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jeudi 11 septembre 2025

Le navire océanographique Président Théodore-Tissier (1938-1947)

Premier navire océanographique français, Président Théodore-Tissier (de l'Institut scientifique et technique des pêches maritimes) et sa tourelle de plongée individuelle allant jusqu'à 800 mètres de profondeur. (Clichés Anita Conti)
Lancé en 1933 comme bâtiment océanographique pour la Marine marchande (chantiers Worms au Trait) le Président Théodore-Tissier est transféré à la Marine Nationale en 1938. De 1940 à 1947, il sera utilisé comme annexe de l'école navale. Durant cette période, il participa notamment à la tentative d'évacuation des forces alliées encerclées du 11 au 13 juin 1940 à Saint Valéry en Caux. Le 3 juillet, il est saisi par la Royal Navy et est réarmé en FNFL (Forces navales de la France libre).
Le 21 juin 1947, il est cédé au Service des pêches maritimes.
Dimensions : 50 x 8,75 x 4,80 m Tonnage : 965 tW Moteur Diesel Une hélice Puissance : 800 CV Vitesse : 11 noeuds
(source Amhydro)

mercredi 10 octobre 2012

Les voyages arctiques d'Otto Schmidt

 
Le plus important explorateur de l'Arctique soviétique du début du XXe siècle fut sans conteste Otto Yulyevich Schmidt. Né le 30 septembre 1891 à Mogilev, en Russie (maintenant Biélorussie), il étudia brillamment àMogilev, Odessa et enfin à l'université » de physique et de mathématiques de Kiev. Il s'y fit remarquer par ses premières publications en mathématiques en 1912. Diplômé en 1916, il est l'un des spécialistes de la « théorie des groupes » et se destine à l'enseignement mais la guerre et la révolution contrarient ses projets. Après avoir épousé la cause de cette dernière, la mathématicien devient l'un des responsables du Commissariat du Peuple pour l'Alimentation... puis, au début des années vingt, rejoint un autre commissariat (également du peuple, bien sûr), celui de l'éducation. Il retrouve l'enseignement des mathématiques en 1923 à l'Université de Moscou tout en supervisant la publication des travaux scientifiques russes et en poursuivant ses propres travaux. En 1928, il mène une équipe germano-soviétique d'exploration dans les monts Pamir qui en dresse les premiers relevés topographiques. 


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C'est au cours de cette même année qu'il fait son premier voyage sur un brise-glace, le Sedov. Il s'agit d'explorer l'archipel François Joseph dans le nord-est de la mer de Barents et d'établir une station scientifique permanente sur ces îles annexées par l'URSS en 1926. Schmidt effectuera un deuxième voyage dans la région deux ans plus tard utilisant le même navire, poussant plus loin vers l'est.
Sedov, ex Beothic de Terre Neuve

En 1932, Schmidt est nommé à la tête de l'Administration centrale de la Route du Nord (Glavsevmorput). Cette entité, voulue par Staline, a pour but de rendre possible la navigation tout au long de la côte arctique de l'URSS. Il met alors sur pieds un grand voyage dont le but est de parcourir toute la route du nord d'ouest en est en une seule saison, sans hivernage. Le navire est choisi ce sera l'Aleksander Sibiryakov, un ancien brise-glace canadien renommé en hommage d'un autre explorateur de cette région.
A. Sibiryakov, ex Bellaventure, construit à Glasgow

Le 28 juillet 1932, l'Aleksander Sibiryakov quitte le port d'Arkhangelsk. Son voyage va lui faire traverser la mer de Kara jusqu'à Port Dickson (atteint le 3 août) puis contourner par le Nord l'archipel de Severnaya Zemlya (en russe : Северная Земля ou Terre du Nord), une route encore inexplorée pour atteindre la mer des Laptev. Après une escale à Tiksi, à l'embouchure de la Kolyma au cours du mois de septembre, le brise-glace reprend sa route mais un grave incident technique survient en mer des Tchouktches, mettant l'expédition en péril. Les glaces rencontrées ont provoqué des avaries d'hélice. Privé de sa propulsion, le navire dérive pendant onze jours. Enfin, un gréement de fortune peut être installé grâce auquel, le navire, son autonomie retrouvée, peut traverser le détroit de Bering. Enfin, après 65 jours de voyage, le navire parvient à Yokohama. A leur retour en Russie, Otto Schmidt, le chef de l'expédition, et Vladimir Voronin, le commandant du navire, seront fêtés comme il se doit.

