mardi 30 novembre 2010

Le cuirassé garde-côtes Bouvines

Bouvines, garde-côtes cuirassé

 Construit aux Forges et chantiers de la Méditerranée à La Seyne sur Mer de septembre 1890 à mars 1892, Bouvines a été mis en service le 15 octobre 1894. 89,38m sur 17,8m, 6610t, 8800cv, 2 machines horizontales à triple expansion Menpenti, 16 chaudières Allest-Lagrafel, timbrées à 15 kg/cm2, 2 hélices. 14 nœuds aux essais avec 5000cv, 16,5 nœuds avec 8800cv, rayon d'action de 3900 milles à 8 nœuds.
Armement: 2 de 305 en tourelles axiales, 8 de 100mm modèle 1892 derrière masques, 8 de 47 mm, modèle 1885, 3 de 37 mm, 2 TLT aériens de 450mm (supprimés en 1906).
Protection: ceinture cuirassée complète de 2270 tonnes.
Les navires du type Bouvines, construits comme garde-côtes cuirassés, seront reclassées cuirassés de 2e rang. Au prix d'une d'une réduction de leur artillerie principale et grâce à un meilleur dessin de coque, les Tréhouart se comportent mieux que les garde-côtes de type Valmy. Les derniers garde-côtes, Bouvines et Valmy, ont repris l'aspect extérieur des petits cuirassés. L'armement est toujours constitué de deux gros canons en tourelles avant et arrière mais un tirant d'eau de 7,3m à 7,5m les handicapaient dans leur rôle de garde-côtes!
Après des essais officiels à l'été 1895 à Toulon, Bouvines reçoit son armement définitif en décembre. Début 1896, il rejoint Brest et devient navire amiral de la 2e escadre du Nord. En 1898, il est remplacé par Amiral Duperré et retourne à Toulon et y reste en réserve jusqu'au 15 décembre 1898 quand il est réarmé comme navire amiral de la division des garde-côtes dans l'escadre de Méditerranée. Le 22 juillet 1900, Bouvines est rattaché à l'escadre du Nord à Cherbourg dont il deviendra bâtiment amiral de la 2e division le 13 août 1901. Jusqu'en juin 1906, il participe à de grandes manœuvres en Méditerranée (1901), Algérie et Tunisie (1902), Manche et Gascogne (sorties en 1902), Algérie et Provence (1906). Placé en réserve à Cherbourg en 1907. Bouvines vivra son chant du cygne en devenant commandant supérieur des flottilles de la Manche. Il participe au renflouement du Pluviôse à Calais (voir notre blog). En 1912, il retourne en réserve à Cherbourg. ce n'était pourtant pas la fin car la guerre lui apporte son dernier rôle, bâtiment d'arraisonnement du front de mer de Cherbourg jusqu'à 1917. Il est rayé des listes le 8 juin 1918 et vendu à la démolition sur place en 1920

Le cuirassé garde-côtes Tréhouart et non Bouvines comme indiqué sur la carte postale. Une rectification due à l'œil exercé de notre ami Alain qui précise que «Tréhouart est du même type mais qu' il se distingue par une seule cheminée alors que le Bouvines en avait deux».

