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samedi 27 avril 2024

Journée genevoise

Helvétie au quai du Mont Blanc à Genève

L'assemblée générale annuelle de l'Association des amis des bateaux à vapeur du Léman (ABVL) qui s'est tenue le 27 avril 2024 était l'occasion de se rendre à Genève et de faire un rapide inventaire des bateaux qui y étaient présents ce jour.

Commençons par le Grèbe, ancien bateau de la Compagnie générale de navigation (CGN), identique au Col Vert que nous avons déjà évoqué maintenant et qui porte les couleurs de Swissboat.



Sur la rive opposée, on retrouve un autre ancien de la CGN,  Genève, lui aussi déjà rencontré dans nos colonnes :


À l'issue de l'assemblée générale une croisière sur le petit lac est prévue à bord de Savoie de la flotte Belle Époque de la CGN








qui, après avoir franchi le jet d'eau et le phare des Pâquis





gagne Yvoire sur la rive française du lac :


où elle croise Valais, mis en service en 2008 :



avant de croiser Italie sur la route du retour



et Helvétie, désarmée sur la rive droite du Rhône.





jeudi 5 octobre 2023

Le bateau Genève, construit en 1896

Genève le 21 mai 2011 (Cliché par MHM55 - Wikimedia)

À une époque où se développait le tourisme européen, il était nécessaire de créer des loisirs pour attirer aristocrates et riches européens sur les bords des lacs suisses. C’est pourquoi, de 1896 à 1927, douze bateaux furent livrés à la Compagnie Générale de Navigation pour naviguer sur le lac Léman. Ils répondaient aux critères de luxe, de confort et de richesse décorative attendus par une clientèle exigeante. Trois disparurent mais huit d’entre eux, aujourd’hui rénovés ou préservés, inscrits comme monuments historiques, constituent la plus grande flotte de navires historiques de la Suisse. Le premier de cette série n’a pas eu cette chance mais est encore visible à Genève, ville dont il porte le nom. Lancé en 1896, Genève est le plus vieux bateau à aubes encore à flot sur le Léman.

Commandé à la firme Sulzer de Winterthur (qui reçoit ainsi sa première commande pour le Léman), il doit être à la fois une réussite technique et esthétique. Les éléments de la coque sont construits à Winterthour, transportés pas train jusqu’au chantier de la compagnie à Ouchy. Les courses d’essai se déroulent au mois de mai 1896. Le pari est gagné : le nouveau venu est un grand bateau rapide (27 km/h), confortable et spacieux, aux lignes fines. Il est inauguré le 28 mai 1896 soit moins d’un mois après l’ouverture de l’exposition nationale qui se tiendra à Genève jusqu’en octobre.

Le 10 septembre 1898, à Genève en début d’après-midi, Elisabeth de Wittelsbach, Impératrice d’Autriche et Reine de Hongrie, plus connue sous le diminutif de Sissi, s’apprête à embarquer sur le bateau pour regagner son hôtel à Caux, au dessus de Vevey, lorsqu’elle est agressée par Luigi Lucheni, un anarchiste italien qui, à l'aide d'une fine lame si fine que le coup passe dans un premier temps inaperçu, la blesse au thorax, provoquant une plaie du coeur. Néanmoins parvenue à monter à bord, elle y perdra définitivement connaissance avant que le bateau fasse demi-tour et qu’elle soit ramenée à l’hôtel Beau Rivage où elle a séjourné la nuit précédente et où elle décédera rapidement à l’âge de soixante ans.



Un autre événement marquant la vie du bateau se déroule le dimanche 13 mai 1928. À 14 heures les deux bateaux de la CGN Rhône et Genève se présentent simultanément devant le port de Pully. En effet, le bateau Genève, venant de Lutry, a une dizaine de minutes de retard sur l’horaire en raison du débarquement anormalement long d’un grand nombre de passagers à l’escale précédente. Le Rhône venant dans la direction opposée est, selon la règle de la compagnie, prioritaire pour accoster. À la suite d’une mauvaise compréhension des signaux sonores échangés, les deux bateaux mirent en marche arrière mais les manoeuvres ne suffirent pas à éviter l’accident. Le grand mât avant du Rhône s’affaissa sur une passagère qui décédera quelques heures plus tard à l’hôpital de Lausanne. Deux autres personnes furent également contusionnées par la chute du mât. Les deux capitaines (M. Rauch du Rhône et Tauxe du Genève) furent condamnés à trois jours d’emprisonnement et à des peines financières.

Le bateau connaîtra plusieurs rénovations techniques ou de ses emménagements mais il faut citer celle qui en 1934 remplace ses chaudières par un moteur diesel électrique afin de rendre la navigation moins coûteuse. C’est une première qui sera répétée par la suite sur d’autres bateaux de la flotte CGN. À partir de 1970, le bateau sert de réserve en cas d’impossibilité pour un autre bâtiment de la flotte de naviguer et navigue jusqu’en 1971. En 1973, le Chablais est mis en service et Genève définitivement désarmé, sa réfection éventuelle n’étant pas économiquement justifiée.