L'année suivante, une nouvelle expédition est mise sur pieds. Le but est maintenant de parcourir la route dans les deux sens. Pour cela, Schmidt va utiliser un autre navire lui aussi aux ordres du commandant Voronin. Mais le navire, bien que tout neuf et spécialement conçu, ne donne pas satisfaction. Construit au Danemark sous le nom de Lena, rebaptisé Chelyuskin, il n'est pas un vrai brise-glace, ce dont Schmidt et Voronin s'aperçoivent tout de suite, avant même le départ de l'expédition. Mais il est trop tard pour reculer. Le départ a lieu en juillet 1933. Plus de cent personnes sont à bord. La navigation, certes difficile, est néanmoins possible mais, parvenu en mer des Tchouktches en novembre, le navire est emprisonné par la glace et entrainé par sa dérive. Il doit être abandonné avant d'être écrasé. Un campement est établi sur la banquise dont tous les occupants seront recueillis par avion en mars 1934.

La technique évoluant, l'aviation est maintenant utilisée pour l'exploration. Schmidt planifie en 1937 une campagne d'exploration ayant l'archipel François Joseph comme point de départ. Destination : la proximité du pôle Nord où une station scientifique baptisée « Pôle Nord 1 » est installée. Les scientifiques qui y travaillent devront être évacués au cours de l'hiver suivant en raison de la dérive jugée trop importante. C'est un brise-glace qui sera chargé de l'opération de sauvetage organisée par le directeur de la Glavsevmorput. Il occupera cette place jusqu'en 1939 devenant alors directeur de l'Institut de Géophysique théorique qu'il créa et vice-président de l'Académie des sciences de l'Urss. Certaines de ses fonctions lui furent retirées sur ordre de Staline dans l'immédiat après-guerre. Il se concentra alors sur des travaux d'astronomie. Le grand scientifique s'éteindra le 7 septembre 1956 près de Moscou. De nombreuses distinctions lui auront été décernées. Il reçut à trois reprises l'Ordre de Lénine, deux fois le Ruban Rouge ainsi que d'autres décorations. Plusieurs lieux géographiques arctiques portent son nom et même un cratère lunaire ainsi que plusieurs musées et instituts.

Tous clichés DR

Pour connaitre toute l'histoire des brise-glaces russes et soviétiques, voir le livre : "Brise-glaces de la Route du Nord et de la mer Baltique" aux éditions MDV.

Pour des informations sur les brise-glaces russes en construction : le blog des navires spécialisés.





Notre agence recherche pour vous et met à votre disposition les informations et documents maritimes dont vous avez besoin pour vos publications ou vos recherches. Interrogez-nous :agence.adhemar(at)yahoo.fr
www.agence-adhemar.com

vendredi 14 janvier 2011

Pourquoi pas ? vu par Sandy Hook pour la société d'océanographie de France

Couverture, illustrée par Sandy-Hook*, du Bulletin de la société d'océanographie de France du 15 janvier 1925 sur laquelle on reconnaît le Pourquoi pas? du commandant Charcot (coll François Le Du)
Bateau conçu pour l'exploration des mers polaires, le Pourquoi pas? est un trois-mâts barque de 40 mètres de long, jaugeant 445 tonneaux, équipé d'un moteur de 450cv. Il avait été construit, pensé et réalisé par Gauthier père, artisan renommé et ami de Charcot, pendant l'hiver 1907 et le printemps 1908 à Saint-Malo. Le constructeur avait conçu un renforcement spécial de la coque qui présentait une forme surbaissé, élégante, avec une étrave profilée. Ses membrures avaient été doublées, voire triplées pour certaines et un rembourrage épais de 25cm avait été ajouté pour que la coque résiste aux chocs et aux étreintes des glaces polaires. Plus d'info sur notre blog.
Le Pourquoi pas?, victime des champignons…
En 1936, Pourquoi pas? coule corps et biens après s'être disloqué sur des récifs. Dans le Bulletin de la société linnéenne de Normandie, vol 118 de 2002, est évoqué la responsabilité de champignons porés qui auraient attaqué les membrures. Ils avaient été détectés dès 1924 par un membre de la société linnéenne lors d'une visite à l'arsenal de Cherbourg où se trouvait le bateau qui avait été malmené dans une croisière aux Îles Féroé. Comment ce bateau, réputé insubmersible, pouvait avoir cédé si facilement contre les rochers? «…la dislocation de la coque a vraisemblablement suivi les zones de moindre résistance mécanique, constituée par ces membrures attaquées (par les champignons) au moins depuis douze ans.»