Le cuirassé garde-côtes Bouvines

Bouvines, garde-côtes cuirassé

 Construit aux Forges et chantiers de la Méditerranée à La Seyne sur Mer de septembre 1890 à mars 1892, Bouvines a été mis en service le 15 octobre 1894. 89,38m sur 17,8m, 6610t, 8800cv, 2 machines horizontales à triple expansion Menpenti, 16 chaudières Allest-Lagrafel, timbrées à 15 kg/cm2, 2 hélices. 14 nœuds aux essais avec 5000cv, 16,5 nœuds avec 8800cv, rayon d'action de 3900 milles à 8 nœuds.
Armement: 2 de 305 en tourelles axiales, 8 de 100mm modèle 1892 derrière masques, 8 de 47 mm, modèle 1885, 3 de 37 mm, 2 TLT aériens de 450mm (supprimés en 1906).
Protection: ceinture cuirassée complète de 2270 tonnes.
Les navires du type Bouvines, construits comme garde-côtes cuirassés, seront reclassées cuirassés de 2e rang. Au prix d'une d'une réduction de leur artillerie principale et grâce à un meilleur dessin de coque, les Tréhouart se comportent mieux que les garde-côtes de type Valmy. Les derniers garde-côtes, Bouvines et Valmy, ont repris l'aspect extérieur des petits cuirassés. L'armement est toujours constitué de deux gros canons en tourelles avant et arrière mais un tirant d'eau de 7,3m à 7,5m les handicapaient dans leur rôle de garde-côtes!
Après des essais officiels à l'été 1895 à Toulon, Bouvines reçoit son armement définitif en décembre. Début 1896, il rejoint Brest et devient navire amiral de la 2e escadre du Nord. En 1898, il est remplacé par Amiral Duperré et retourne à Toulon et y reste en réserve jusqu'au 15 décembre 1898 quand il est réarmé comme navire amiral de la division des garde-côtes dans l'escadre de Méditerranée. Le 22 juillet 1900, Bouvines est rattaché à l'escadre du Nord à Cherbourg dont il deviendra bâtiment amiral de la 2e division le 13 août 1901. Jusqu'en juin 1906, il participe à de grandes manœuvres en Méditerranée (1901), Algérie et Tunisie (1902), Manche et Gascogne (sorties en 1902), Algérie et Provence (1906). Placé en réserve à Cherbourg en 1907. Bouvines vivra son chant du cygne en devenant commandant supérieur des flottilles de la Manche. Il participe au renflouement du Pluviôse à Calais (voir notre blog). En 1912, il retourne en réserve à Cherbourg. ce n'était pourtant pas la fin car la guerre lui apporte son dernier rôle, bâtiment d'arraisonnement du front de mer de Cherbourg jusqu'à 1917. Il est rayé des listes le 8 juin 1918 et vendu à la démolition sur place en 1920

Le cuirassé garde-côtes Tréhouart et non Bouvines comme indiqué sur la carte postale. Une rectification due à l'œil exercé de notre ami Alain qui précise que «Tréhouart est du même type mais qu' il se distingue par une seule cheminée alors que le Bouvines en avait deux».

Mardis de la mer : Les défis des aires marines protégées

Sur votre agenda
Dans le cadre des MARDIS DE LA MER ET DES FRANÇAIS organisés par l’Institut français de la mer (IFM)
et le Centre d’études de la mer de l’Institut catholique de Paris (CETMER)
PROCHAINE SOIRÉE-DÉBAT : MARDI 7 DÉCEMBRE 2010  de 17H30 à 19H30

LES DÉFIS DES AIRES MARINES PROTÉGÉES EN MÉTROPOLE ET EN OUTRE-MER

par Jérôme BIGNON, député de la Somme, président du conservatoire national du littoral

Institut catholique de Paris - Grand amphi - 21 rue d’Assas 75006 Paris

vendredi 26 novembre 2010

1896, une escadre française devant la Darse de Villefranche, ancien port militaire des ducs de Savoie

La Darse de Villefranche vers 1900. A droite, le local à voûtes, entrepôt de l'arsenal des galères et la caserne au dessus. Au centre, le bassin. A gauche, la jetée et au-dessus le bâtiment de l'hôpital et de l'ancien bagne.

Le bassin conçu pour les galères du duc de Savoie, utilisé maintenant pour le carénage des yachts.

