qui étaient installées directement sur la banquise. La fonte de la banquise ne permet plus ce type d’installation. Ainsi, les laboratoires à bord, au nombre de 15 et servis par 34 personnels sont beaucoup mieux installés, et les conditions de vie des personnels embarqués bien meilleures. La forme de la coque a été spécialement étudiée pour résister à la pression des glaces. Son autonomie peut atteindre deux ans. Le pont avant peut néanmoins accueillir un hélicoptère qui assure une partie du ravitaillement et la rotation des équipes. Il est un élément de la flotte de Arctic And Antarctic Research Institute (AARI) crée en 1920.

Données techniques
Longueur hors-tout (LOA) : 86,05 m
Largeur : 22,5 m
Tirant d'eau : 8,6 m
Déplacement : Environ 10 390 tonnes
Jauge brute (Gross Tonnage) : 9 843 GT
Port en lourd (Deadweight) : 3 687 tonnes
Puissance propulsion : 4 200 kW (moteur diesel-électrique relié à un système de propulsion Azipod).
Vitesse maximale : 10 nœuds en eau libre.
Classe de glace : Arc8 pour la résistance de la structure de la coque (conçue pour subir de fortes compressions de glace pluriannuelle) et Arc5 pour la navigation autonome.
Autonomie de carburant : 2 ans de dérive continue sans ravitaillement.
Équipage : 14 personnes
Personnel scientifique : 34 
Numéro IMO : 9884198

Chronologie
  • Le 15 septembre 2022, le navire quitte Mourmansk pour gagner le point 82°37’ N, 155°31’ E où il entamera sa mission Severny Polyus - 41 le 2 octobre.
  • De septembre 2024 à juillet 2026, il dérive sur plus de 6,550 km de la mer de Sibérie Orientale à l’est du Groenland, atteint en juillet 2026. Le 10 juillet 2026, le brise-glace nucléaire Arktika le prend en remorque dans le secteur est-groenlandais de l'océan Arctique pour le libérer de la glace. L'opération s'est achevée le 12 juillet, à 50 milles à l'ouest du Spitzberg après que le convoi ait parcouru 400 milles nautiques. à travers des champs de glace compacte pluriannuelle d'une épaisseur variant de trois à cinq mètres.

Webographie

Voir des photographies de ce navire sur shipspotting.com : https://www.shipspotting.com/photos/gallery?category=17&imo=9884198








Contact : archivesmaritimes(at)gmail.com

mercredi 5 mars 2014

Fortune et Gros Ventre honorés par les Taaf

Les trois-mâts La Fortune et Gros Ventre honorés par des timbres édités par les Terres australes et antarctiques françaises (Taaf) en 1988. Flûte La Fortune de 24 canons et 200 hommes d'équipage et gabarre Gros Ventre de 16 canons et 100 hommes.
Les Iles Kerguelen sont officiellement françaises depuis la prise de possession effectuée en janvier 1893 par l'aviso l'Eure, commandé par le capitaine de frégate Lieutard. 


Cartes premier jours avec tampons de Port-aux-Français.
A la recherche du fameux continent austral, le chevalier et lieutenant de vaisseau Yves Joseph de Kerguelen Trémarec découvrit le 12 février 1772 une terre nouvelle lors d’une expédition ordonnée par le roi Louis XV à bord de deux navires, le Gros Ventre et La Fortune. Le 13 février 1772, l’enseigne de vaisseau de Boisguehenneuc en prit possession au nom du roi de France.
Un second débarquement eut lieu le 6 janvier 1774 sur cette terre qu’il croyait être une avancée du continent austral. C’est James Cook qui, lors de son troisième voyage de circumnavigation, prouva l’insularité de cette terre qu’il baptisa « Iles de la Désolation » avant de lui donner l’appellation d’« archipel de Kerguelen » en l’honneur de son découvreur.

vendredi 3 janvier 2014

Les précurseurs : Le porte-avions à catapulte Schwabenland, de la marine allemande

