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vendredi 31 janvier 2014

En route pour le Golfe, le navire de recherche océanographique Fugro Helmer fait escale à Brest

Arrivé cette semaine à Brest en provenance d'Amsterdam, le navire de recherche océanographique Fugro Helmer de la société néerlandaise Fugro est venu s'amarrer au quai du 5e bassin. 
Fondée en 1962 en Hollande, la Funderingstechniek et Grondmechanica ou Fugro fournit le personnel, l'équipement, l'expertise et la technologie pour soutenir l'exploration, le développement, la production et le transport des ressources naturelles de la planète.
Plus sur ce nouveau bâtiment sur le blog La gazette de Bigbull, cliquez ici.

mercredi 26 septembre 2012

HMS Hecla, dans les coulisses des Falklands

Nous avons entamé une série d'articles sur les navires de soutien à l'armada britannique réunie par Madame Thatcher pour la (re)conquête des îles Malouines (Falklands, Malvinas). Nous appuyant sur les cartes postales de la série "Falklands Collection" qui «commémorait le premier anniversaire de la reconquête des îles occupées par les Argentins, le 14 juin 1983.» (The Falklands collection, to commemorate the first anniversary of the recapture of the Falklands Islands from the Argentines, June 14, 1983), nous avons présenté deux RFA (Royal Fleet Auxiliary) mais avant de continuer dans cette voie dans les coulisses des Falklands, arrêtons-nous sur le cas singulier du navire océanographique HMS Hecla.

Le navire océanographique Hecla transformé à Gibraltar en navire-ambulance pour servir dans la Guerre des Malouines. (coll agence Adhémar)
HMS Hecla (A133), mis en service en 1964, premier de la classe qui porte son nom de navires océanographiques de la Royal Navy est aussi le septième à porter ce nom dans la Marine royale. Hecla est le nom d'un volcan islandais qui, d'après le folklore, serait l'entrée du purgatoire. 
Long de 79m et large de 15,4m, ce navire de 2800t en pleine charge peut atteindre 14 nœuds grâce à ses trois moteurs diésels Paxman Ventura V-12. Il a une autonomie de 22000km à la vitesse de croisière de 11 nœuds. Son équipage comprend 121 membres et il emporte un hélicoptère léger Westland Wasp.
Sa construction, et celle de ses sister-ships Hecate et Hydra a été lancée au milieu des années 1960. Le quatrième de la série, HMS Herald, le sera, au début des années 1970. Il servira trente ans avant d'être remplacé par le HMS Scott en 1997. Hecla est alors vendu à une compagnie privée et renommé Bligh en tant que navire hydrographique dans les eaux irlandaises, basé à Waterford.  
Pour ce qui nous intéresse ici, HMHecla, après des réaménagements réalisés à Gibraltar, servira de navire-ambulance pendant tout le conflit des Malouines où il arrivera en avril 1982. Il allait de zone de combat en zone de combat récupérer les blessés des deux camps pour les convoyer, après traitement initial, vers le navire-hôpital principal SS Uganda (voir ce blog). Hecla effectuera trois voyages vers Montevideo (Uruguay) pour y déposer des blessés (178 au total) qui seront ensuite renvoyés dans leurs pays respectifs. Il regagnera Plymouth le 29 juillet 1982

jeudi 28 avril 2011

Polarstern et les cent ans de la recherche antarctique allemande

Nous avons déjà sur ce blog évoqué Polarstern, la star des navires de recherche polaire. En 2001, la poste allemande éditait un timbre commémoratif des cent ans de la recherche antarctique allemande. Bien entendu, c'est notre vedette qui figurait dessus.

Navire d'exploration polaire Polarstern. (coll agence Adhémar)
Sur la carte premier jour apparaissait un dessin au trait du navire d'exploration polaire, preuve supplémentaire si nécessaire que dans notre domaine, un dessin vaut toutes les photos!

Polarstern et les cent ans de la recherche antarctique allemande

Nous avons déjà sur ce blog évoqué Polarstern, la star des navires de recherche polaire. En 2001, la poste allemande éditait un timbre commémoratif des cent ans de la recherche antarctique allemande. Bien entendu, c'est notre vedette qui figurait dessus.

