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samedi 25 janvier 2014
Essais de blindage à tir réel sur le cuirassé Suffren en 1903
Au début du XXe siècle on ne plaisantait pas avec les essais de blindage!
La photo ci-dessus, signée du photographe maritime A. Bougault, nous montre les effets d'un tir réel du cuirassé Masséna effectué en août 1903 sur une plaque de blindage de 2,50m de haut sur 95cm de largeur et 55cm d'épaisseur pesant 30 tonnes adossée à la tourelle de chasse du cuirassé Suffren.
Explication: ce tir avait été demandé par le ministre de la Marine de l'époque, Camille Pelletan, farouche opposant aux cuirassés, qui voulait démontrer ainsi que le tir empêcherait la tourelle de fonctionner ensuite. Il s'opposait à la construction prévue des six cuirassés de la classe Patrie, la tourelle résista, et le ministre à cours d'arguments fut obligé d'autoriser la construction des cuirassés.
Alain
lundi 23 décembre 2013
Le cuirassé d'escadre de premier rang Saint-Louis de la classe Charlemagne
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| Le cuirassé d'escadre Saint-Louis. Collection agence Adhémar |
Saint-Louis est malheureusement connu pour avoir envoyer par le fond le sous-marin Vendémiaire (cliquez ici).
Une fois ses essais terminés, Saint-Louis effectue des manœuvres en Méditerranée, puis est affecté à l'escadre du Nord et enfin dans la 1re division de la 3e escadre. C'est lors d'un exercice avec d'autres bâtiments, qu'il éperonne et coule accidentellement le sous-marin français Vendémiaire le 8 juin 1912, tragédie qui coûte la vie aux 24 membres d'équipage du submersible. Par la suite, Saint-Louis est mobilisé lors de la Première Guerre mondiale, et participe à la bataille des Dardanelles en 1915, en bombardant les côtes de l'Empire ottoman.
Après la guerre, le navire est mis en réserve puis désarmé à Bizerte, avant d'être ramené en France pour servir à l'entraînement des mécaniciens et chauffeurs de l'armée à Toulon. Condamné en 1920, il sert par la suite de ponton-caserne, puis est finalement vendu pour ferraille en 1932.
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| Les sisters-ships de la classe Charlemagne, dessinés par Jules Thibaudier, directeur des Constructions navales de l'Arsenal de Brest. |
Les trois cuirassés Pré-Dreadnought de la classe Charlemagne de la Marine nationale française furent le Charlemagne, lancé en 1894 et entré en service en 1895, le Gaulois et le Saint-Louis entrés en service en 1896. Ils furent les premiers cuirassés français à adopter l'agencement de deux grosses pièces de chasse et deux de retraite de calibre 305 mm Modèle 1893/96, que préféraient les Britanniques depuis une décennie, et une artillerie navale secondaire plus rationnelle, les canons étant séparés par des pare-éclats. Jusqu'au Bouvet inclus, qui fut le dernier vaisseau à être lancé avant les Charlemagnes, les cuirassés français étaient facilement reconnaissables à leur grosse pièce unique à chaque extrémité d'un pont supérieur court pour minimiser l'effet de souffle. Ils étaient dotés de deux larges cheminées.
Comme sur tous les navires français, la ceinture cuirassée était étroite, mais ne manquait pas de s'étirer sur tout la longueur de la coque. Toutefois, entre les bords inférieurs et supérieurs du cuirassage de la batterie, le renflement de la rentrée de muraille n'avait aucune protection. C'est à ce niveau que l'on trouvait un pont-abri au-dessus d'un pont pare-éclats.
L'espace qui sépare les deux ponts était cloisonné cellulairement en vue d'éviter les risques d'inondation en cas de dégâts.
vendredi 20 décembre 2013
Le cuirassé d'escadre à tourelles Suffren portant le pavillon du vice-amiral Gourdon en 1904
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| Le cuirassé d'escadre à tourelles Suffren portant le pavillon du vice-amiral Gourdon en 1904. Collection agence Adhémar |
8 canons de 100 mm 4 tubes à torpilles de 450 mm - Équipage 730 hommes
En 1915, Suffren est le navire-amiral d'une escadre de quatre cuirassés français, commandée par le contre-amiral Guépratte, qui participa aux opérations navales dans les Dardanelles. Pendant la bataille du détroit des Dardanelles le 18 mars 1915, Suffren fut gravement endommagé par l'artillerie ottomane qui causa des voies d'eau, rendant les canons inopérants. Suffren dut se rendre à Malte pour effectuer des réparations.