1896 : escadre française devant la Darse de Villefranche. (photos collection Alain V)

Cette photo présente deux centres d'intérêt distincts:
-Une escadre de cuirassés français à Villefranche, de la fin du XIXe siècle, c'est l'époque de la flotte dite "d'échantillons" qui, à défaut de présenter une grande valeur militaire, permettait de les identifier sans problème, puisqu'ils étaient tous différents! même lorsqu'il s'agit de navires du même type.
C'est ainsi que l'on peu distinguer de droite à gauche au premier rang, les cuirassés Magenta, du type Marceau, en service en 1891; Neptune, du type Marceau, en service en 1892; un aviso torpilleur du type Condor; et le cuirassé Formidable, type Formidable en service en 1888;
au second rang, les cuirassés Amiral Duperré, seul de son type, en service en 1883; Amiral Baudin, type Formidable, en service en 1888; Hoche,en service en 1890, seul de son type, surnommé le grand hôtel ironiquement, et un aviso; la plupart de ces cuirassés ont été construits en 9 à 10 ans, et étaient complètement dépassés à leur entrée en service.
Dans la darse, un aviso type bombe est accosté à la jetée, et trois torpilleurs ainsi qu' un aviso du type Lévrier, ont l'arrière à quai.
-La Darse de Villefranche au premier plan:
Il s'agit d'un ensemble ayant une grande valeur historique et architecturale ; qui a été inscrit a l'inventaire des monuments historiques, par arrêté du 11 février 1991; en effet il s'agit de l'ancien port militaire des ducs de Savoie et du royaume sarde; la première darse fut construite au XVIe siècle, sous Emmanuel Philibert de Savoie, pour abriter ses galères; en 1571 les galères du duc de Savoie participèrent à la bataille de Lépante qui vit l'anéantissement de la flotte turque. La jetée actuelle a été construite entre 1725 et 1728. Elle comporte six petites niches abritant les cuisines des galères, lorsqu'elles étaient à quai, car il était interdit de faire du feu à bord par mesure de sécurité. On distingue en bas au centre, le bassin de radoub de l'ancien port militaire, datant de 1730 qui était recouvert et doté à l'origine d'une porte monumentale haute de 28 mètres, qui a été détruite en 1851, pour pouvoir faire entrer les navires propulsés par des roues à aubes; il était destiné à la construction et l'entretien des galères, c'est avec celui de Rochefort, le plus ancien bassin existant; perpendiculaire à ce bassin à droite, l'ancienne forge et magasin de l'arsenal, construit de 1725 à 1730 ; dans l'angle à gauche, la toiture de la caserne, construite en 1771, au dessus du local en voûtes datant de 1719, ou étaient réparées les galères; le local en voûtes est intact, mais la caserne qui le surplombait a été rasée en 1942; l'ensemble était protégé par la citadelle Saint Elme, datant de la seconde moitié du XVIe siècle, qui fut admirée par Vauban, ce qui lui valu de ne pas être détruite par les Français, comme le fut le château de Nice. La citadelle que l'on aperçoit à l'extrême-gauche de la photo, face à l'entrée de la darse. Entre les deux, se trouve la corderie royale construite en 1772, actuellement occupée par les laboratoires d'océanographie de l'Université de Paris. Le fort du Mont Alban sur la crête dominant Villefranche complétait le système fortifié protégeant la Darse.
L'ensemble a été en grande partie respecté, et c'est heureux, puisqu'on dispose là, d'un port militaire, et de ses fortifications du XVI ém siècle pratiquement intacts, avec son hôpital pour la chiourme des galères datant de 1767, que l'on aperçoit dans l'angle droit de la photo, ainsi que son lazaret, dont il ne subsiste qu'une des trois tours de garde, hors du champ de l'image; il est à noter que si les galères ont disparues en France suite à l'ordonnance royale de 1748, il en subsista en Italie du Nord, longtemps après cette date, Napoléon entrant à Venise en 1797, y trouva trois galères en chantier dans l'arsenal; la dernière bataille mettant en scène des galères eut lieu en mer baltique en 1808.
Alain

1896, une escadre française devant la Darse de Villefranche, ancien port militaire des ducs de Savoie

La Darse de Villefranche vers 1900. A droite, le local à voûtes, entrepôt de l'arsenal des galères et la caserne au dessus. Au centre, le bassin. A gauche, la jetée et au-dessus le bâtiment de l'hôpital et de l'ancien bagne.
Le bassin conçu pour les galères du duc de Savoie, utilisé maintenant pour le carénage des yachts.