Navire d'exploration polaire Polarstern. (coll agence Adhémar)
Sur la carte premier jour apparaissait un dessin au trait du navire d'exploration polaire, preuve supplémentaire si nécessaire que dans notre domaine, un dessin vaut toutes les photos!

lundi 28 mars 2011

Polarstern, l'étoile de la recherche scientifique polaire


Navire océanographique et brise-glace Polarstern (1982)

Pour repérer la position actuelle de Polarstern, cliquez ici
Polarstern ("Etoile polaire"), navire de recherche et brise-glace allemand de l'Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine de Bremerhaven (dépendant du ministère de l'Education et de la Recherche). Il a été conçu pour les recherches dans des conditions polaires extrêmes et son équipement est l'un des plus sophistiqués au monde. Il est géré par la compagnie de navigation LaeiszDepuis 1982, Polarstern est principalement utilisé pour des recherches en Arctique et Antarctique où il a accompli plus de cinquante missions. Il est en mer environ 310 jours par an, de novembre à mars généralement en Antarctique, en hiver septentrional, il est en Arctique.
D'une longueur de 118 m, il a été construit à Kiel et Rendsburg.
Le Polarstern est un brise-glace double coque. Il peut être opérationnel jusqu'à une température extérieure de -50 °C et peut briser une banquise de 1,5 mètre d'épaisseur à une vitesse de 5 nœuds. De la glace plus épaisse doit être cassée par damage.

Polarstern est équipé d'un matériel pour les recherches biologiques, géologiques, géophysique, glaciologiques, océanographiques et météorologiques réparti dans neuf laboratoires spécialisés auxquels peuvent être ajoutés des équipements en conteneurs. Des chambres réfrigérées et des aquariums permettent la conservation des prélèvements. Certains équipements de sondage peuvent descendre à 10000 mètres et percer le fond jusqu'à 150 mètres. Tout ce matériel s'appuie sur une batterie de matériels électroniques très performants.




Navire océanographique et brise-glace Polarstern 
Quille posée le 22 février 1981 Lancement en décembre 1982
Caractéristiques techniques: Longueur 117,91 m - Maître-bau 25,07 m - Tirant d'eau 11,21 m - Déplacement 17300t - Propulsion 4 moteurs, 14000 kW (20000 cv) - Vitesse 15,5 nœuds - Équipage de 44 personnes (50 scientifiques et techniciens peuvent y prendre place en plus) Port d'attache: Bremerhaven.



Since the ship was first commissioned in 1982, Polarstern has completed a total of more than fifty expeditions to the Arctic and Antarctic. It was specially designed for working in the polar seas and is currently the most sophisticated polar research vessel in the world. Polarstern is possession of the Federal Republic of Germany, represented by the Ministry of Education and Research, operated by the Alfred Wegener Institute for Polar and Marine Research in the Helmholtz Association, and managed by the shipping company Laeisz. The Polarstern spends almost 310 days a year at sea. Between November and March it usually sails to and around the waters of the Antarctic, while the northern summer months are spent in Arctic waters.
The ship is equipped for biological, geological, geophysical, glaciological, chemical, oceanographic and meteorological research, and contains nine research laboratories. Additional laboratory containers may be stowed on and below deck. Refrigerated rooms and aquaria permit the transport of samples and living marine fauna.
Research equipment and measuring instruments are positioned with the help of cranes and winches, sometimes at extreme depths. Special sounding devices with depth ranges up to 10,000 metres and which can penetrate up to 150 metres into the sea floor are available for scientific investigations. The computer system on board continuously captures and stores meteorological, oceanographic and other data as required.

The ship has a crew of at most 44, and offers work facilities for a further 50 scientists and techniciens.



Constructed Howaldtswerke/ Deutsche Werft, KielWerft Nobiskrug, Rendsburg Icebreaker Design Hamburgische Schiffbau-Versuchsanstalt
Overall Length 118 m Maximum Beam max. 25 m Height to Main Deck 13.6 m Draught max. 11.2 m Maximum displacement 17,300 t Light Weight 11,820 t Engine Power (4 engines) approx. 14,000 kW (20,000 bhp) Maximum speed 16 kn


Pour les marcophiles, cette belle série de flammes postées de l'Antarctique.





