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lundi 30 janvier 2012

Le discret Jean Bart de la compagnie du Nord


La compagnie des bateaux à vapeur du Nord (CBVN) a été fondée en 1853 pour doter la France d’une ligne rapide vers Saint Petersbourg au départ de Dunkerque. Elle a tissé par la suite un réseau très développé de lignes maritimes reliant Dunkerque à la plupart des ports français et à l’Afrique du Nord avec une remarquable devise : "La régularité doit primer toutes les considérations."
Durement éprouvée par la Première Guerre mondiale, elle a intégré le groupe Saga en 1927. La CBVN va alors se consacrer à la desserte de l’Algérie et de la Tunisie. Après l’indépendance algérienne en 1962, son activité s’est considérablement réduite, comme tant d’autres compagnies. La CBVN a disparu en 1970, absorbée par sa maison mère, la Saga 
(voir notre blog)

Cargo Jean Bart de la CBVN (coll agence Adhémar)
 "A l'impulsion de Napoléon Verberckmoës, agent général de la compagnie des chemins de fer du Nord dont les trains arrivent à Dunkerque depuis 1849, que se crée le 19 novembre 1853, la compagnie générale des bateaux à vapeur à hélice du Nord dont l'objet est "l'établissement d'un service de navires entre Dunkerque, Kronstadt et différents ports français".
Deux navires sont commandés au chantier Malo et Cie, à Dunkerque. Ils portent les noms de Comtesse Amélie et Gustave (Gustave du Maisniel est le principal apporteur de capitaux de la société en commandite, son épouse est Amélie). Les navires ne sont pas encore achevés qu'en avril 1854 se déclenchent la Guerre de Crimée. La compagnie se concentre alors sur la seconde partie de son projet. C'est sur Bordeaux que le Comtesse Amélie va mettre le cap lors de son départ inaugural de Dunkerque le 14 novembre 1854. Avec la mise en service d’un troisième navire, Colson, également construit au chantier Malo, s'ajoute une ligne entre Dunkerque et Le Havre.
Le 30 mars 1856 est signé le traité de Paris qui met fin à la Guerre de Crimée. Sans attendre, la compagnie remet sur le métier son projet initial et le 17 mai 1856, le Colson assure le départ inaugural de Dunkerque pour Kronstadt et Saint Petersbourg en passant par Elseneur et Copenhague (le canal de Kiel ne sera ouvert qu'en 1895…). Le second départ est confié à un navire récemment acheté, l'Albert. On s'extasie alors sur sa taille car c'est le plus grand navire touchant Dunkerque «d'une longueur de 59mètres, la hauteur du beffroi» !
Premier naufrage, dans la nuit du 25 au 26 septembre 1856, le Gustave s'échoue à Lemvig, sur la côte nord-ouest du Danemark au cours d'une violente tempête et se brise en plusieurs morceaux, seule victime, le capitaine Liebaert. La ligne de Russie continue avec le Comtesse Amélie rebaptisé Baltique en 1857, le Colson renommé Nord (premier du nom) la même année, ainsi que l'Albert et le Neva acquis en 1857 en remplacement du Gustave. Le France les rejoindra en 1861. Dunkerque est relié à Saint Petersbourg en moins de six jours, cc qui en fait à l'époque le moyen le plus rapide de se rendre en Russie. Les navires transportent du fret, mais aussi des passagers, entre 40 et 60 à chaque voyage. Le Baltique bat un record en juin 1859 en accueillant 80 passagers lors d'un retour de Saint Petersbourg à Dunkerque.
La compagnie poursuit son trafic entre Dunkerque, Le Havre et Bordeaux et y affecte principalement Flandre et Normandie achetés en 1856 pour permettre l'affectation des plus gros navires à la ligne de Russie. En 1857, une nouvelle liaison est lancée entre Dunkerque et Londres en coopération avec la compagnie des chemins de fer du Nord avec les Lord John Russel et Sir Robert Peel (250 tpl) qui assurent plusieurs départs par semaine. Ces petits navires restent la propriété de la compagnie jusqu'en 1869, date à laquelle ils sont vendus à H. Carrey & Fils qui continue leur exploitation avec la CBVN comme consignataire à Dunkerque.
Le remplacement du Baltique et du Fulton (acquis d'occasion en 1865), naufragés en 1869, donne à la compagnie l'occasion de commencer une longue coopération avec le chantier britannique John Readhead & Sons, établi à South Shields, à l'entrée sud de l'estuaire de la Tyne. La compagnie y fera construire treize navires entre 1870 et 1921. Les premiers sont le Dunkerquois et le Jean Bart sortis en 1870. La guerre détourne plusieurs unités de la compagnie de leurs itinéraires habituels. Ainsi, les Albert, Dunkerquois, Neva et Nord font la navette entre Dunkerque et l'escadre française de la Baltique à laquelle ils apportent courrier et ravitaillement quand ce n'est pas leur approvisionnement en charbon anglais de Newcastle.
Source: Gérard Cornier dans Navires & Marine Marchande, n° 14 de décembre 2002. 