1896 : escadre française devant la Darse de Villefranche. (photos collection Alain V)

Cette photo présente deux centres d'intérêt distincts:
-Une escadre de cuirassés français à Villefranche, de la fin du XIX ém, c'est l'époque de la flotte dite "d'échantillons" qui, à défaut de présenter une grande valeur militaire, permettait de les identifier sans problème, puisqu'ils étaient tous différents! même lorsqu'il s'agit de navires du même type.
C'est ainsi que l'on peu distinguer de droite à gauche au premier rang, les cuirassés Magenta, du type Marceau, en service en 1891; Neptune,du type Marceau, en service en 1892; un aviso torpilleur du type Condor; et le cuirassé Formidable, type Formidable en service en 1888;
au second rang, les cuirassés Amiral Duperré, seul de son type, en service en 1883; Amiral Baudin, type Formidable, en service en 1888; Hoche,en service en 1890, seul de son type, surnommé le grand hôtel ironiquement, et un aviso; la plupart de ces cuirassés ont été construits en 9 à 10 ans, et étaient complètement dépassés à leur entrée en service.
Dans la darse, un aviso type bombe est accosté à la jetée, et trois torpilleurs ainsi qu' un aviso du type Lévrier, ont l'arrière à quai.
-La Darse de Villefranche au premier plan:
Il s'agit d'un ensemble ayant une grande valeur historique et architecturale ; qui a été inscrit a l'inventaire des monuments historiques, par arrêté du 11 février 1991; en effet il s'agit de l'ancien port militaire des ducs de Savoie et du royaume sarde; la première darse fut construite au XVIe siècle, sous Emmanuel Philibert de Savoie, pour abriter ses galères; en 1571 les galères du duc de Savoie participèrent à la bataille de Lépante qui vit l'anéantissement de la flotte turque. La jetée actuelle a été construite entre 1725 et 1728. Elle comporte six petites niches abritant les cuisines des galères, lorsqu'elles étaient à quai, car il était interdit de faire du feu à bord par mesure de sécurité. On distingue en bas au centre, le bassin de radoub de l'ancien port militaire, datant de 1730 qui était recouvert et doté à l'origine d'une porte monumentale haute de 28 mètres, qui a été détruite en 1851, pour pouvoir faire entrer les navires propulsés par des roues à aubes; il était destiné à la construction et l'entretien des galères, c'est avec celui de Rochefort, le plus ancien bassin existant; perpendiculaire à ce bassin à droite, l'ancienne forge et magasin de l'arsenal, construit de 1725 à 1730 ; dans l'angle à gauche, la toiture de la caserne, construite en 1771, au dessus du local en voûtes datant de 1719, ou étaient réparées les galères; le local en voûtes est intact, mais la caserne qui le surplombait a été rasée en 1942; l'ensemble était protégé par la citadelle Saint Elme, datant de la seconde moitié du XVI ém siècle, qui fut admirée par Vauban, ce qui lui valu de ne pas être détruite par les français, comme le fut le château de Nice. La citadelle que l'on aperçoit à l'extrême gauche de la photo, face à l'entrée de la darse. Entre les deux, se trouve la corderie royale construite en 1772, actuellement occupée par les laboratoires d'océanographie de l'Université de Paris. Le fort du Mont Alban sur la crête dominant Villefranche complétait, le système fortifié protégeant la Darse .
L'ensemble a été en grande partie respecté, et c'est heureux, puisqu'on dispose là, d'un port militaire, et de ses fortifications du XVI ém siècle pratiquement intacts, avec son hôpital pour la chiourme des galères datant de 1767, que l'on aperçoit dans l'angle droit de la photo, ainsi que son lazaret, dont il ne subsiste qu'une des trois tours de garde, hors du champ de l'image; il est à noter que si les galères ont disparues en France suite à l'ordonnance royale de 1748, il en subsista en Italie du Nord, longtemps après cette date, Napoléon entrant à Venise en 1797, y trouva trois galères en chantier dans l'arsenal; la dernière bataille mettant en scène des galères eut lieu en mer baltique en 1808 .
Alain

jeudi 25 novembre 2010

Navire-hôpital italien Gradisca

L'Italie utilisa au cours de la Seconde guerre mondiale onze navires-hôpitaux (Aquileia, Arno, California, Città di Trapani, Gradisca, Po, Principessa Giovanna, Sicilia, Tevere, Toscana et Virgilio). Parmi ceux-ci figure l'ancien paquebot néerlandais Gelria lancé en 1913 pour la ligne d'Amérique du Sud du Royal Holland Lloyd.