Polarstern, l'étoile de la recherche scientifique polaire


Navire océanographique et brise-glace Polarstern (1982)

Pour repérer la position actuelle de Polarstern, cliquez ici
Polarstern ("Etoile polaire"), navire de recherche et brise-glace allemand de l'Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine de Bremerhaven (dépendant du ministère de l'Education et de la Recherche). Il a été conçu pour les recherches dans des conditions polaires extrêmes et son équipement est l'un des plus sophistiqués au monde. Il est géré par la compagnie de navigation LaeiszDepuis 1982, Polarstern est principalement utilisé pour des recherches en Arctique et Antarctique où il a accompli plus de cinquante missions. Il est en mer environ 310 jours par an, de novembre à mars généralement en Antarctique, en hiver septentrional, il est en Arctique.
D'une longueur de 118 m, il a été construit à Kiel et Rendsburg.
Le Polarstern est un brise-glace double coque. Il peut être opérationnel jusqu'à une température extérieure de -50 °C et peut briser une banquise de 1,5 mètre d'épaisseur à une vitesse de 5 nœuds. De la glace plus épaisse doit être cassée par damage.

Polarstern est équipé d'un matériel pour les recherches biologiques, géologiques, géophysique, glaciologiques, océanographiques et météorologiques réparti dans neuf laboratoires spécialisés auxquels peuvent être ajoutés des équipements en conteneurs. Des chambres réfrigérées et des aquariums permettent la conservation des prélèvements. Certains équipements de sondage peuvent descendre à 10000 mètres et percer le fond jusqu'à 150 mètres. Tout ce matériel s'appuie sur une batterie de matériels électroniques très performants.




Navire océanographique et brise-glace Polarstern 
Quille posée le 22 février 1981 Lancement en décembre 1982
Caractéristiques techniques: Longueur 117,91 m - Maître-bau 25,07 m - Tirant d'eau 11,21 m - Déplacement 17300t - Propulsion 4 moteurs, 14000 kW (20000 cv) - Vitesse 15,5 nœuds - Équipage de 44 personnes (50 scientifiques et techniciens peuvent y prendre place en plus) Port d'attache: Bremerhaven.



Since the ship was first commissioned in 1982, Polarstern has completed a total of more than fifty expeditions to the Arctic and Antarctic. It was specially designed for working in the polar seas and is currently the most sophisticated polar research vessel in the world. Polarstern is possession of the Federal Republic of Germany, represented by the Ministry of Education and Research, operated by the Alfred Wegener Institute for Polar and Marine Research in the Helmholtz Association, and managed by the shipping company Laeisz. The Polarstern spends almost 310 days a year at sea. Between November and March it usually sails to and around the waters of the Antarctic, while the northern summer months are spent in Arctic waters.
The ship is equipped for biological, geological, geophysical, glaciological, chemical, oceanographic and meteorological research, and contains nine research laboratories. Additional laboratory containers may be stowed on and below deck. Refrigerated rooms and aquaria permit the transport of samples and living marine fauna.
Research equipment and measuring instruments are positioned with the help of cranes and winches, sometimes at extreme depths. Special sounding devices with depth ranges up to 10,000 metres and which can penetrate up to 150 metres into the sea floor are available for scientific investigations. The computer system on board continuously captures and stores meteorological, oceanographic and other data as required.

The ship has a crew of at most 44, and offers work facilities for a further 50 scientists and techniciens.



Constructed Howaldtswerke/ Deutsche Werft, KielWerft Nobiskrug, Rendsburg Icebreaker Design Hamburgische Schiffbau-Versuchsanstalt
Overall Length 118 m Maximum Beam max. 25 m Height to Main Deck 13.6 m Draught max. 11.2 m Maximum displacement 17,300 t Light Weight 11,820 t Engine Power (4 engines) approx. 14,000 kW (20,000 bhp) Maximum speed 16 kn


Pour les marcophiles, cette belle série de flammes postées de l'Antarctique.





mardi 21 décembre 2010

Aviso et dépanneur d'hydravions Marcel le Bihan, ex-Greif allemand

Le dépanneur d'hydravions Greif futur Marcel le Bihan. La grue vient de déposer un hydravion sur la plage arrière. On aperçoit les défenses pour protéger les flotteurs lors de la manœuvre.