* Cette couverture ne figure pas dans le livre Sandy-Hook, le plus mystérieux des peintres de la marine écrit par Daniel Hillion. Beaucoup est encore à trouver de l'œuvre du très mystérieux et fécond peintre de la marine.

Pourquoi pas ? vu par Sandy Hook pour la société d'océanographie de France

Couverture, illustrée par Sandy-Hook*, du Bulletin de la société d'océanographie de France du 15 janvier 1925 sur laquelle on reconnaît le Pourquoi pas? du commandant Charcot (coll François Le Du)
Bateau conçu pour l'exploration des mers polaires, le Pourquoi pas? est un trois-mâts barque de 40 mètres de long, jaugeant 445 tonneaux, équipé d'un moteur de 450cv. Il avait été construit, pensé et réalisé par Gauthier père, artisan renommé et ami de Charcot, pendant l'hiver 1907 et le printemps 1908 à Saint-Malo. Le constructeur avait conçu un renforcement spécial de la coque qui présentait une forme surbaissé, élégante, avec une étrave profilée. Ses membrures avaient été doublées, voire triplées pour certaines et un rembourrage épais de 25cm avait été ajouté pour que la coque résiste aux chocs et aux étreintes des glaces polaires. Plus d'info sur notre blog.
Le Pourquoi pas?, victime des champignons…
En 1936, Pourquoi pas? coule corps et biens après s'être disloqué sur des récifs. Dans le Bulletin de la société linnéenne de Normandie, vol 118 de 2002, est évoqué la responsabilité de champignons porés qui auraient attaqué les membrures. Ils avaient été détectés dès 1924 par un membre de la société linnéenne lors d'une visite à l'arsenal de Cherbourg où se trouvait le bateau qui avait été malmené dans une croisière aux Îles Féroé. Comment ce bateau, réputé insubmersible, pouvait avoir cédé si facilement contre les rochers? «…la dislocation de la coque a vraisemblablement suivi les zones de moindre résistance mécanique, constituée par ces membrures attaquées (par les champignons) au moins depuis douze ans.»

* Cette couverture ne figure pas dans le livre Sandy-Hook, le plus mystérieux des peintres de la marine écrit par Daniel Hillion. Beaucoup est encore à trouver de l'œuvre du très mystérieux et fécond peintre de la marine.

jeudi 2 septembre 2010

La Calypso et l'Espadon à quai à Marseille

Calypso, navire de recherches appartenant aux Compagnies océanographiques françaises (cdt Jacques-Yves Cousteau) et L'Espadon, chalutier de l'Office français des recherches sous-marines. (collection agence Adhémar)

Ce dragueur de mines américain devint ferry à Malte après la Seconde Guerre mondiale. Transformé en yacht de luxe, Calypso fut loué à Cousteau un franc symbolique par an pour ses recherches océanographiques qui le menèrent sur toutes les mers du globe de 1951 à 1996.

La Calypso et l'Espadon à quai à Marseille

Calypso, navire de recherches appartenant aux Compagnies océanographiques françaises (cdt Jacques-Yves Cousteau) et L'Espadon, chalutier de l'Office français des recherches sous-marines. (collection agence Adhémar)

Ce dragueur de mines américain devint ferry à Malte après la Seconde Guerre mondiale. Transformé en yacht de luxe, Calypso fut loué à Cousteau un franc symbolique par an pour ses recherches océanographiques qui le menèrent sur toutes les mers du globe de 1951 à 1996.

samedi 8 mai 2010

12 mai 1960 : lancement de Thalassa, navire de recherche

cliché DR

Prévu dès 1953 pour remplacer l'ancien Président Théodore Tissier (lancé en 1933), Thalassa est le premier navire de recherche scientifique spécialement équipé pour la pêche arrière. Il est, à l’époque, qualifié de révolutionnaire ; certains de ses équipements (tels la rampe arrière et le pont couvert) sont, en effet, de véritables nouveautés pour un navire de ce type. Il est doté d’un équipement perfectionné permettant aux scientifiques de procéder entre autre au marquage et à la remise à la mer d’espèces vivantes à l’aide d’un vivier.