DR

Désarmé en novembre 1931 en raison de la crise économique mondiale, il est vendu en 1935 à l'armement italien Lloyd Triestino qui le rebaptise Gradisca. Il est par la suite utilisé comme transport de troupes et, plus rarement, comme navire-hôpital durant la guerre d'Éthiopie de 1935-1936. Il retrouve ce rôle de navire-hôpital durant la Seconde guerre mondiale où il fut employé au cours des suites de la bataille du cap Matapan en mars 1941.

Après la capitulation italienne, il fut saisi par les Allemands le 11 septembre 1943 puis récupéré par les britanniques du destroyer HMS Kimberley en mer Égée le 28 octobre 1944 et emmené en Afrique du Nord (Alexandrie puis Alger). Rendu à ses propriétaires en mai 1945 qui lui retrouve une utilisation commerciale. Il s'échoue le 23 janvier 1946 sur la côte est de l'île Gavdos, lors d'un voyage Port Saïd - Malte. Renfloué le 9 juillet 1947, il est ensuite désarmé puis démoli à Venise en 1950.

Pour plus de détails concenrant le paquebot Gelria, voir le blog de l'agence Adhemar.

Paquebot Gelria


L'Italie utilisa au cours de la Seconde guerre mondiale onze navires-hôpitaux (Aquileia, Arno, California, Città di Trapani, Gradisca, Po, Principessa Giovanna, Sicilia, Tevere, Toscana et Virgilio). Parmi ceux-ci figure l'ancien paquebot néerlandais Gelria.


Le paquebot Gelria a été lancé le 20 mai 1913 pour le Royal Holland Lloyd par le chantier Stephen de Glasgow. Livré le 8 octobre suivant, il effectua son premier départ d'Amsterdam à destination de l'Amérique du Sud le 5 novembre 1913.

Gelria est un très beau navire. À tel point qu'un hebdomadaire britannique lui a décerné le titre officieux de "navire de l'année". La brochure de présentation éditée par la compagnie le compare aux plus beaux hôtels de l'époque. Parmi les plus beaux espaces du navire figure la salle de Première classe décorée de style Empire et de faïence hollandaise. Depuis une galerie, un orchestre égaye les repas. Fumoir et grand salon présentent la même recherche de confort et de luxe. Le confort des cabines a été particulièrement étudié lui aussi ; le chauffage y est réglable à la volonté du passager, un téléphone lui permet de communiquer avec les autres cabines et parties du navire. Peut-être est-ce à cause de tout cela que le navire servira de modèle à Blaise Cendrars pour toute la suite de son oeuvre après qu'il ait fait à son bord une traversée vers l'Europe en août 1924 comme nous l'apprend Robert Guyon, grand spécialiste de cet auteur maritime dans son livre "Échos du bastingage - les bateaux de Blaise Cendrars".

Désarmé en raison de la guerre et des risques d'attaque en mars 1916 (son sister-ship Tubantia a été torpilllé le 16 mars de cette année par un sous-marin allemand), il reprend son service sur la même ligne le 12 mars 1919.

Gelria © Leon van Duivendijk.

DR

Il est à nouveau désarmé en novembre 1931, cette fois en raison de la crise économique mondiale et reste immobile à Amsterdam jusqu'à sa vente en 1935 à l'armement italien Lloyd Triestino qui le rebaptise Gradisca. Il est par la suite utilisé comme transport de troupes et, plus rarement, comme navire-hôpital durant la guerre d'Éthiopie de 1935-1936. Il retrouve ce rôle de navire-hôpital durant la Seconde guerre mondiale où il fut employé au cours des suites de la bataille du cap Matapan en mars 1941.