Le discret Jean Bart de la compagnie du Nord


La compagnie des bateaux à vapeur du Nord (CBVN) a été fondée en 1853 pour doter la France d’une ligne rapide vers Saint Petersbourg au départ de Dunkerque. Elle a tissé par la suite un réseau très développé de lignes maritimes reliant Dunkerque à la plupart des ports français et à l’Afrique du Nord avec une remarquable devise : "La régularité doit primer toutes les considérations."
Durement éprouvée par la Première Guerre mondiale, elle a intégré le groupe Saga en 1927. La CBVN va alors se consacrer à la desserte de l’Algérie et de la Tunisie. Après l’indépendance algérienne en 1962, son activité s’est considérablement réduite, comme tant d’autres compagnies. La CBVN a disparu en 1970, absorbée par sa maison mère, la Saga 
(voir notre blog)

Cargo Jean Bart de la CBVN (coll agence Adhémar)
 "A l'impulsion de Napoléon Verberckmoës, agent général de la compagnie des chemins de fer du Nord dont les trains arrivent à Dunkerque depuis 1849, que se crée le 19 novembre 1853, la compagnie générale des bateaux à vapeur à hélice du Nord dont l'objet est "l'établissement d'un service de navires entre Dunkerque, Kronstadt et différents ports français".
Deux navires sont commandés au chantier Malo et Cie, à Dunkerque. Ils portent les noms de Comtesse Amélie et Gustave (Gustave du Maisniel est le principal apporteur de capitaux de la société en commandite, son épouse est Amélie). Les navires ne sont pas encore achevés qu'en avril 1854 se déclenchent la Guerre de Crimée. La compagnie se concentre alors sur la seconde partie de son projet. C'est sur Bordeaux que le Comtesse Amélie va mettre le cap lors de son départ inaugural de Dunkerque le 14 novembre 1854. Avec la mise en service d’un troisième navire, Colson, également construit au chantier Malo, s'ajoute une ligne entre Dunkerque et Le Havre.
Le 30 mars 1856 est signé le traité de Paris qui met fin à la Guerre de Crimée. Sans attendre, la compagnie remet sur le métier son projet initial et le 17 mai 1856, le Colson assure le départ inaugural de Dunkerque pour Kronstadt et Saint Petersbourg en passant par Elseneur et Copenhague (le canal de Kiel ne sera ouvert qu'en 1895…). Le second départ est confié à un navire récemment acheté, l'Albert. On s'extasie alors sur sa taille car c'est le plus grand navire touchant Dunkerque «d'une longueur de 59mètres, la hauteur du beffroi» !
Premier naufrage, dans la nuit du 25 au 26 septembre 1856, le Gustave s'échoue à Lemvig, sur la côte nord-ouest du Danemark au cours d'une violente tempête et se brise en plusieurs morceaux, seule victime, le capitaine Liebaert. La ligne de Russie continue avec le Comtesse Amélie rebaptisé Baltique en 1857, le Colson renommé Nord (premier du nom) la même année, ainsi que l'Albert et le Neva acquis en 1857 en remplacement du Gustave. Le France les rejoindra en 1861. Dunkerque est relié à Saint Petersbourg en moins de six jours, cc qui en fait à l'époque le moyen le plus rapide de se rendre en Russie. Les navires transportent du fret, mais aussi des passagers, entre 40 et 60 à chaque voyage. Le Baltique bat un record en juin 1859 en accueillant 80 passagers lors d'un retour de Saint Petersbourg à Dunkerque.
La compagnie poursuit son trafic entre Dunkerque, Le Havre et Bordeaux et y affecte principalement Flandre et Normandie achetés en 1856 pour permettre l'affectation des plus gros navires à la ligne de Russie. En 1857, une nouvelle liaison est lancée entre Dunkerque et Londres en coopération avec la compagnie des chemins de fer du Nord avec les Lord John Russel et Sir Robert Peel (250 tpl) qui assurent plusieurs départs par semaine. Ces petits navires restent la propriété de la compagnie jusqu'en 1869, date à laquelle ils sont vendus à H. Carrey & Fils qui continue leur exploitation avec la CBVN comme consignataire à Dunkerque.
Le remplacement du Baltique et du Fulton (acquis d'occasion en 1865), naufragés en 1869, donne à la compagnie l'occasion de commencer une longue coopération avec le chantier britannique John Readhead & Sons, établi à South Shields, à l'entrée sud de l'estuaire de la Tyne. La compagnie y fera construire treize navires entre 1870 et 1921. Les premiers sont le Dunkerquois et le Jean Bart sortis en 1870. La guerre détourne plusieurs unités de la compagnie de leurs itinéraires habituels. Ainsi, les Albert, Dunkerquois, Neva et Nord font la navette entre Dunkerque et l'escadre française de la Baltique à laquelle ils apportent courrier et ravitaillement quand ce n'est pas leur approvisionnement en charbon anglais de Newcastle.
Source: Gérard Cornier dans Navires & Marine Marchande, n° 14 de décembre 2002. 