Le Marcel le Bihan en 1956 alors utilisé comme aviso, la flèche de la grue repose sur le spardeck.

Le Marcel le Bihan en 1962, remorquant le Bathyscaphe Archimède.

Le Gustave Zede ex-Marcel le Bihan après refonte en 1978, la grue a été remplacée par un portique à l'arrière pour soulever la soucoupe plongeante que l'on aperçoit au premier plan.

Navire aux multiples vies, Marcel le Bihan a été construit comme ravitailleur d'hydravions allemands sous le nom de Greif. Mis sur cale en 1935 au chantier Lubecker Fleudewerke à Lubeck, il a été lancé en 1936 et mis en service en août 1937.
Entre 1934 et 1941, l'Allemagne a fait construire 12 ravitailleurs d'hydravions. Ils se distinguaient par leur silhouette particulière: une passerelle et une cheminée reportées sur l'avant, un canon de 105mm à l'avant et près de la moitié de la longueur du navire occupée par une longue plage arrière plate et dégagée sur laquelle une grue imposante se déplaçait sur des rails afin de sortir l'hydravion de l'eau et de le déposer sur cette plage arrière ou sur le spardeck derrière la cheminée.
Après la guerre, en 1946-1948, nous recevrons trois ravitailleurs d'hydravions allemands (Greif, Max Stinsky et Immelman) qui prendront respectivement les noms de Marcel le Bihan, Paul Goffeny et  Commandant Robert Giraud. Ces deux derniers, entrés en service en Allemagne en 1941, étaient un peu plus grand (1000 tonnes) et plus rapides (20,5 nœuds) que le Greif mais ce dernier se distinguait par son mode de propulsion.

 Un propulseur Voith-Schneider, le Marcel le Bihan en avait deux semblables pour sa propulsion.
Propulseur Voith-Schneider ou cycloïdal
Le Greif, à la fois le plus ancien et celui qui aura la carrière la plus longue, avait en effet la particularité de posséder deux propulseurs Voith-Schneider.
Le propulseur Voith-Schneider ou cycloïdal, inventé en 1897, mais développé en 1926 par Ernst Schneider, est constitué par un plateau tournant situé sous la coque sur lequel se meuvent des pales verticales orientables, la direction de la poussée dépend de l'orientation des pales, il remplace donc à la fois les hélices et le gouvernail, il est pour la première fois installé sur un navire de guerre de cette importance, il est utilisé principalement sur les remorqueurs, il a la particularité de permettre les déplacements du navire dans tous les sens, même en crabe sur le coté, ou de tourner sur place, d'où une très grande manœuvrabilité.

Caractéristiques du Greif: déplacement: 800 tonnes - 1 000 tonnes en pleine charges - Longueur 72 mètres - largeur 10,60 mètres - tirant d'eau 3,20 mètres. 2 diesels MAN de 4 400 cv entraînent les deux propulseurs Voith-Schneider - rayon d'action 2000 miles à 13 nœuds; vitesse 16 nœuds - Equipage: 41 hommes - Armement:1 canon de 105mm, 2 x 40 mm, 4 x 20mm - Une grue roulante articulée de 13 tonnes

