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| Évian-les-Bains |
Histoire maritime internationale - Marines marchande ou de guerre - Grands et petits voiliers - Culture maritime (antiquariat, memorabilia, littérature, peinture…) - Tout ce qui concerne la mer et les lacs et ceux qui naviguent dessus (ou dessous) nous passionne…
dimanche 27 octobre 2024
Au chantier de la Cie générale de navigation, à Ouchy (Suisse)
mercredi 1 mai 2024
Le bateau Chablais (1974 - 2010)
Le bateau Chablais
En décembre 1972, la commande d’un nouveau bateau est passée au chantier autrichien Schiffswerft AG de Linz. Il s’agit d’un bateau à deux ponts, d’une longueur HT de 46,10 mètres, d’une largeur de 8,4 mètres. Il est animé par deux moteur diesel, 2 x 6 cylindres, construits par GM SA, Bienne qui développent chacun 340 chevaux, faisant tourner deux hélices à trois pales, derrière lesquelles se trouvent deux gouvernails compensés suspendus, actionnés de tribord comme de bâbord par une commande hydro-électrique, Le courant électrique nécessaire aux installations de bord est fourni par deux groupes électrogènes. Les vibrations provoquées par l'installation propulsive et les groupes électrogènes sont éliminées par la suspension des installations mécaniques. Deux réservoirs à eaux usées, vidés à terre, évitent la pollution du lac. La salle des machines est complètement insonorisée par une isolation phonique. La coque est divisée en dix compartiments étanches permettant d’assurer la flottabilité même en cas d'envahissement de deux compartiments par l'eau. Le bateau est muni de deux quilles latérales antiroulis et la forme arrondie de la carène lui confère une meilleure tenue dans la vague. Il peut atteindre la vitesse de 27,5 km/h. et accueillir 500 passagers. Le bateau est muni du radar, de la téléphonie sans fil et d'une sonorisation stéréophonique générale ; son équipage est réduit à trois hommes. Un grand salon, particulièrement élégant, peut accueillir une centaine de convives. Deux grands posters sur aluminium reproduisent des gravures anciennes. L’un montre le château et le couvent de Ripaille, l'autre le pont de Saint-Maurice vers la fin du XVIIIe siècle. Le bateau offre 200 places assises à l'intérieur et 480 au total. Il est destiné aussi bien aux courses régulières qu'aux services à la demande. Le coût de construction a été devisé à deux millions et demi de francs.
Dans les premiers jours de janvier 1974, les éléments de la coque parviennent par train à la gare de Sébeillon d’où ils sont transférés au chantier à partir du 9 janvier. Une dizaine de jours sera nécessaire pour en transférer la totalité. Leur assemblage, entamé le 14 janvier, nécessitera trois mois de travail au chantier d’Ouchy. Le lancement se déroule le vendredi 26 avril 1974 en présence de nombreuses personnalités représentant la Confédération, les cantons de Vaud, Genève et Valais, du Département de la Haute-Savoie et des communes riveraines accueillies par MM. Jean Kratzer, président du conseil d'administration, et Jean Meier, directeur de la compagnie. Tous les ingrédients de la fête populaire sont réunis. En costume savoyard, un garçon et une fillette s'apprêtent à baptiser la nouvelle construction alors qu'un trio de trompettes thébaines apporte une sonorité inédite. Le corps de musique de la gendarmerie vaudoise occupe la poupe du « Chablais », interprétant quelques-unes de ses meilleurs morceaux. À l’issue de la cérémonie, le bateau se dirige vers l’embarcadère d’Ouchy où les invités montèrent à bord pour participer à un repas servi dans les salons du bateau qui appareille pour sa croisière inaugurale avec escales à Vevey, Villeneuve, Le Bouveret et Thonon. À chaque escale, enfants des écoles et fanfare locales accueillent le nouveau bateau.
Celui-ci ne fera l’objet d’aucune grande rénovation et ce n’est pas par un fait nautique ou historique que le Chablais restera dans les mémoires mais par sa couleur… A partir de 2001, le bateau arborera une livrée publicitaire aux couleurs des glaces Frisco et prend la dénomination de «Dessert Liner». Ce changement de livrée, diversement apprécié du public, permet à la compagnie de recevoir plusieurs centaines de milliers de francs à un moment où le déficit de la compagnie atteint 5 millions. Il conservera ces couleurs jusqu’à son retrait de la flotte en mai 2010.
En octobre 2005, il entre en collision avec un chaland au large du Bouveret. Son étrave est ouverte et sera réparée au chantier d’Ouchy. Le 27 mai 2010, il est mis hors service en raison d’importants problèmes de moteur qui ne font que s’aggraver depuis plusieurs semaines et qui provoqueront la décision de démolition. Ces travaux débutent rapidement et en juin 2010, c’est malheureusement la démolition partielle de la coque et des emménagements. Le 30 juin 2010 la coque est transférée au Bouveret pour y être désarmée. Elle est acquise par l'entreprise Rhona le 22 septembre 2010 pour être transformée en chaland.
lundi 15 avril 2024
Le chantier de la Compagnie générale de navigation à Ouchy
Les journées « Portes ouvertes » (très bien) organisées par la Compagnie générale de navigation au chantier d’Ouchy les 13 et 14 avril ont permis de découvrir les emménagements du tout récent Evian les Bains (non encore en service). Certes, ce sont les matériaux modernes qui y règnent mais cela est logique et la qualité est présente. Les installations semblent spacieuses, confortables et bien réparties.