Après avoir participé aux opérations de Gallipoli et Salonique, Suffren faisait route vers Lorient pour se ravitailler lorsqu'au large des côtes portugaises, près de Lisbonne, il fut torpillé par un sous-marin allemand U-52, le 26 novembre 1916. Les dégâts qui lui avaient été infligés aux Dardanelles ne lui permettaient d'aller qu'à 10 nœuds, mais le mauvais temps réduisait encore sa vitesse à 9 nœuds. De plus il était sans escorte au moment de l'attaque. La torpille atteignit les moteurs et Suffren coula en l'espace de quelques secondes, emportant par le fond ses 648 membres d'équipage.
Huit navires de la Marine de guerre française ont porté le nom de Suffren
Un navire de ligne de 74 canons (1791-1794), rebaptisé le Redoutable en 1794, qui participa à la bataille de Trafalgar.
Un navire de ligne de 74 canons (1801-1815).
Un navire de ligne de 90 canons (1824-1865).
Une frégate armée (1866-1897).
Un cuirassé (1899-1916).
Un croiseur (1926-1963).
Une frégate lance-missile (1968-2008).
Un sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) du type Barracuda.
mercredi 18 décembre 2013
Le cuirassé à tourelles Iéna, cuirassé d’escadre pré-Dreadnought
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| Le cuirassé à tourelles Iéna pendant ses essais en 1901. Collection agence Adhémar |
Ce navire, mis en chantier le 3 avril 1897 à l'arsenal de Brest, est une modification du type Charlemagne précédent. Lancé en septembre 1898, il est armé définitivement le 14 avril 1902. Il sert en Méditerranée. En 1906, lors de l'éruption du Vésuve, il est envoyé à Naples pour porter secours. Il explose, suite à un incendie, le 12 mars 1907.
Cuirassé à tourelles
La tourelle s'imposa dans les marines de guerre avec l'augmentation du calibre et de la masse des pièces d'artillerie. Le nombre des canons de chaque navire dut alors être réduit pour conserver la stabilité sur l'eau, et il convenait d'utiliser chacun de la façon la plus efficace, en augmentant leur champ de tir. Un des premiers exemples de navire équipé d'une tourelle fut le Monitor, utilisé pendant la Guerre de Sécession, suivi du HMS Captain de Cowper Phipps Coles, en 1869, premier navire de haute mer doté d'une artillerie en tourelle. Cependant, peu de temps après sa mise en service, le 7 septembre 1870, le Capitain chavira, démontrant la difficulté d'employer simultanément des tourelles et des voiles. Les Britanniques réglèrent le problème en abandonnant la propulsion à voile dès 1871, avec les deux navires de la classe Dévastation. À la fin du XIXe siècle, l'emploi de la tourelle s'imposa sur les plus grosses unités des marines de guerre, comme les navires de ligne ou les croiseurs cuirassés. Les unités plus légères, comme les croiseurs protégés et les torpilleurs gardèrent encore longtemps un armement sur pivot, protégé par un simple bouclier, plus rapide à pointer et plus léger.
Sur la plupart des navires, les canons équipant les tourelles étaient encore à chargement par la bouche. La généralisation du chargement par la culasse allait accroître la cadence de tir, tout en évitant aux servants de s'exposer ; cependant, les obus de plus en plus lourds exigeaient souvent des machines à charger, obligeant encore à ramener la pièce à une certaine position de hausse, voire de site pour introduire la munition, ce qui retardait d'autant l'ouverture du feu. Par la suite, on développa des mécanismes solidaires du canon, ce qui permit de le charger dans n'importe quelle position.