Un hydravion Dornier a décollé du porte-avions à catapulte Schwabenland, de la marine allemande. Collection agence Adhémar 
La poste paraguayenne a édité en 1983 une série de timbres célébrant les premiers porte-avions, dits «les précurseurs». L'un d'entre-eux, ci-dessus, présente le porte-avions à catapulte Schwabenland, de la marine allemande. Voir Dedalo, autre précurseur, dans cette collection, cliquez ici
La catapulte du Schwabenland
En fait, loin d'être un porte-avions, Schwabenland était un cargo mixte équipé d'une catapulte à vapeur et de moyens de levage pour les dix tonnes de ses deux hydravions Dornier Do J, le Passat et le Boreas. Il sera utilisé dans l'expédition antarctique allemande de 1938.


Photo aérienne du trois-mâts de 46m Gausspris dans les glaces, pendant la première expédition antarctique allemande.
Comme beaucoup d'autres pays, l’Allemagne lança plusieurs expéditions dans la région antarctique à la fin du XIXe siècle. La première expédition est menée par le professeur de géologie Erich Dagobert von Drygalski en 1901. L’expédition composée de 27 hommes dure plus de deux ans car le navire, le Gauss, reste bloqué plus de 14 mois dans la banquise. Ils étudient entre autres le climat, la géographie et le magnétisme et on leur doit la découverte de la terre Guillaume II.


Deutschland
Meteor 
La deuxième expédition officielle (1911-1912) est menée par Wilhelm Filchner. Il veut vérifier que l’Antarctique est bien constitué d'une seule terre. Il n’atteint pas son objectif principal, mais son navire, le Deutschland, pénètre en mer de Weddell, qui était alors inexplorée.
En 1925, une autre expédition a eu lieu sous la direction d'Albert Merz avec le Meteor


Schwabenland en 1938
La quatrième expédition (1938-1939), menée par Alfred Ritscher, a pour principal objectif de sécuriser une zone en Antarctique pour la pêche à la baleine. A cette époque, l'huile de baleine était la principale matière première pour la fabrication de margarine et de savon, et l’Allemagne en achetait 200 000 tonnes/an aux Norvégiens.
Le 17 décembre 1938, le cargo mixte Schwabenland part de Hambourg avec 33 personnes à bord. Le bateau accoste en janvier 1939 (4° 15´O-69° 10´S) et la reconnaissance commence. Les semaines suivantes, les deux hydravions Dornier Do J du navire, le Passat et le Boreas effectuent un quinzaine de vols, quadrillant la zone et réalisant plus de 11 000 photographies aériennes. Une base temporaire est installée et trois drapeaux nazis sont plantés. Au mois de février, le bateau repart pour l’Allemagne.

Deux autres expéditions étaient planifiées pour les étés 1939-1940 et 1940-1941 mais elles furent annulées. La deuxième expédition devait étudier la faisabilité de l’implantation de bases navales, probablement en vue de s'imposer sur le continent et de contrôler une partie de l’océan Indien et du passage de Drake.


Carte de la Nouvelle Souabe (Neu Schwabenland) revendiquée par les Allemands.
Aucun pays ne reconnut les revendications allemandes et le traité sur l'Antarctique suspend toujours toutes les revendications territoriales. Aujourd'hui, la base antarctique Neumayer est située sur la banquise, à proximité de cette zone.