mardi 24 mai 2011

Le ferry Invicta sous pression à Boulogne vers 1910

Le transbordeur Invicta sous pression à Boulogne au début du XXe siècle.
Il s'agit sans doute de l'Invicta, transbordeur de 1680t (94,9m par 12,2m, équipé de trois turbines Parsons, il filait ses 22 nœuds) construit par William Denny and Brothers de Dumbarton et lancé pour la compagnie South Eastern and Chatham Railway en 1905. Il est vendu en 1923 à la compagnie française Saga (Société anonyme de gérance et d'armement)* (voir notre blog). Il sera démoli en 1932.
Ce ferry, affecté à la ligne Calais/Boulogne-Douvres/Folkestone est ici à quai à Boulogne, au départ pour Folkestone. C'est d'ailleurs sur cette dernière ligne que l'on retrouve sa trace en 1915 quand, réquisitionné, il transporte les soldats de la 1/8 Worcestershire de la 48e division vers le front français.



* 1919: Création de la Société anonyme de gérance et d'armement (Saga) par la banque Rothschild pour gérer les navires de l'état.
Absorption de nombreuses compagnies:
1920: Reprise des paquebots de la compagnie des chemins de fer du Nord (société du groupe Rothschild)
1926: Prise de participation dans la société anonyme Angleterre Lorraine Alsace (Ala)
1927: Rachat de la compagnie des bateaux à vapeur du Nord
1929: Création de la compagnie chérifienne d'armements
1934: Achat de l'Union maritime
1935: Achat de la compagnie franco-africaine de navigation (Francafrica)
1939: Reprise de la société navale de l'Ouest
1939: 12 navires
1957: Création de la Sanaga avec Péchiney
1957: 5 navires
1960: 31 navires
1963: Prise de contrôle de la société nationale d'affrètement
1964: Création de Cetramar
1965: Création de Normandy ferries avec General Steam Navigation Company
1968: Début de la politique de retrait des activités d'armement maritime
1970: Les gaziers de la compagnie sont regroupés dans Sofrangaz
1974: Fin des armements classiques
1975: Création de la compagnie maritime française Internavis pour le transport des colis lourds
1982: Fin définitive des activités d'armement. (Source Pavillons et Cies françaises)