NOTA : cet article sur les cuirassés à tourelles m'a été suggéré par la répétition de l'appellation dans les légendes des photos du début du XXe siècle. Ce qui m'a fait penser qu'il fallait signaler cette évolution. J'espère des commentaires de spécialistes. MH
Commentaires d'Alain
1) L'évolution de la batterie fixes des vaisseaux jusqu' à la tourelle mobile s'est faite en plusieurs étapes:
-des rails en arc de cercle sur lesquels le canons se déplace derrière la batterie autour d'un axe permettent d’accroître le champ de tir des pièces d'artillerie dans la batterie ;
-invention du frein de recul rendu nécessaire par suite du déplacement des canons qui ne pouvaient plus être retenus par des simples amarres;
-invention de la plate-forme tournante et du frein hydraulique;
-les canons se chargent par la culasse et plus par la bouche
-protection fixe de la plate-forme tournante, c'est le système des "barbettes"qui ne protègent pas complètement les servants
-les machines à charger sont installées sur la partie tournante ce qui permet de charger les canons dans n'importe quelle position
-enfin invention de la tourelle fermée la protection est solidaire de la plate-forme et tourne en même temps, d'abord avec pivot central puis avec une couronne de galets circulaire sur laquelle tourne la tourelle.
- puis inventions des tourelles multiples; plusieurs canons dans la tourelle, ce qui impose autant de monte charge à munitions que de canons; ces monte charge ont une partie basse fixe qui amène les obus et les gargousses des soutes à munitions situées dans la partie basse du navire à une chambre de transbordement, et une partie haute mobile qui tourne en même temps que la tourelle qui les amène de la chambre de transbordement à la culasse des canons.
2) La photo représente le cuirassé Iéna à ses essais de vitesse en 1901.
vendredi 13 décembre 2013
Le croiseur cuirassé Kléber, de la classe Dupleix de 1900-1902
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| Le croiseur cuirassé Kléber, de la classe Dupleix de 1900-1902. Collection agence Adhémar |
Le cuirassé Kléber est un croiseur cuirassé français de classe Dupleix construit à Bordeaux aux Forges et Chantiers de la Gironde. Mise sur cale : 1898 - Lancement : 1902
16.07.1904 : escadre de la Méditerranée
13.05.1905 : sauve le canot Camille en perdition (course Alger-Toulon)
09.11.1906-1907 : division navale des Antilles
07.03.1907 : aborde et coule le vapeur US Hugomak à Vera Cruz
01.02.1908 : Maroc
01.04-17.05.1911 : de Brest à Saigon, Chine, Vladivostock, Japon, hiver à Shangai
13.05.1912 : de Saigon à Shangai, Petchili, etc.
22.07.1912 : talonne une roche en mer du Japon, réparé à Kobé
06.03.1913 : retour à Lorient
1915 : Dardanelles
29.05.1915 : échoué devant Scala-Nova
29.05.1915 : renfloué sous le feu turc
31.10.1915 : bombardement de la Bulgarie
08.1916-06.1917 : Dakar, 6e division légère
Il heurte, le 27 juin 1917, une mine posée par le sous-marin allemand UC 61 dans l'avant goulet de Brest. 42 membres de l'équipage sont morts en mer. «Le Kléber remontait des côtes d'Afrique. Après avoir pris le pilote à 5h du matin le 27 juin 1917, il s'apprêtait à faire route pour entrer dans le goulet de Brest lorsque, pour éviter une mine flottante aperçue par les guetteurs, il en heurta une autre qui explosa sous la coque. Le commandant Lagorio tenta de se rapprocher de la côte du Conquet pour échouer son navire mais le Kléber s'enfonçait très vite et il coula en moins d'une heure. Fort heureusement les secours très rapidement arrivés sur les lieux permirent de sauver 530 marins parmi les 568 membres de l'équipage.» Son épave se trouve au sud ouest de l'île d'Ouessant (position : 48° 17.1353′ N 4° 50.5088′ O), à environ 48 m.
Cuirassé Kléber Commandé aux Forges et Chantiers de la Gironde le 28 décembre 1897 - Lancé le 20 septembre 1902 - Armé le 4 juillet 1904
Longueur 130m - Maître-bau 17,9m - Tirant d'eau 7,6m - Tonnage 7730tx - Puissance 17000 cv - Vitesse 21 nœuds
mercredi 11 décembre 2013
Le croiseur cuirassé Desaix, de la classe Dupleix de 1900-1902
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| Le croiseur cuirassé Desaix. Collection agence Adhémar |
A l’instar du Kléber et du Dupleix, le Desaix était un croiseur cuirassé mis en service dans la marine française au début du XXe siècle.
