Affichage des articles dont le libellé est Duguay-Trouin (1923). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Duguay-Trouin (1923). Afficher tous les articles

mardi 5 juillet 2011

Primauguet et les croiseurs du type Duguay-Trouin


Le croiseur Duguay-Trouin en 1947, à son départ pour l'Indochine, il présente les transformations effectuées pendant la guerre, notamment la suppression du mât arrière, des installations pour aviation et le renforcement de la DCA.


Le croiseur Lamotte-Picquet en 1938 à Haiphong.


Le croiseur Primauguet en 1929, qui présente encore la silhouette d'origine de ces navires.
(photos collection Alain V)

Suite à mon article sur le renflouement à Casablanca, du croiseur Primauguet, du type Duguay-Trouin, je vais vous rappeler les caractéristiques de ces navires, au nombre de trois: Duguay-Trouin, Lamotte Picquet et Primauguet et vous raconter succinctement leur histoire. Toutefois, celle-ci recoupant plusieurs articles de ce blog, je vous invite à vous y reporter, pour éviter les redites.
Ces croiseurs appartenaient au programme naval de 1922, le premier voté après la Première Guerre mondiale et l'un des plus importants puisqu'il comprenait, outre ces trois croiseurs, 6 contre-torpilleurs, 12 torpilleurs, 12 sous-marins et la transformation de l'ex-cuirassé Béarn en porte-avions.
-Le Duguay-Trouin est mis sur cale à l'arsenal de Brest le 4 août 1922. Lancé le 14 août 1923, il entre en service le 2 novembre 1926.
-Le Lamotte Picquet est mis sur cale à l'arsenal de Lorient le 17 janvier 1923. Lancé le 21 mars 1924, il entre en service le 5 mars 1927.
-Le Primauguet est mis sur cale à l'arsenal de Brest le 16 août 1923. Lancé le 21 mai 1924, il entre en service le 1er avril 1927.
Caractéristiques de ces croiseurs:
Déplacement: 7249 tw; 8 760 tonnes en pleine charge
dimensions: 181,3m x 17,5m x 6,14 m
puissance: 102 000 cv; vitesse 34 nœuds
machines: turbines à engrenages Parsons; 4 hélices; 8 chaudières Guyot
mazout: 1500 tonnes; rayon d'action: 4 000 miles à 15 nœuds
effectif: 27 officiers et 551 hommes
armement: 8 canons de 155 mm en 4 tourelles doubles portant à 26 000 m
4 canons de 75 mm AA
12 tubes lance-torpilles en 4 affûts triples
1 catapulte et 2 avions.

Les faits marquants de l'histoire de ces navires:
-Le Duguay-Trouin est à Alexandrie en juin 1940 avec la Force X (voir le blog ). En septembre 1943, il reprend le combat après une première modernisation effectuée à Casablanca. En août 1944, il participe aux opération de soutien du débarquement en Provence (voir le blog), en avril 1945, il est affecté à la Flank Force qui combat les forces allemandes et italiennes le long de la Riviera italienne; il est en grand carénage de novembre 1945 à avril 1947; en mai 1947, il est envoyé à Madagascar, ou il y a des troubles pour participer au retour de l'ordre; en novembre 1947 il arrive à Saigon; il restera en Indochine jusqu'en septembre 1951, il rentre alors à Toulon pour être désarmé; il est condamné en 1952, et vendu à la démolition en 1953, à l'issue d'une belle et longue carrière.
-Le Lamotte Picquet est affecté fin 1935 à la flotte d’Extrême Orient, où il restera jusqu’à la fin de sa carrière. En janvier 1941, il se distingue à la bataille de Koh Chang ou avec 4 avisos il défait la flotte thailandaise (voir détail sur le blog Adhemar); en 1942 il est désarmé à Saigon, isolé de la métropole, ne pouvant être entretenu, surveillé par les japonais, ne pouvant même être ravitaillé en mazout, il est coulé le 12 janvier 1945 par la Task Force 38 américaine, l'épave était toujours présente en 1954 dans le Donnai, lorsque la France quitta l'Indochine.
-Le Primauguet effectue en 1927 les essais de catapulte orientable installés pour la première fois à bord d'un navire de guerre français; en avril 1932 le Primauguet est affecté à la flotte d’Extrême Orient, jusqu’à la fin de 1935; puis de septembre 1937 à juillet 1939; en juin 1940 lors de l'armistice, le Primauguet se trouve au Maroc, il y restera jusqu’à la fin de sa carrière. En décembre 1941, il entre en carénage à Casablanca, celui ci se poursuivra lentement faute de moyens. Le 8 novembre 1942, le Primauguet appareille sans que les travaux en cours aient été terminés, pour tenter de s'opposer au débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il est bombardé par l'aviation américaine de la Task Force 34, et s'échoue en feu à la sortie du Port de Casablanca, faisant 90 morts dont son commandant et 200 blessés. Nous avons vu que son épave restera sur place jusqu’à nos jours.
Alain

samedi 14 août 2010

15 août 1944, Opération Dragoon

Cuirassé La Lorraine tirant sur la batterie de Cépet lors du débarquement en Provence
(photo collection Alain V)
Croiseur Georges Leygues le 13 septembre 1944 lors du retour à Toulon (photo Marius Bar)

Le 15 août 1944 le débarquement en Provence, baptisé Opération Dragoon, débute. Il a été précédé d'une phase préparatoire, consistant depuis début juillet, en une succession de bombardements de Toulon, visant à affaiblir les forces allemandes présentes, et notamment la quinzaine de sous-marins allemands qui représentent le plus grand danger pour la flotte de transports et de navires de débarquement.
Les raids aériens vont également viser les batteries côtières, et en particulier les deux tourelles doubles de 340mm du cap Cépet.