Le navire est mis sur cale le 25 août 1959, lancé le 12 mai 1960 par les Chantiers Augustin Normand pour l’Institut Scientifique et Technique des Pêches Maritimes (ISTPM) et livré le 10 novembre 1960. Il effectue sa première campagne dès le mois de décembre. En 1984, il est transféré à l’Institut Français pour la Recherche et l’Exploitation de la Mer (IFREMER). Au cours de l’année 1995, il devient Thalassa I au moment de son remplacement par un nouveau navire, Thalassa II, construit à Dieppe. Il est alors désarmé à Saint Nazaire et sa transformation en musée flottant à Lorient est décidée. Il rejoint ainsi la flotte de navires préservés en France, présentant la particularité d’être tous originaires du Havre (Le Havre II, Espadon, France I).


cliché Wikipedia
D'autres photographies se trouvent sur le site marine-marchande.net

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lundi 8 juin 2009

Flip

Nous avions évoqué dans le livre "Navires Spécialisés" plusieurs catégories de navires adaptés aux travaux maritimes. La photo en quatrième page de couverture nous avait valu beaucoup de questions de la part de nos lecteurs. Elle montrait un navire peu courant: Flip. Le fonctionnement de ce navire "qui se retourne" pour devenir pendant quelques semaines laboratoire océanographique flottant est expliqué dans la vidéo ci-dessous :

Flip

Nous avions évoqué dans le livre "Navires Spécialisés" plusieurs catégories de navires adaptés aux travaux maritimes. La photo en quatrième page de couverture nous avait valu beaucoup de questions de la part de nos lecteurs. Elle montrait un navire peu courant: Flip. Le fonctionnement de ce navire "qui se retourne" pour devenir pendant quelques semaines laboratoire océanographique flottant est expliqué dans la vidéo ci-dessous :

vendredi 29 mai 2009

Hansteen (1867)


L'un des plus anciens navires océanographiques norvégiens est encore à flots. Construit en 1867, il a permis d'établir de nombreux relevés des côtes de la Norvége. Restauré, il est maintenant amarré à Trondheim.

Retrouvez toute son histoire dans la publication qui lui est consacrée par notre agence.

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samedi 1 novembre 2008

Décès de Jacques Piccard

Le célébre explorateur suisse Jacques Piccard est mort aujourd'hui 1er novembre sur les bords du lac Léman. Il était l'inventeur du bathyscaphe et l'auteur, entre autres, de nombreuses plongées scientifiques. Il était l'homme à avoir effectué la plongée la plus profonde (- 10 916 mètres, fosse des îles Mariannes) le 23 janvier 1960 à bord du bathyscaphe Trieste qu'il avait mis au point avec son père.

Le Trieste peu de temps avant la plongée historique dans la fosse des Mariannes (Cliché US Navy).

Jacques Piccard (à droite) et Don Walsh (US Navy) à bord du Trieste au cours de cette plongée (Cliché US Navy).
Lire sa biographie dans le quotidien helvétique Le Temps.

Décès de Jacques Piccard

Le célébre explorateur suisse Jacques Piccard est mort aujourd'hui 1er novembre sur les bords du lac Léman. Il était l'inventeur du bathyscaphe et l'auteur, entre autres, de nombreuses plongées scientifiques. Il était l'homme à avoir effectué la plongée la plus profonde (- 10 916 mètres, fosse des îles Mariannes) le 23 janvier 1960 à bord du bathyscaphe Trieste qu'il avait mis au point avec son père.

Le Trieste peu de temps avant la plongée historique dans la fosse des Mariannes (Cliché US Navy).

Jacques Piccard (à droite) et Don Walsh (US Navy) à bord du Trieste au cours de cette plongée (Cliché US Navy).
Lire sa biographie dans le quotidien helvétique Le Temps.