mardi 18 juin 2013

La conquête du Territoire antarctique australien raconté par le timbre 1/2

Le Territoire antarctique australien, (Australian Antarctic Territory), est une partie de l'Antarctique revendiquée par l'Australie. Il s'étend en dessous du 60e parallèle sud et d'ouest en est de 44°38' E à 160° E, en excluant la Terre Adélie. Sa superficie estimée est d'environ 6 119 818 km2.
Le territoire est réclamé par l'Australie depuis le 24 août 1936 alors que sa première base n'a été établie que le 11 février 1954. Le territoire n'est toujours occupé que par des stations scientifiques dont la plus importante est Mawson Station. On estime à un millier le nombre moyen des habitants
Depuis que l'Australie a signé le traité sur l'Antarctique*, les revendications territoriales sont gelées. Toutefois, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, la France et la Norvège ont reconnu l'administration australienne, contrairement au Japon. La région est administrée par le département australien de l'Antarctique qui soutient divers projets scientifiques et administre aussi le territoire sub-antarctique des îles Heard-et-MacDonald.
Le Territoire antarctique australien est divisé en neuf districts, à savoir (d'ouest en est) : Terre d'Enderby, Terre de Kemp, Terre de Mac. Robertson, Terre de la Princesse-Elisabeth, Terre Guillaume II, Terre de la Reine-Mary, Terre de Wilkes (d'une superficie de 2 600 000 km2), Terre de George V, et Terre de Oates.
Manière de rappeler sa propre histoire antarctique, l'Australie a émis en 1979 une série de seize timbres représentant des navires ayant participé à l'aventure. En voici quelques-uns.



Le S. Y. Nimrod est un trois-mâts utilisé par Ernest Shackleton en 1908 dans sa deuxième  expédition vers le pôle sud. C'était un shooner de 334 tonnes, lancé en 1867 au chantier Stephen de Dundee, et utilisé jusque là pour la chasse à la baleine et aux phoques. Réaménagé en barque, il filait un pauvre 6 nœuds sous vapeur. De plus, surchargé de matériel pour l'expédition, il n'eut pas assez de charbon pour la traversée de Nouvelle-Zélande à l'Antarctique. Il dû même être remorqué en dehors d'un champ de glace par le vapeur Koonya venu à son secours. Ernest Shackleton parvint tout de même à 180 km du pôle Sud, le plus près jamais atteint. Nimrod fut vendu à son retour en Grande-Bretagne alors que lui était annobli. Dix ans après, le bateau s'échouait sur des rochers du Norfolk.


Départ du NimrodThe Nimrod going to the south pole (1907).
Nimrod was the ship used by Ernest Shackleton in his 1908 Antarctic Nimrod Expedition for the South Pole. It was a 41-year-old schooner of 334 gross register tons which had been used to hunt seals and whales. Propulsion: Sails, auxiliary steam engine Sail plan: Originally schooner, rebuilt as barquentine
Speed: 6 knots under steam Builder: Stephen, Dundee Completed: January 1867 Sold 1909; wrecked 1919. The ship was so overloaded with supplies for the expedition that it could not carry enough coal to make passage to the Antarctic from New Zealand, and Shackleton had to arrange for the ship to be towed to the edge of the pack ice by a tramp steamer Koonya. 



Le SS Fram est un shooner à coque en bois, trois-mâts et une cheminée. 
39m x 11m x 4,8m. Machine à vapeur à triple expansion de 220cv, une hélice. Il filait ses 7 nœuds. Il a été dessiné et construit par Colin Archer à Larvik, Norvège où il a été lancé en 1892. Conçu pour résister à la pression de la glace, il participe à plusieurs expéditions norvégiennes. En 1892-1896, expédition arctique de Fridtjof Nansen. 1898-1902, il mène Otto Sverdrup dans les îles de l'arctique canadien. Il est enfin utilisé par Roald Amundsen dans sa conquête du pôle sud de 1910 à 1912 pendant laquelle Fram atteindra 78° 41' Sud. Il est maintenant conservé au Musée d'Oslo.

Le Fram d'Amundsen sous voiles dans les glaces de l'Antarctique.
SS Fram - Topsail Schooner / 1 funnel, 3 masts / L,B,D:  127.8' x 34' x 15'' / 402 tons / Hull: wooden / Compliment: 16 / Engine: steam triple expansion 220 hp, 1 screw, 7kts / Designed, Colin Archer. Built, Colin Archer, Larvik, Norway 
Fram is a ship that was used in expeditions of the Arctic and Antarctic regions by the Norwegian explorers Fridtjof Nansen, Otto Sverdrup, Oscar Wisting, and Roald Amundsen between 1893 and 1912. 1892 Nansen's 1893–1896 Arctic expedition - Sverdrup's 1898–1902 Canadian Arctic islands expedition. Fram was then used by Roald Amundsen in his southern polar expedition from 1910 to 1912, the first to reach the South Pole, during which Fram reached 78° 41' S.
Fram is preserved at the Fram Museum in Oslo, Norway.