Le ferry Invicta sous pression à Boulogne vers 1910

Le transbordeur Invicta sous pression à Boulogne au début du XXe siècle.
Il s'agit sans doute de l'Invicta, transbordeur de 1680t (94,9m par 12,2m, équipé de trois turbines Parsons, il filait ses 22 nœuds) construit par William Denny and Brothers de Dumbarton et lancé pour la compagnie South Eastern and Chatham Railway en 1905. Il est vendu en 1923 à la compagnie française Saga (Société anonyme de gérance et d'armement)* (voir notre blog). Il sera démoli en 1932.
Ce ferry, affecté à la ligne Calais/Boulogne-Douvres/Folkestone est ici à quai à Boulogne, au départ pour Folkestone. C'est d'ailleurs sur cette dernière ligne que l'on retrouve sa trace en 1915 quand, réquisitionné, il transporte les soldats de la 1/8 Worcestershire de la 48e division vers le front français.



* 1919: Création de la Société anonyme de gérance et d'armement (Saga) par la banque Rothschild pour gérer les navires de l'état.
Absorption de nombreuses compagnies:
1920: Reprise des paquebots de la compagnie des chemins de fer du Nord (société du groupe Rothschild)
1926: Prise de participation dans la société anonyme Angleterre Lorraine Alsace (Ala)
1927: Rachat de la compagnie des bateaux à vapeur du Nord
1929: Création de la compagnie chérifienne d'armements
1934: Achat de l'Union maritime
1935: Achat de la compagnie franco-africaine de navigation (Francafrica)
1939: Reprise de la société navale de l'Ouest
1939: 12 navires
1957: Création de la Sanaga avec Péchiney
1957: 5 navires
1960: 31 navires
1963: Prise de contrôle de la société nationale d'affrètement
1964: Création de Cetramar
1965: Création de Normandy ferries avec General Steam Navigation Company
1968: Début de la politique de retrait des activités d'armement maritime
1970: Les gaziers de la compagnie sont regroupés dans Sofrangaz
1974: Fin des armements classiques
1975: Création de la compagnie maritime française Internavis pour le transport des colis lourds
1982: Fin définitive des activités d'armement. (Source Pavillons et Cies françaises)

mardi 19 octobre 2010

Le submersible Pluviôse, perdu corps et biens devant Calais le 26 mai 1910

Le submersible Pluviôse, commandant Callot, commandant en second Engel, perdu corps et biens devant Calais le 26 mai 1910. 27 victimes dont le capitaine de frégate Prat, commandant de la station de sous-marins de Calais. (coll agence Adhémar)

Pluviôse, sous-marin français, premier de sa classe, fut construit par les chantiers de Cherbourg. Lancé le 27 mai 1905, il coula le 26 mai 1910 au large du port de Calais, percuté par le trans-Manche à aubes Pas-de-Calais*.
Dérivé du Narval, Pluviôse mesurait 51 mètres de long, possédait sept tubes lance-torpilles et pouvait atteindre dix nœuds en plongée et quinze en surface.
Le 26 mai 1910 à 13 heures 36, les Pluviôse et Ventôse se livrent à des exercices de plongée au large de leur base. Le sous-marin commence à faire surface lorsque le paquebot Pas-de-Calais l’atteint à l’arrière et éventre les caisses à eau et les réservoirs de naphte. La coque déchirée, l’eau s’engouffre très rapidement, faisant basculer le submersible qui ne tardera pas à couler malgré les efforts de l'équipage du trans-Manche. Des funérailles nationales sont organisées pour les victimes le 22 juin, des trains spéciaux amènent à Calais quatre-vingt députés et sénateurs, le président de la République Armand Fallières, le président du Conseil Aristide Briand, le ministre de la Guerre le général Jean Brun, le ministre de la Marine l’amiral Boué de Lapeyrère, des consuls, des officiers anglais, allemands, japonais, américains, etc. Après avoir été traîné de cale en cale, le Pluviôse est réparé à Cherbourg le 4 août 1910. Rendu à la navigation en janvier 1911, il est réaffecté à la première escadrille de sous-marins de la Manche. Pendant la guerre de 1914-1918, il patrouille le long du littoral français et au sud des côtes anglaises.
Désarmé le 12 novembre 1919, sa coque est utilisée à Cherbourg pour des essais de décompression puis est vendue à la casse le 4 septembre 1925.