Le Greif entre en service en août 1937 comme dépanneur et ravitailleur rapide de l'aéronautique allemande, il dispose d'un voile d'amerrissage à l'arrière. D'août 1937 à mars 1939, il est affecté à la base aéronavale de Travemunde. Il effectue le soutien logistique des hydravions de la ligne d'Amérique du Sud.
A partir de juillet 1942 il rejoint les forces aéronavales à Gdynia. En août 1944 avec les Boelcke, Hans Albrecht Wedel et Gunther Plunchow, autres ravitailleurs d'hydravions, il fait partie du groupe 81 de Swinemunde. Il participera ensuite à l'évacuation de la Prusse Orientale, emmenant 2 000 passagers par voyage.
Saisi par les Américains le 22 décembre 1945 à Wilhelmshaven, remis en état au chantier Lubeck Flender Werft, il est transféré sous pavillon français par les Etats Unis en octobre 1947 à Cherbourg et armé en août 1948 comme aviso. Il prend alors le nom de Marcel le Bihan.
Après un carénage à Lorient en 1950, il est envoyé en Indochine. De 1950 à 1952, il fait campagne en Extrême Orient. Il est utilisé pour transporter des commandos, effectuer des réparations d'hydravions et comme navire de commandement d'opérations amphibies. Il quitte Saigon le 29 octobre 1952 pour Toulon,  à son retour il est placé en réserve.
Du 6 novembre au 16 décembre 1956, le Marcel le Bihan participe à l'expédition de Suez au sein de la force d'intervention.
Il est reclassé gabare en novembre 1959, son armement est débarqué (le canon de 105 mm l'avait été, semble-t-il, dés le retour d'Indochine). Il est affecté au GERS.
En juillet 1961, il est affecté au groupe des bathyscaphes, sa manoeuvrabilité constituant un avantage certain pour cette mission; il sert de bâtiment base au bathyscaphe Archimède qui plonge dans la fosse des Kouriles au Japon en 1962/1963; en 1964 dans celle de Porto Rico; en 1965 au Cap Matapan en Grèce; en 1966 à Madère; il effectue une campagne de plongée à Ponta Delgada (île Sao Miguel)du 17 juin au 6 septembre 1969; participe aux recherches des sous marins Minerve perdu le 27 janvier 1968, et Eurydice perdu le 4 mars 1970.
En 1969 les moteurs MAN d'origine du Marcel le Bihan sont remplacés par des moteurs GMC américains de 1700 cv chacun.
Il est affecté au Gismer en 1975. Rebaptisé Gustave Zédé en 1978, il est affecté aux missions de récupérations au profit du centre d'essais des Landes, et est support du sous-marin d'exploration Shelf Diver. De 1979 à 1981, il subit une refonte pour accueillir le sous-marin d'exploration Licorne, la grue est débarquée et replacée par un portique articulé à l'arrière.
Il est condamné le 8 septembre 1986 à Lorient et finira coulé le 22 juin 1990 en remorque de l'Ailette en Méditerranée.

Alain (photos collection Alain V)

Aviso et dépanneur d'hydravions Marcel le Bihan, ex-Greif allemand

Le dépanneur d'hydravions Greif futur Marcel le Bihan. La grue vient de déposer un hydravion sur la plage arrière. On aperçoit les défenses pour protéger les flotteurs lors de la manœuvre.

Le Marcel le Bihan en 1956 alors utilisé comme aviso, la flèche de la grue repose sur le spardeck.

Le Marcel le Bihan en 1962, remorquant le Bathyscaphe Archimède.

Le Gustave Zede ex-Marcel le Bihan après refonte en 1978, la grue a été remplacée par un portique à l'arrière pour soulever la soucoupe plongeante que l'on aperçoit au premier plan.

Navire aux multiples vies, Marcel le Bihan a été construit comme ravitailleur d'hydravions allemands sous le nom de Greif. Mis sur cale en 1935 au chantier Lubecker Fleudewerke à Lubeck, il a été lancé en 1936 et mis en service en août 1937.
Entre 1934 et 1941, l'Allemagne a fait construire 12 ravitailleurs d'hydravions. Ils se distinguaient par leur silhouette particulière: une passerelle et une cheminée reportées sur l'avant, un canon de 105mm à l'avant et près de la moitié de la longueur du navire occupée par une longue plage arrière plate et dégagée sur laquelle une grue imposante se déplaçait sur des rails afin de sortir l'hydravion de l'eau et de le déposer sur cette plage arrière ou sur le spardeck derrière la cheminée.
Après la guerre, en 1946-1948, nous recevrons trois ravitailleurs d'hydravions allemands (Greif, Max Stinsky et Immelman) qui prendront respectivement les noms de Marcel le Bihan, Paul Goffeny et  Commandant Robert Giraud. Ces deux derniers, entrés en service en Allemagne en 1941, étaient un peu plus grand (1000 tonnes) et plus rapides (20,5 nœuds) que le Greif mais ce dernier se distinguait par son mode de propulsion.