Le SS Endurance est un trois-mâts barque sur lequel Sir Ernest Shackleton a accompli son expédition antarctique de 1914 (Imperial Trans-Antarctic Expedition) qui devait le mener d'une mer à l'autre, à travers le continent puisque le pôle avait été conquis par Amundsen. SS Endurance avait été lancé en 1912 à Sandefjord en Norvège. Il finira trois ans plus tard bloqué dans les glaces qui finiront par l'écraser. Il coulera dans un trou de glace dans la mer de Weddel, au large de la péninsule antarctique. 
SS Endurance : 350 tonnes, longueur 44m, largeur 7,6m, propulsé au charbon donnant 350cv et à la voile, permettant une vitesse 10,2 nœuds. Equipage 28 hommes.


The Endurance was the three-masted barquentine in which Sir Ernest Shackleton sailed for the Antarctic on the 1914 Imperial Trans-Antarctic Expedition. She was launched in 1912 from Sandefjord in Norway and was crushed by ice, causing her to sink, three years later in the Weddell Sea off Antarctica. Displacement: 350 tons Length: 144 ft (44 m) Beam: 25 ft (7.6 m)
Propulsion: 350 hp Coal fired steam and sail Speed: 10.2 knots Complement: 28

*Le traité sur l’Antarctique (parfois appelé le traité de l’Antarctique), signé le 1er décembre 1959 à Washington par l’Afrique du Sud, l’Argentine, l’Australie, la Belgique, le Chili, les États-Unis, la France, le Japon, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et l’URSS (repris par la Russie), est entré en vigueur le 23 juin 1961. Il réglemente les relations entre les États signataires dans les  territoires antarctiques, incluant les plates-formes glaciaires, situés au sud du 60 ° parallèle sud. Son objectif principal est de s’assurer que l’Antarctique continuera à être employé exclusivement à des fins pacifiques. Le traité fait provisoirement taire les revendications territoriales des signataires sur l'Antarctique.  


Carte des territoires revendiqués par les pays signataires, en jaune, ceux de l'Australie séparés par celui de la France.
A suivre le mercredi 19 juin 2013…

jeudi 16 mai 2013

Bâtiments de plongée scientifiques soviétiques par le timbre 2-2

Bâtiment de plongée Argus (Apryc). Collection Agence Adhémar.

Argus (Apryc), mis en service en 1975. Submersible de recherche océanographique et d'études géologiques et biologiques de 9,5 tonnes. 6m de long, 2,6m de large, hauteur 3,7m. Equipage de trois personnes. 
Submersibles habités Argus, profondeur de travail de 600m. Conçu et construit par OKB FROM. Il a été impliqué dans de nombreuses recherches en mer Noire et de nombreuses autres expéditions. il a aussi été utilisé dans les opérations de sauvetage sur l'épave du MV Admiral Nakhimov. Actuellement situé à l'Institut d'océanologie de l'Ossétie du Sud, Gelendzhik, Blue Bay.
Argus (Apryc), mis en service en 1976. 
Bâtiment de plongée Tinro 2 (ТИНРО-2). Collection Agence Adhémar.
Tinro 2 (ТИНРО-2), submersible pouvant descendre à 200m.

Tinro 2 (ТИНРО-2), 
Bâtiment de plongée Piesces (ПАЙСИС). Collection Agence Adhémar.
Piesces (ПАЙСИС). Bâtiment de plongée de recherche et de travaux scientifiques pouvant descendre trois personnes à 2000m. Submersibles habités Piesces-VII et Piesces-XI construits par l'entreprise canadienne Heiko en 1975 et 1976. Ont travaillé sur de nombreuses expéditions dans les océans et sur ​​le lac Baïkal. Actuellement situés à Kaliningrad.