Commentaire d'Alain: "Les 18 sous-marins du type Pluviôse ont été dessinés par l'ingénieur Maxime Laubeuf, inventeur du submersible à double coque. 
Le Vendémiaire a coulé suite à un abordage par le cuirassé Saint Louis le 8 juin 1912, dans le Raz Blanchart. Les 17 autres (Pluviôse, Germinal, Prairial, Thermidor, Fresnel, Ventose, Floréal, Messidor, Fructidor, Papin, Berthelot, Monge, Gay-Lussac, Cugnot, Ampére, Watt et Giffard) après quelques infortunes – outre le Pluviôse, le Fresnel en 1908 a aussi été coulé accidentellement et renfloué, ce qui a nécessité la suppression du tube lance torpilles d'étrave, cause de l' accident sur tous ces navires) – ont été condamnés en 1919.
Ils avaient une très bonne tenue à la mer mais leur propulsion à vapeur rendait la prise de plongée trop longue. Il a été remédié à cet inconvénient sur la série suivante des 16 Brumaire de même caractéristiques mais dotés de diesels."

Maquette du Pas de Calais réalisé par le club Modélisme naval du Calaisis.

*Le Pas-de-Calais fut mis à l'eau à Saint-Nazaire en novembre 1897 aux Ateliers et chantiers de la Loire, quelques semaines après son jumeau Nord. D'une portée en lourd de 1662 tonneaux, ces deux navires entamèrent leur carrière sur la ligne Calais-Douvres, entre décembre 1898 et février 1899, pour une longue suite de traversées quotidiennes du détroit au service de la Compagnie du Nord, puis après la Grande guerre, pour la Saga (Société anonyme de gérance et d'armement), simple correspondant maritime du chemin de fer. La carrière des deux derniers paquebots français à roues de haute mer s'acheva par leur démolition en 1923 pour le Pas-de-Calais et en 1925 pour le Nord.

Le submersible Pluviôse, perdu corps et biens devant Calais le 26 mai 1910

Le submersible Pluviôse, commandant Callot, commandant en second Engel, perdu corps et biens devant Calais le 26 mai 1910. 27 victimes dont le capitaine de frégate Prat, commandant de la station de sous-marins de Calais. (coll agence Adhémar)

Pluviôse, sous-marin français, premier de sa classe, fut construit par les chantiers de Cherbourg. Lancé le 27 mai 1905, il coula le 26 mai 1910 au large du port de Calais, percuté par le trans-Manche à aubes Pas-de-Calais*.
Dérivé du Narval, Pluviôse mesurait 51 mètres de long, possédait sept tubes lance-torpilles et pouvait atteindre dix nœuds en plongée et quinze en surface.
Le 26 mai 1910 à 13 heures 36, les Pluviôse et Ventôse se livrent à des exercices de plongée au large de leur base. Le sous-marin commence à faire surface lorsque le paquebot Pas-de-Calais l’atteint à l’arrière et éventre les caisses à eau et les réservoirs de naphte. La coque déchirée, l’eau s’engouffre très rapidement, faisant basculer le submersible qui ne tardera pas à couler malgré les efforts de l'équipage du trans-Manche. Des funérailles nationales sont organisées pour les victimes le 22 juin, des trains spéciaux amènent à Calais quatre-vingt députés et sénateurs, le président de la République Armand Fallières, le président du Conseil Aristide Briand, le ministre de la Guerre le général Jean Brun, le ministre de la Marine l’amiral Boué de Lapeyrère, des consuls, des officiers anglais, allemands, japonais, américains, etc. Après avoir été traîné de cale en cale, le Pluviôse est réparé à Cherbourg le 4 août 1910. Rendu à la navigation en janvier 1911, il est réaffecté à la première escadrille de sous-marins de la Manche. Pendant la guerre de 1914-1918, il patrouille le long du littoral français et au sud des côtes anglaises.
Désarmé le 12 novembre 1919, sa coque est utilisée à Cherbourg pour des essais de décompression puis est vendue à la casse le 4 septembre 1925.