Après la capitulation italienne, il fut saisi par les Allemands le 11 septembre 1943 puis récupéré par les britanniques du destroyer HMS Kimberley en mer Égée le 28 octobre 1944 et emmené en Afrique du Nord (Alexandrie puis Alger). Rendu à ses propriétaires en mai 1945 qui lui retrouve une utilisation commerciale. Il s'échoue le 23 janvier 1946 sur la côte est de l'île Gavdos, lors d'un voyage Port Saïd - Malte. Renfloué le 9 juillet 1947, il est ensuite désarmé puis démoli à Venise en 1950.



Notre agence recherche pour vous et met à votre disposition les informations et documents maritimes dont vous avez besoin pour vos publications ou vos recherches. Interrogez-nous :agence.adhemar(at)yahoo.fr
www.agence-adhemar.com

lundi 22 novembre 2010

1912,Un navire extraordinaire pour l'époque, Le Kanguroo

Le Kanguroo étrave ouverte
Etrave du Kanguroo

Le sous- marin Ferre pénétre dans le Kanguroo, le 28 juin 1912


Le sous-marin Ferre dans le radier du Kanguroo

La porte du radier esr fermée, il n'y a plus qu'a vider les ballasts pour emmener le sous marin vers sa destination

Le Kanguroo

Mis sur cale en 1911 aux Forges et chantiers de la Gironde à Bordeaux, lancé le 12 avril 1912, en service en 1912.
caractéristiques: déplacement 5 540 tonnes; 2 493 tonneaux de jauge brute
longueur 93 m; largeur 12 m; 5,9 m de tirant d'eau
une machine alternative de 850 cv, lui donnait une vitesse de 10 nœuds
équipage 22 hommes.

Ce navire hyper spécialisé, détient certainement la palme de l'originalité, et était en avance de 30 ans, puisqu'il disposait d'un radier, ce que les américains avec les transports de chalands de débarquement L S D, réinventeront en 1942.

Ce radier mesure 58 mètres de longueur, pour un volume de 3 300 m3, une partie avant est constituée d'un tunnel, faisant communiquer le radier et la mer, fermé d'un coté par des portes étanches, et de l'autre par une partie démontable, formant la proue du navire; une double coque contenait des ballasts, permettant de mettre en eau le radier, pour faire entrer et sortir le sous-marin qui était introduit à flot et était posé sur une ligne de tins.

Le Kanguroo a été commandé par les chantiers Schneider de Chalon -sur-Saône, pour transporter les sous-marins construits pour l'étranger; il disposait des emménagements pour loger 22 hommes constituant l'équipage du sous-marin transporté, plus une soute spéciale pour les torpilles. Le Kanguroo pouvait le cas échéant transporter tout navire trop petit pour affronter la haute mer; torpilleurs; vedettes mais également des pièces lourdes et encombrantes; locomotives; chaudières; machines; turbines etc...

Pour livrer ses sous marins depuis le chantier constructeur les chantiers Schneider disposaient d'un chaland-dock le Porteur qui sera utilisé jusqu'en 1939, pour la descente de la Saône et du Rhône de Chalon- sur- Saône à Toulon-Saint Mandrier, ou, le Kanguroo les chargeait pour leur destination finale.

Il livre ainsi le sous-marin péruvien Ferre de Toulon à Calao au Pérou en juillet 1912; en juillet 1913 il livre toujours au Pérou, le sous marin Palacios.
En 1914 le Kanguroo est réquisitionné par la Marine Nationale
Le 3 décembre 1916, il est torpillé et coulé par le sous-marin allemand U38 à Funchal.
Alain

1912,Un navire extraordinaire pour l'époque, Le Kanguroo

Le Kanguroo étrave ouverte
Etrave du Kanguroo

Le sous- marin Ferre pénétre dans le Kanguroo, le 28 juin 1912


Le sous-marin Ferre dans le radier du Kanguroo

La porte du radier esr fermée, il n'y a plus qu'a vider les ballasts pour emmener le sous marin vers sa destination

Le Kanguroo

Mis sur cale en 1911 aux Forges et chantiers de la Gironde à Bordeaux, lancé le 12 avril 1912, en service en 1912.
caractéristiques: déplacement 5 540 tonnes; 2 493 tonneaux de jauge brute
longueur 93 m; largeur 12 m; 5,9 m de tirant d'eau
une machine alternative de 850 cv, lui donnait une vitesse de 10 nœuds
équipage 22 hommes.