Manned Underwater Vehicles "Pisces" (Pisces-VII & Pisces - XI), three-man submersibles, with operating depth up to 2000 m. (participation in trial, sea operation, modernization and upgrading and development scientific equipment).

Bâtiment de plongée Piesces (ПАЙСИС), cinquième du nom, à Hawaï en 2002.

mercredi 15 mai 2013

Bâtiments de plongée scientifiques soviétiques par le timbre 1-2

La poste soviétique a publié en 1990 une série de timbres présentant quelques bâtiments de plongée à usage scientifique.

Bâtiment de plongée Nord 2 (Cebep). Collection Agence Adhémar.
Nord 2 (Cebep-2), ainsi que Nord 1, est exploité par l'Institut soviétique des sciences halieutiques qui a développé une nouvelle façon d'explorer et d'exploiter l'océan. Le complexe, composé du submersible et du bateau de pêche Odyssey qui le transporte combine les propriétés de la recherche et des navires de pêche. Nord 2 repère les bancs de poissons et en fait une estimation, ce qui donne au bateau, équipé pour traiter sa pêche à bord, une plus grande efficacité dans le chalutage.
Si nécessaire, il peut être utilisé pour la recherche océanographique, géologique et archéologique ou encore la détection d'épaves. Armé par deux hommes dont un scientifique Nord 2 (Cebep-2) peut descendre à 2000m.
Nord 2 (Cebep-2) à bord de son navire porteur Odyssey.
Le bâtiment de plongée Mir 1 (МИР-1) a emmené le premier ministre russe Vladimir Poutine au fond du lac Baïkal en août 2009. Les deux Mir ont également plongé dans le lac Léman à l'été 2011. Collection Agence Adhémar.

Mir 1 (Monde 1, МИР-1) et Mir 1bathyscaphes d'exploration océanographique et scientifique construits en Finlande en 1987. 

Dans le cadre de l'année polaire internationale, les véhicules "historiques" de plongée Mir-1 et Mir-2 ont été utilisés au pôle Nord en août 2007 pour déterminer les limites du plateau continental arctique russe.
En descendant à 4261m, «La Russie a planté un drapeau sur le fond de l'océan Arctique."
"Russie, une grande puissance polaire." 
Suite demain… To be followed tomorrrow…

mardi 2 avril 2013

Le 2 avril 1513, le conquistador espagnol Juan Ponce de Léon aborde en Floride



Le 2 avril 1513, le conquistador espagnol Juan Ponce de Léon – compagnon du second voyage de Christophe Colomb – aborde un rivage encore inconnu au nord des Antilles. Il s'agit d'une presqu'île qu'il baptise Florida, sans doute parce que la découverte coïncide avec la Pascua Florida (Pâques fleurie) ou fête des Rameaux. Il est dit qu'il y cherchait la fontaine de jouvence
Il en prend possession au nom de l'Espagne, qui la cèdera en 1819, aux États-Unis.
Pour avoir posé le pied en Floride, Juan Ponce de Léon, qui fut précédemment gouverneur de l'île de Puerto Rico, est parfois considéré comme le premier Européen à avoir foulé le sol des futurs États-Unis...


Ponce de León avait équipé trois navires à ses propres frais pour cette expédition. La caravelle navire-amiral Santiago, la caraque Santa Maria de la Consolacion et le brigantin San Cristobal transportaient 200 de ses hommes bien que conçus pour 20, 15 et 38 passagers. Le brigantin, plus petit, permettait l'approche des côtes. 