Ingénieur de Marine : Emile Bertin
Kléber - CAG de Bordeaux - mise sur cale : 1898 - lancement : 1902
Desaix - Ateliers et chantiers de la Loire (ACL de Saint-Nazaire - mise sur cale : 1899 - lancement : 1901
Dupleix - Arsenal de Rochefort - mise sur cale : 1899 - lancement : 1900 (cliquez ici)
Appellations diverses : croiseur-cuirassé pour station lointaine (Desaix), croiseur-cuirassé de station (Dupleix) ...croiseur-cuirassé de 7,700 tonneaux (Kléber)
DES CROISEURS-CUIRASSES DE 7700t
Le Kléber, le Dupleix et le Desaix étaient des croiseurs cuirassés de 7 700t caractérisés par une protection consistant en une ceinture de 38 à 102 mm d’épaisseur allant de l’avant jusqu’à la mâture arrière, avec une hauteur de 1,20 m au-dessous de la flottaison et de 1 m au-dessus. Ces bâtiments, doublés en bois, disposaient également d’un cofferdam* et d’un double fond sur toute la longueur et d’un pont cuirassé dépourvu de pare-éclats, d’une épaisseur variant de 65 à 90 mm. Leurs tourelles avaient une protection arrière de 50 mm, une protection avant de 100 mm et un toit de 24 mm.
LA CARRIERE DU DESAIX
Mis sur cale à Saint-Nazaire en janvier 1899, le Desaix fut lancé en mars 1901. Propulsé par trois machines développant une puissance totale de 17 000 ch., ce bâtiment fut achevé en 1904. Affichant une vitesse de 21 nœuds, il pouvait franchir une distance de 6400 milles marins à la vitesse de 10 nœuds ou de 8800 milles marins en surcharge. Assez peu armé, le Desaix, tout comme le Kléber et le Dupleix, était dépassé et quelque peu usé à la veille de la guerre de 1914-1918.
En 1914, il est en réserve de la 2e escadre légère à Brest qu’il intègre dès le 2 août 1914 et avec laquelle il opère en Manche. En fin d'année, il est envoyé en croisière en Extrême-Orient mais il est rappelé pour être affecté à la division française placée sous les ordres de l’amiral anglais Peirse. Il atteint Suez le 16 février 1915 et se joint au Bruix et au Requin. Renforcée à partir du 18 mars du Montcalm (bâtiment amiral), la division, commandée par le contre-amiral Huguet, contribue à la défense du canal et surveille la côte d’Arabie jusqu’à Djedhad. Le 23 juin 1915, le Desaix est affecté à la 3e escadre, créée en février 1915, et chargée des opérations sur la côte de Syrie. L’activité de cette escadre consiste dans un premier temps en des bombardements et des saisies de bâtiments suspects. A partir du 25 août, elle est chargée d’appliquer le blocus des côtes d’Asie Mineure et de Syrie. Elle est amenée, les 12 et 13 septembre 1915, à évacuer 3000 Arméniens fuyant les Turcs et réfugiés sur le Djebel Moussa (Mont Moïse). Le 8 mai 1916, le Desaix rallie la 6e division légère basée à Dakar pour la surveillance de l’Atlantique sud et y restera jusqu’à la fin de la guerre.
Il est retiré en juillet 1921.
CARACTERISTIQUES
Type: croiseur cuirassé - Propulsion: 3 machines totalisant 17000 ch - Dimensions: longueur, 130 m ; largeur, 17,75 m -Tirant d’eau: 7,40 m - Vitesse: 21 nœuds
L’armement du Desaix consistait en 8 canons de 164 mm répartis en 4 tourelles doubles (1 avant, 1 arrière, 2 au centre). 4 canons de 100 mm situés sous les superstructures à hauteur des tourelles centrales. 10 canons de 47 mm (2 de chaque bord dans la batterie, 2 par passerelle et 2 par spardeck) et 2 tubes lance-torpilles.
Source http://laroyale.forum0.net/
* Un cofferdam ou maille sèche est un espace de séparation entre deux parties de la coque d'un navire. Il est délimité par deux cloisons étanches de part et d'autre. Le dictionnaire Quillet de la langue française et mentionne, pour un navire de guerre qu'il est «bourré d'une matière spongieuse, qui obture les voies d'eau» en se gonflant, lorsque le navire est atteint par un tir de missile.
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