Bien qu'il soit hors de question de comparer deux bateaux si différents dans l'esprit et la conception, les clichés suivants montrent certaines installations de La Suisse de 1910 qui était partiellement accessible ce week-end.
C’était également l’occasion de voir le Col Vert construit sur le lac de Constance en 1960 :
et le Simplon, récemment accidenté à Cully. Un poster rédigé par la compagnie relatait les faits qu’une enquête en cours doit éclaircir.
Henry Dunant était sur cale et «C’est bizarre de le voir comme ça» disait une visiteuse!

jeudi 5 octobre 2023
Le bateau Genève, construit en 1896
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| Genève le 21 mai 2011 (Cliché par MHM55 - Wikimedia) |
À une époque où se développait le tourisme européen, il était nécessaire de créer des loisirs pour attirer aristocrates et riches européens sur les bords des lacs suisses. C’est pourquoi, de 1896 à 1927, douze bateaux furent livrés à la Compagnie Générale de Navigation pour naviguer sur le lac Léman. Ils répondaient aux critères de luxe, de confort et de richesse décorative attendus par une clientèle exigeante. Trois disparurent mais huit d’entre eux, aujourd’hui rénovés ou préservés, inscrits comme monuments historiques, constituent la plus grande flotte de navires historiques de la Suisse. Le premier de cette série n’a pas eu cette chance mais est encore visible à Genève, ville dont il porte le nom. Lancé en 1896, Genève est le plus vieux bateau à aubes encore à flot sur le Léman.
Commandé à la firme Sulzer de Winterthur (qui reçoit ainsi sa première commande pour le Léman), il doit être à la fois une réussite technique et esthétique. Les éléments de la coque sont construits à Winterthour, transportés pas train jusqu’au chantier de la compagnie à Ouchy. Les courses d’essai se déroulent au mois de mai 1896. Le pari est gagné : le nouveau venu est un grand bateau rapide (27 km/h), confortable et spacieux, aux lignes fines. Il est inauguré le 28 mai 1896 soit moins d’un mois après l’ouverture de l’exposition nationale qui se tiendra à Genève jusqu’en octobre.
Le 10 septembre 1898, à Genève en début d’après-midi, Elisabeth de Wittelsbach, Impératrice d’Autriche et Reine de Hongrie, plus connue sous le diminutif de Sissi, s’apprête à embarquer sur le bateau pour regagner son hôtel à Caux, au dessus de Vevey, lorsqu’elle est agressée par Luigi Lucheni, un anarchiste italien qui, à l'aide d'une fine lame si fine que le coup passe dans un premier temps inaperçu, la blesse au thorax, provoquant une plaie du coeur. Néanmoins parvenue à monter à bord, elle y perdra définitivement connaissance avant que le bateau fasse demi-tour et qu’elle soit ramenée à l’hôtel Beau Rivage où elle a séjourné la nuit précédente et où elle décédera rapidement à l’âge de soixante ans.
Un autre événement marquant la vie du bateau se déroule le dimanche 13 mai 1928. À 14 heures les deux bateaux de la CGN Rhône et Genève se présentent simultanément devant le port de Pully. En effet, le bateau Genève, venant de Lutry, a une dizaine de minutes de retard sur l’horaire en raison du débarquement anormalement long d’un grand nombre de passagers à l’escale précédente. Le Rhône venant dans la direction opposée est, selon la règle de la compagnie, prioritaire pour accoster. À la suite d’une mauvaise compréhension des signaux sonores échangés, les deux bateaux mirent en marche arrière mais les manoeuvres ne suffirent pas à éviter l’accident. Le grand mât avant du Rhône s’affaissa sur une passagère qui décédera quelques heures plus tard à l’hôpital de Lausanne. Deux autres personnes furent également contusionnées par la chute du mât. Les deux capitaines (M. Rauch du Rhône et Tauxe du Genève) furent condamnés à trois jours d’emprisonnement et à des peines financières.
Le bateau connaîtra plusieurs rénovations techniques ou de ses emménagements mais il faut citer celle qui en 1934 remplace ses chaudières par un moteur diesel électrique afin de rendre la navigation moins coûteuse. C’est une première qui sera répétée par la suite sur d’autres bateaux de la flotte CGN. À partir de 1970, le bateau sert de réserve en cas d’impossibilité pour un autre bâtiment de la flotte de naviguer et navigue jusqu’en 1971. En 1973, le Chablais est mis en service et Genève définitivement désarmé, sa réfection éventuelle n’étant pas économiquement justifiée.
Il occupera d’abord une place au débarcadère du Petit Pâquis puis deux ans plus tard au ponton de la Mouche, du côté des Eaux-Vives, sur le quai Gustave-Ador où il se trouve encore aujourd’hui. Il a été acquis en 1974 par l’Association pour le bateau Genève. À la tête de celle-ci deux pasteurs, Jean-Gabriel Favre et Alain Barde. Sa mission : la réinsertion et l’accueil matinal quotidien et la distribution de repas à de jeunes migrants ou des personnes à la rue, des personnages âgées aussi, ou fragiles. Ce sont ces passagers comme on dit ici qui participent à l’entretien du bateau. Mais le bateau est aussi ouvert à la location pour des événements privés.


