Les caravelles de cette époque étaient de deux types. L'ancien style portait deux voiles triangulaires, forme adaptée des voiliers utilisés par les explorateurs musulmans. La caravelle nouvelle était gréé en voile carrée (caravela redonda des Portugais). Certains caravelles pouvaient monter les deux types de voile, parfois sur le même mât, voiles carrées au-dessus et triangulaires en dessous. Santiago et Santa Maria de la Consolacion appartenaient au nouveau style de voiles mixtes.
Une redonda caravela comme le Santiago pouvait aller jusqu'à 30 mètres de long et posséder trois ou quatre mâts et quelques canons. Ces caravelles n'avaient pas de gaillard d'avant et un château arrière plus court que celui de la Carraque. Ce qui en fit les premiers navires capables d'affronter les océans.


lundi 18 février 2013

L'aventure du Nautilus


« On sait que l'explorateur Hubert Wilkins se propose d'atteindre le le avec un sous-marin spécialement armé et agencé à cet effet qui a ru le nom symbolique de Nautilus. 
Soigneusement réparé, revisé et mis au point à Queenstown, le sous-marin a pris la mer pour couvrir la seconde étape de son voyage qui devait le conduire à l'extrémité septentrionale de la Norge, à Tromso. Après divers incidents qui retardèrent sa marche, le sous-marin arrivait le 9 août dans ce port. Il en repartait un peu plus tard et, non sans quelques nouveaux incidents, il atteignait le Spitzberg à Longyear le soir du 15 août 1931.»
Source : L'Illustration du 22 août 1931. Coll agence Adhémar

L'aventure du Nautilus


« On sait que l'explorateur Hubert Wilkins se propose d'atteindre le le avec un sous-marin spécialement armé et agencé à cet effet qui a ru le nom symbolique de Nautilus. 
Soigneusement réparé, revisé et mis au point à Queenstown, le sous-marin a pris la mer pour couvrir la seconde étape de son voyage qui devait le conduire à l'extrémité septentrionale de la Norge, à Tromso. Après divers incidents qui retardèrent sa marche, le sous-marin arrivait le 9 août dans ce port. Il en repartait un peu plus tard et, non sans quelques nouveaux incidents, il atteignait le Spitzberg à Longyear le soir du 15 août 1931.»
Source : L'Illustration du 22 août 1931. Coll agence Adhémar

dimanche 10 février 2013

Brève histoire d'Arkhangelsk

La ville portuaire d'Arkhangelsk est située sur la rive est de la mer Blanche, à l'embouchure de la Dvina septentrionale. Mille deux cent kilomètres la séparent de Moscou, une distance équivalente de Saint Petersbourg. Il semblerait que cette région ait été habitée dès le VIIIe siècle ce que semblerait attester la découverte (en 1989) d'un important trésor constitué de monnaies provenant de différentes régions d'Europe et datant du Xe siècle, faisant évoquer une activité commerciale locale dès cette époque. C'est au XIIe siècle que le monastère de l'archange St Michel est construit sur une île de l'estuaire du fleuve par des moines russes de Novgorod. La principale agglomération commerciale de la région se situe alors à une petite centaine de kilomètres du monastère, au confluent de la Dvina et de la rivière Pinega et porte le nom de Kholmogory. La région fut le siège de nombreux combats opposant Russes et habitants du nord de l'actuelle Norvège. Ce sont ces derniers qui, en 1419, ravagèrent le monastère lors d'un raid maritime en mer Blanche. En 1478, les Norvégiens sont boutés hors du territoire qui, pacifié, ne quittera plus la Russie.

Une région de commerce
Dès 1555, après l'arrivée en mer Blanche d'un bâtiment anglais (Edward Bonaventure sous les ordres du capitaine Sir Richard Chancellor) à la recherche, déjà, du passage du Nord-est, des liens commerciaux s'établirent, sous l’impulsion de l’empereur Ivan IV, dit le Terrible, entre Russes et Anglais. Rapidement, dans les années qui suivent, les Hollandais et les Écossais viennent également commercer en mer Blanche. Il est donc logique d'établir, comme le décide l'empereur en 1584, une nouvelle cité à l'embouchure même du fleuve, comme il est logique de lui donner le nom de Novo Kholmogory. Elle perdra ce nom en 1613 au profit de son nom actuel (en souvenir du monastère situé non loin de là).
C'est ici que Pierre le Grand découvre la mer en juillet 1693 et l'on sait la fascination qu'elle exercera sur lui. L'année suivante, il décide d'y implanter un chantier naval et d'y faire construire la flotte nécessaire à la grandeur de la Russie. Il y installe également l'amirauté russe. En effet, même si la situation géographique de la cité est loin d'être idéale pour la navigation commerciale (celle-ci n'y est possible que durant quelques mois d'été, la mer Blanche étant englacée le reste du temps), elle représente le principal débouché maritime de la Russie d'alors, la Suède contrôlant la navigation en Baltique. On y importe des tissus et du vin et en exporte du bois, des fourrures et des richesses naturelles. 