Il occupera d’abord une place au débarcadère du Petit Pâquis puis deux ans plus tard au ponton de la Mouche, du côté des Eaux-Vives, sur le quai Gustave-Ador où il se trouve encore aujourd’hui. Il a été acquis en 1974 par l’Association pour le bateau Genève. À la tête de celle-ci deux pasteurs, Jean-Gabriel Favre et Alain Barde. Sa mission : la réinsertion et l’accueil matinal quotidien et la distribution de repas à de jeunes migrants ou des personnes à la rue, des personnages âgées aussi, ou fragiles. Ce sont ces passagers comme on dit ici qui participent à l’entretien du bateau. Mais le bateau est aussi ouvert à la location pour des événements privés.



mardi 13 avril 2010

Bateau à roues à aubes Major-Davel (1892) dans le port de Genève

Un bateau à roues à aubes (paddle steamer) est un bateau à vapeur à fond plat et à faible tirant

Vapeur à roues à aubes de la CGN Major-Davel (1892) sortant du port de Genève (collection agence Adhémar)

"Progressivement, les services de navigation vont devoir composer avec l'avènement des chemins de fer et l'afflux important des touristes dans toute la région lémanique. La flotte de la CGN devra donc chercher sans cesse à s'agrandir en assurant le meilleur confort aux voyageurs et une desserte irréprochable. La CGN passera plusieurs commandes à Escher, Wyss & Cie de Zurich : tout d'abord un bateau-salon aux emménagements luxueux et de dimensions alors inégalées, Mont-Blanc II (1875), puis plusieurs petites unités pour les services de cabotage ainsi qu'un deuxième bateau à deux ponts muni de l'éclairage électrique, France (1886), enfin un demi-salon rapide, Major-Davel (1892)" Voir historique de la Compagnie Générale de Navigation sur le lac Léman (CGN). Major-Davel sera vendu en 1969 puis après de nombreuses péripéties qui ne parvinrent pas à le sauver, détruit en 1990.

Major Davel was the last Geneva steamer to be built by Escher Weiss of Zurich, being delivered in 1892. She pleased her owners with her speed of 25 km/hr combined with good fuel economy. Major Davel was the last half-saloon steamer built for the lake. In 1926 she received major revisions to her half-saloon, and a smoking saloon was added in front of the bridge. She was out of use during the Second War, returning to service in 1947. In the early 1960s, she operated in the Haut-Lac. It was decided in 1966 that she would be withdrawn, but ran a 75 Years anniversary cruise in 1967. Her navigation licence expired in February 1968. However, in 1969, Major Davel was sold for use as a club house in Port-Ripaille, where she was moved in 1970, stripped of her engines. The project fell through, and Major Davel was moved to Thonon, where she suffered badly due to vandalism. The town of Thonon became owners in 1975. Her condition deteriorated over the years, but attempts were made to save her in the late 1980s. An application to have her classed as an ancient monument (as happened to the funicular in nearby Evian) was lodged with the Ministry of Culture, and Major Davel was moved to the CGN yard in Ouchy in October 1989 to await a response. Unfortunately this was negative, so the last surviving half-saloon Geneva steamer was taken to Bouveret for demolition in 1990.

Bateau à roues à aubes Major-Davel (1892) dans le port de Genève

Un bateau à roues à aubes (paddle steamer) est un bateau à vapeur à fond plat et à faible tirant

Vapeur à roues à aubes de la CGN Major-Davel (1892) sortant du port de Genève (collection agence Adhémar)

"Progressivement, les services de navigation vont devoir composer avec l'avènement des chemins de fer et l'afflux important des touristes dans toute la région lémanique. La flotte de la CGN devra donc chercher sans cesse à s'agrandir en assurant le meilleur confort aux voyageurs et une desserte irréprochable. La CGN passera plusieurs commandes à Escher, Wyss & Cie de Zurich : tout d'abord un bateau-salon aux emménagements luxueux et de dimensions alors inégalées, Mont-Blanc II (1875), puis plusieurs petites unités pour les services de cabotage ainsi qu'un deuxième bateau à deux ponts muni de l'éclairage électrique, France (1886), enfin un demi-salon rapide, Major-Davel (1892)" Voir historique de la Compagnie Générale de Navigation sur le lac Léman (CGN). Major-Davel sera vendu en 1969 puis après de nombreuses péripéties qui ne parvinrent pas à le sauver, détruit en 1990.

Major Davel was the last Geneva steamer to be built by Escher Weiss of Zurich, being delivered in 1892. She pleased her owners with her speed of 25 km/hr combined with good fuel economy. Major Davel was the last half-saloon steamer built for the lake. In 1926 she received major revisions to her half-saloon, and a smoking saloon was added in front of the bridge. She was out of use during the Second War, returning to service in 1947. In the early 1960s, she operated in the Haut-Lac. It was decided in 1966 that she would be withdrawn, but ran a 75 Years anniversary cruise in 1967. Her navigation licence expired in February 1968. However, in 1969, Major Davel was sold for use as a club house in Port-Ripaille, where she was moved in 1970, stripped of her engines. The project fell through, and Major Davel was moved to Thonon, where she suffered badly due to vandalism. The town of Thonon became owners in 1975. Her condition deteriorated over the years, but attempts were made to save her in the late 1980s. An application to have her classed as an ancient monument (as happened to the funicular in nearby Evian) was lodged with the Ministry of Culture, and Major Davel was moved to the CGN yard in Ouchy in October 1989 to await a response. Unfortunately this was negative, so the last surviving half-saloon Geneva steamer was taken to Bouveret for demolition in 1990.