 Un propulseur Voith-Schneider, le Marcel le Bihan en avait deux semblables pour sa propulsion.
Propulseur Voith-Schneider ou cycloïdal
Le Greif, à la fois le plus ancien et celui qui aura la carrière la plus longue, avait en effet la particularité de posséder deux propulseurs Voith-Schneider.
Le propulseur Voith-Schneider ou cycloïdal, inventé en 1897, mais développé en 1926 par Ernst Schneider, est constitué par un plateau tournant situé sous la coque sur lequel se meuvent des pales verticales orientables, la direction de la poussée dépend de l'orientation des pales, il remplace donc à la fois les hélices et le gouvernail, il est pour la première fois installé sur un navire de guerre de cette importance, il est utilisé principalement sur les remorqueurs, il a la particularité de permettre les déplacements du navire dans tous les sens, même en crabe sur le coté, ou de tourner sur place, d'où une très grande manœuvrabilité.

Caractéristiques du Greif: déplacement: 800 tonnes - 1 000 tonnes en pleine charges - Longueur 72 mètres - largeur 10,60 mètres - tirant d'eau 3,20 mètres. 2 diesels MAN de 4 400 cv entraînent les deux propulseurs Voith-Schneider - rayon d'action 2000 miles à 13 nœuds; vitesse 16 nœuds - Equipage: 41 hommes - Armement:1 canon de 105mm, 2 x 40 mm, 4 x 20mm - Une grue roulante articulée de 13 tonnes

Le Greif entre en service en août 1937 comme dépanneur et ravitailleur rapide de l'aéronautique allemande, il dispose d'un voile d'amerrissage à l'arrière. D'août 1937 à mars 1939, il est affecté à la base aéronavale de Travemunde. Il effectue le soutien logistique des hydravions de la ligne d'Amérique du Sud.
A partir de juillet 1942 il rejoint les forces aéronavales à Gdynia. En août 1944 avec les Boelcke, Hans Albrecht Wedel et Gunther Plunchow, autres ravitailleurs d'hydravions, il fait partie du groupe 81 de Swinemunde. Il participera ensuite à l'évacuation de la Prusse Orientale, emmenant 2 000 passagers par voyage.
Saisi par les Américains le 22 décembre 1945 à Wilhelmshaven, remis en état au chantier Lubeck Flender Werft, il est transféré sous pavillon français par les Etats Unis en octobre 1947 à Cherbourg et armé en août 1948 comme aviso. Il prend alors le nom de Marcel le Bihan.
Après un carénage à Lorient en 1950, il est envoyé en Indochine. De 1950 à 1952, il fait campagne en Extrême Orient. Il est utilisé pour transporter des commandos, effectuer des réparations d'hydravions et comme navire de commandement d'opérations amphibies. Il quitte Saigon le 29 octobre 1952 pour Toulon,  à son retour il est placé en réserve.
Du 6 novembre au 16 décembre 1956, le Marcel le Bihan participe à l'expédition de Suez au sein de la force d'intervention.
Il est reclassé gabare en novembre 1959, son armement est débarqué (le canon de 105 mm l'avait été, semble-t-il, dés le retour d'Indochine). Il est affecté au GERS.
En juillet 1961, il est affecté au groupe des bathyscaphes, sa manoeuvrabilité constituant un avantage certain pour cette mission; il sert de bâtiment base au bathyscaphe Archimède qui plonge dans la fosse des Kouriles au Japon en 1962/1963; en 1964 dans celle de Porto Rico; en 1965 au Cap Matapan en Grèce; en 1966 à Madère; il effectue une campagne de plongée à Ponta Delgada (île Sao Miguel)du 17 juin au 6 septembre 1969; participe aux recherches des sous marins Minerve perdu le 27 janvier 1968, et Eurydice perdu le 4 mars 1970.
En 1969 les moteurs MAN d'origine du Marcel le Bihan sont remplacés par des moteurs GMC américains de 1700 cv chacun.
Il est affecté au Gismer en 1975. Rebaptisé Gustave Zédé en 1978, il est affecté aux missions de récupérations au profit du centre d'essais des Landes, et est support du sous-marin d'exploration Shelf Diver. De 1979 à 1981, il subit une refonte pour accueillir le sous-marin d'exploration Licorne, la grue est débarquée et replacée par un portique articulé à l'arrière.
Il est condamné le 8 septembre 1986 à Lorient et finira coulé le 22 juin 1990 en remorque de l'Ailette en Méditerranée.

Alain (photos collection Alain V)