Les choses changent en 1704 après une victoire russe sur les forces suédoises. La Baltique s'ouvre à nouveau aux navires russes. C'est également à cette époque le début de la construction de Saint Petersbourg, fruit du désir de Pierre le Grand. En 1722, ce dernier décide de faire de « sa » ville le plus grand des ports russes et limite par décret le trafic d'Arkhangelsk aux seuls besoins de la ville. Les décennies suivantes verront d'autres conflits se dérouler entre ces deux protagonistes avec le même résultat et s'affermir la prédominance de la Russie en Baltique. Durant cette période, l'activité économique s'effondre à Arkhangelsk. C'est l'impératrice Catherine II, « la grande Catherine », qui rétablit l'équilibre entre les deux ports rivaux. En 1762, elle proclame un décret selon lequel Arkhangelsk peut commercer librement toutes les marchandises en appliquant des tarifs équivalent à ceux des autres ports. Le trafic reprend, la cité renaît et c'est toute la région qui profite de ce renouveau. Mais le commerce n'est pas la seule raison de cette expansion nouvelle. 
 
Port de départ de grandes explorations 
Les idées d'exploration arctique et de navigation tout le long des côtes arctiques de l'empire commencent à voir le jour dans les esprits scientifiques russes et l'impératrice Catherine II partage ces vues. En 1765, une expédition part d'Arkhangelsk. Préparée par le grand scientifique Lomonosov (originaire de la région), elle a pour but d'atteindre le Spitzberg et, peut-être, le pôle Nord. C'est Vassili Iakovlévitch Tchitchagov (1726-1809) qui commande la flotte composée de trois navires (Tchitchagov, Panov et Babayev). Bien qu'il eût atteint le Spitzberg, il ne put continuer, bloqué par les glaces et doit renoncer. Même si les résultats sont limités, l'impulsion est donnée.
C'est d'Arkhangelsk que part l'expédition menée entre 1821 et 1824 par Fyodor Litke (1797-1882) à destination de la Nouvelle Zemble. Un siècle plus tard, Otto Schmidt appareillera de ce port pour ses quatre importants voyages dans l’Arctique russe (cf notre article).
Port des convois
Arkhangelsk étant le seul port ouvert en Russie occidentale au cours de la Première Guerre Mondiale, il reçoit les convois d'aide alliée. 