Commentaire d'Alain: "Les 18 sous-marins du type Pluviôse ont été dessinés par l'ingénieur Maxime Laubeuf, inventeur du submersible à double coque. 
Le Vendémiaire a coulé suite à un abordage par le cuirassé Saint Louis le 8 juin 1912, dans le Raz Blanchart. Les 17 autres (Pluviôse, Germinal, Prairial, Thermidor, Fresnel, Ventose, Floréal, Messidor, Fructidor, Papin, Berthelot, Monge, Gay-Lussac, Cugnot, Ampére, Watt et Giffard) après quelques infortunes – outre le Pluviôse, le Fresnel en 1908 a aussi été coulé accidentellement et renfloué, ce qui a nécessité la suppression du tube lance torpilles d'étrave, cause de l' accident sur tous ces navires) – ont été condamnés en 1919.
Ils avaient une très bonne tenue à la mer mais leur propulsion à vapeur rendait la prise de plongée trop longue. Il a été remédié à cet inconvénient sur la série suivante des 16 Brumaire de même caractéristiques mais dotés de diesels."

Maquette du Pas de Calais réalisé par le club Modélisme naval du Calaisis.

*Le Pas-de-Calais fut mis à l'eau à Saint-Nazaire en novembre 1897 aux Ateliers et chantiers de la Loire, quelques semaines après son jumeau Nord. D'une portée en lourd de 1662 tonneaux, ces deux navires entamèrent leur carrière sur la ligne Calais-Douvres, entre décembre 1898 et février 1899, pour une longue suite de traversées quotidiennes du détroit au service de la Compagnie du Nord, puis après la Grande guerre, pour la Saga (Société anonyme de gérance et d'armement), simple correspondant maritime du chemin de fer. La carrière des deux derniers paquebots français à roues de haute mer s'acheva par leur démolition en 1923 pour le Pas-de-Calais et en 1925 pour le Nord.

lundi 10 mai 2010

Empress à quai de la gare maritime de Calais

Empress (1907) au quai de la gare maritime de Calais.
(coll agence Adhémar)

La mise en service sur la liaison trans-Manche depuis Calais du Queen fut suivie par d’autres navires du même type : Invicta en 1905, Empress et Victoria en 1907 et Riviera en 1911. Les navires à roues disparurent presque complètement à l’exception de Nord et Pas-de-Calais, construit en 1898 et qui naviguèrent jusqu’en 1923. Pour les remplacer, la Saga (Société anonyme de gérance et d'armemement) repris Invicta et Empress qui assurèrent les liaisons maritimes françaises jusqu’à l’arrivée de Côte d’Azur en 1931 et de Côte d’Argent en 1933.
Pour en savoir plus sur la gare maritime de Calais, voir notre blog.
The commissioning of the Queen was followed by other ships of the same type: the Invicta in 1905, the Empress and the Victoria in 1907 and the Riviera in 1911. Paddle steamers almost completely disappeared, except for the Nord and the Pas-de-Calais, which were built in 1898 and sailed all the way until 1923. To replace them, SAGA brought back the Invicta and Empress which carried out French sea routes until the arrival of the Côte d'Azur in 1931 and the Côte d'Argent in 1933.
For more information about Calais harbour, see our blog.

Empress à quai de la gare maritime de Calais

Empress (1907) au quai de la gare maritime de Calais.
(coll agence Adhémar)

La mise en service sur la liaison trans-Manche depuis Calais du Queen fut suivie par d’autres navires du même type : Invicta en 1905, Empress et Victoria en 1907 et Riviera en 1911. Les navires à roues disparurent presque complètement à l’exception de Nord et Pas-de-Calais, construit en 1898 et qui naviguèrent jusqu’en 1923. Pour les remplacer, la Saga (Société anonyme de gérance et d'armemement) repris Invicta et Empress qui assurèrent les liaisons maritimes françaises jusqu’à l’arrivée de Côte d’Azur en 1931 et de Côte d’Argent en 1933.
Pour en savoir plus sur la gare maritime de Calais, voir notre blog.
The commissioning of the Queen was followed by other ships of the same type: the Invicta in 1905, the Empress and the Victoria in 1907 and the Riviera in 1911. Paddle steamers almost completely disappeared, except for the Nord and the Pas-de-Calais, which were built in 1898 and sailed all the way until 1923. To replace them, SAGA brought back the Invicta and Empress which carried out French sea routes until the arrival of the Côte d'Azur in 1931 and the Côte d'Argent in 1933.
For more information about Calais harbour, see our blog.