Le débarquement proprement dit a lieu entre Théoule et la baie de Cavalaire; le choix de ces sites et des plages de Provence pour effectuer le second débarquement en France, résulte de fonds descendant beaucoup plus rapidement que sur la cote du Languedoc, ce qui limite le risque des champs de mines, et permet aux grands bâtiments de combat de s'approcher beaucoup plus prés du rivage pour l'appui de feu; la proximité des ports de Toulon et Marseille principales cibles des Alliés pour pouvoir approvisionner les troupes lors de leur progression à l'intérieur des terres; tout en restant toutefois hors de portée de la batterie de 340 mm de Cépet sur la presqu'île de Saint- Mandrier au sud de la rade de Toulon.

Trois zones de débarquement ont été définies; elle sont appelées:
Alpha: de Cavalaire à Saint- Tropez - Delta: plage de la Nartelle, à l'est de Saint-Tropez - Camel: région d'Agay, Saint- Raphaël

La participation de la marine française au débarquement est conséquente:
Le cuirassé LORRAINE sera chargé de l'attaque de la batterie de Cepet
Les croiseurs GEORGES LEYGUES; MONTCALM; GLOIRE; EMILE BERTIN; DUGUAY TROUIN; les croiseurs légers, ex contre torpilleurs LE FANTASQUE; LE TERRIBLE; LE MALIN tirent sur les batteries côtières ;
15 torpilleurs,destroyers d'escorte ou avisos; 6 escorteurs côtiers du type PC transférés par les américains, escortent les convois de la 1ère armée.

La batterie de Cépet demanda cinq jour pour être réduite au silence.
Le 28 août, l'amiral allemand Rufhus capitule; Toulon est libéré; le même jour le général Schaeffer capitule, libérant Marseille.
Le 7 septembre, le transport Quercy fut le premier navire à entrer à Toulon.
Le 13, pour la première fois depuis le sabordage, une escadre française pouvait mouiller sur rade, flamme de guerre traînant dans l'eau. Il est de tradition qu'au retour de campagne, les bâtiments arborent une flamme de guerre longue d'un mètre pour chaque mois d'absence. Tous ceux qui rentraient, avaient quittés la France depuis plus de quatre ans.
Alain

dimanche 4 juillet 2010

Alexandrie ou le Gentlemen's agreement

Croiseur Tourville et navires français à Alexandrie (collection Alain V)

ALEXANDRIE OU LE GENTLEMEN 'S AGREEMENT

A Alexandrie, où se trouvait la Force X, les Anglais avaient reçu consigne de s'emparer des navires français. La situation aurait pu tourner au drame comme à Mers el Kebir, l'amiral anglais Andrew Cunningham ayant reçu les mêmes instructions de l'Amirauté britannique.
L'amiral Godfroy commandait la Force X composée du cuirassé Lorraine, des croiseurs Suffren, Duquesne, Tourville et Duguay-Trouin, de 3trois torpilleurs et d'un sous-marin.
L'amiral Cunnigham disposait des cuirassés Warspite, Malaysia, Ramillies, Royal Sovereign et du porte-avions Eagle, de 5 croiseurs et 5 sous-marins, en outre, il est chez lui dans sa base, il disposait donc d'une supériorité écrasante.
Godfroy reçu l'ordre de l'amirauté française d'appareiller au besoin en combattant. Cunnigham s'y opposa en raison des instructions formelles de l'amirauté britannique. Godfroy n'a pas insisté, les deux amiraux avaient convenu d'attendre, lorsque la nouvelle de l'attaque de Mers el Kebir fut reçu par les Français, tendant au plus haut point la situation. Le 4 juillet au matin, les navires de la force X trouvèrent les pièces des bâtiments anglais braqués sur eux. La remarque en fut faite à Cunnigham qui fit remettre les canons dans l'axe. Le sang froid des commandants français se mettant ostensiblement à procéder à l'entretien des navires sous les yeux des Anglais détendit l'atmosphère. Les Anglais firent savoir qu'ils ne feraient rien pour s'emparer par la force des bâtiments français, ceux-ci débarquaient leur mazout et entreposaient au consulat de France obturateurs de canons et pointes percutantes des torpilles.
Le 7 juillet un accord écrit est signé par les deux amiraux:
-Les navires seront maintenus dans leur état présent et ne seront pas sabordés.
-Aucune tentative ne sera faite par les Britanniques pour s'en emparer.
-Débarquement d'une partie du personnel à rapatrier vers la France.
-Le personnel restant n'entreprendra aucun acte hostile contre les Britanniques.
-Prescriptions diverses concernant la vie matérielle des marins français à Alexandrie.
-Dans le cas ou des bâtiments de guerre français seraient pris et utilisés par les Italiens ou les Allemands l'accord serait rediscuté.
L'accord bien que déplaisant à la fois à l'amiral Darlan et à Churchill fut scrupuleusement observé jusqu'en 1943.
Toutefois l'amiral Godfroy dut faire face pendant cette longue période à pas mal de désertions.
Il faut citer notamment parmi l'équipage du Duquesne qui quitta l'amiral français pour rejoindre les Forces navales françaises libres, le capitaine de frégate Auboyneau qui deviendra amiral et le lieutenant de vaisseau Honoré d'Estienne d'Orves, mort en martyr de la Résistance.
Alain