Le développement des installations portuaires s'accélère ; de nouvelles zones portuaires sont créées, les liaisons ferroviaires réaménagées. Le volume des cargaisons transitant par Arkhangelsk atteint 2,8 millions de tonnes en 1916, un niveau jamais atteint auparavant. Mais la révolution arrive et la ville devient un bastion de la Russie Blanche qui ne tombera aux mains révolutionnaires qu'en janvier 1920. Conséquence logique : un nouvel effondrement du transit qui mettra plusieurs années avant de se rétablir, principalement grâce à l'exportation du bois. Arkhangelsk en effet assure près de 40 % des exportations de bois de la nation. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Arkhangelsk retrouve son rôle de port de destination des convois alliés qu'il partage avec Mourmansk. C'est une importante page de l'histoire du conflit qu'écrivent les équipages de ces navires qui apportent au peuple soviétique depuis les USA de quoi lutter contre les troupes hitlériennes (voir la liste des convois).
A l'issue de la guerre, plusieurs années s'écoulent avant que le port ne commence à être rénové. Cette rénovation est pourtant indispensable si l'on veut y pour suivre une activité (bon nombre d'installations avait été construites en bois pour servir temporairement) mais, dans l’économie soviétique planifiée d'alors, les délais sont longs. Néanmoins, le port s'adapte à la croissance de ses activités. Entre 1960 et 1990, le volume traité est passé de 2,8 millions de tonnes à 5,4 millions. Les produits forestiers représentent plus de la moitié du tonnage traité, suivent les céréales, les équipements industriels et les fournitures destinées à l'Arctique. Les chiffres de l'année 2012 montrent une augmentation de 20% (à 4,9 millions de tonnes pour les onze premiers mois) en un an. Il y aurait ainsi un retour aux chiffres de 1990 mais rappelons que le début de la décennie 90 avait vu une nette diminution des activités). Pour la même période, les statistiques du port de Mourmansk montrent une diminution de 10%.
Actuellement,
En ce début de millénaire, Arkhangelsk est une ville d'environ 400 000 habitants, industrielle (bois et produits dérivés, réparation navale et pêche comptent parmi ses principales ressources) et universitaire : la Northern (Arctic) Federal University (narfu.ru) qui regroupe de nombreuses unités d'enseignement et de recherche se place sous le patronage spirituel de Mikhaïl Lomonosov (1711-1765), scientifique pluridisciplinaire né dans la région et que Pouchkine qualifiait « d'université vivante ». 

Ses rivages d'une quarantaine de kilomètres s'étendent sur les deux rives du fleuve et plusieurs îles. Son port, Severodvinsk, grâce à l'activité des brise-glaces, est ouvert toute l'année. Mais la ville se veut également culturelle. Elle est en effet renommée pour son théâtre dramatique, son théâtre de marionnettes et son ensemble lyrique. Principalement construite en bois jusqu'au début du XXe siècle, elle ne compte que peu de monuments anciens. Mais une nouvelle activité semble devoir y naître. En effet, au mois de décembre 2012, le gouverneur Igor Orlov a annoncé son intention d'en faire également une ville touristique utilisant pour cela, entre autres, le tourisme maritime et fluvial.
Un épisode de la Révolution Russe : le sabordage du brise-glace  Svyatogor à Arkhangelsk (extrait du livre "Brise glaces européens")
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Dessiné par Makarov, il fut construit sous le nom de Svyatogoren 1917 à Newcastle-on-Tyne, Royaume Uni par le chantier Armstrong-Whitworth & C°. En 1918, au cours de la guerre civile, il fut sabordé par son équipage à Arkhangelsk pour tenter d’empêcher l’arrivée des forces anglaises puis renfloué per celles-ci et emmené en Angleterre. Après des négociations menées par L.B. Krasin, le navire retrouve l’URSS en 1921 et prendra le nom de celui-ci à sa mort en 1926. Il participa à de nombreuses opérations de sauvetage maritime parmi lesquelles il faut citer celles des membres de l’expédition d’Umberto Nobile à bord du dirigeable Italiaen 1928, imédiatement suivie de celle des passagers du paquebot Monte Cervantesle 25 juillet 1928. Le navire participa également à de nombreuses expéditions scientifiques, pénétrant des régions encore jamais atteintes par la voie maritime. Au cours de la WWII il est utilisé pour ouvrir la voie à de nombreux convois en Arctique. En 1941, lorsque les États Unis rencontrèrent un besoin urgent de brise-glaces, ils proposèrent son rachat à l'URSS. Le marché ne fut pas conclu mais le navire avait passé plusieurs semaines à quai à Bremerton (Washington) où il avait été inspecté par l'US Coast Guard. Celle-ci en tira de nombreux enseignements qu'elle mit à profit lors de la construction de la classe des Wind. Quelques années plus tard, ce seront des navires de cette classe qui seront prêtés à l'URSS par les États Unis… Modifié en Allemagne au cours des années 1950, il prend son allure définitive avant d’être retiré du service en 1976. Depuis 1999, il est musée flottant à Saint Petersbourg.
Krassin, à droite. En arrière, Moskwa et Saint Petersbourg, les deux derniers brise-glaces mis en service en Russie (projet 21900).

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