Ce navire hyper spécialisé, détient certainement la palme de l'originalité, et était en avance de 30 ans, puisqu'il disposait d'un radier, ce que les américains avec les transports de chalands de débarquement L S D, réinventeront en 1942.

Ce radier mesure 58 mètres de longueur, pour un volume de 3 300 m3, une partie avant est constituée d'un tunnel, faisant communiquer le radier et la mer, fermé d'un coté par des portes étanches, et de l'autre par une partie démontable, formant la proue du navire; une double coque contenait des ballasts, permettant de mettre en eau le radier, pour faire entrer et sortir le sous-marin qui était introduit à flot et était posé sur une ligne de tins.

Le Kanguroo a été commandé par les chantiers Schneider de Chalon -sur-Saône, pour transporter les sous-marins construits pour l'étranger; il disposait des emménagements pour loger 22 hommes constituant l'équipage du sous-marin transporté, plus une soute spéciale pour les torpilles. Le Kanguroo pouvait le cas échéant transporter tout navire trop petit pour affronter la haute mer; torpilleurs; vedettes mais également des pièces lourdes et encombrantes; locomotives; chaudières; machines; turbines etc...

Pour livrer ses sous marins depuis le chantier constructeur les chantiers Schneider disposaient d'un chaland-dock le Porteur qui sera utilisé jusqu'en 1939, pour la descente de la Saône et du Rhône de Chalon- sur- Saône à Toulon-Saint Mandrier, ou, le Kanguroo les chargeait pour leur destination finale.

Il livre ainsi le sous-marin péruvien Ferre de Toulon à Calao au Pérou en juillet 1912; en juillet 1913 il livre toujours au Pérou, le sous marin Palacios.
En 1914 le Kanguroo est réquisitionné par la Marine Nationale
Le 3 décembre 1916, il est torpillé et coulé par le sous-marin allemand U38 à Funchal.
Alain

Hommage de Thalassa à Nicole van de Kerchove 1/2


A l'occasion de la sortie d'Autre Chose (plus de détails sur le site MDV), le dernier livre de Nicole van de Kerchove, l'agence Adhémar nous a fait parvenir ce document, l'hommage de Thalassa à la navigatrice. 

Hommage de Thalassa à Nicole van de Kerchove 2/2


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samedi 20 novembre 2010

Le 27 novembre 1942, la flotte française stationnée à Toulon se saborde.

Le 27 novembre 1942, la flotte française stationnée à Toulon se saborde. Comment en est on arrivé là ?

Dès le 24 juin 1940, la veille de l'armistice signé avec les allemands, l'amiral Darlan avait diffusé ses instructions selon lesquelles si un ennemi ou étranger tentait de s'emparer par la force de navires français, ceux-ci devraient se saborder et être rendu inutilisables.
Il s'agissait d'un ordre du jour de portée permanente afin qu'il ne puisse être rapporté sous la contrainte.
Malheureusement, Winston Churchill n'a pas cru la parole des français ; il en est résulté le drame de Mers el Kebir et les opérations Catapult et de Dakar.

La situation de la flotte française va basculer totalement, après le débarquement anglo- américain en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942. En effet, nos navires présents dans les ports d'Alger, d'Oran et de Casablanca vont répliquer et se battre contre ceux qu'ils considèrent comme des envahisseurs.

À Casablanca, le Jean Bart est aux prises avec le cuirassé américain Massachusetts et les avions du porte-avions Ranger. Le croiseur Primauguet, les contre-torpilleurs Albatros, Milan, les torpilleurs Brestois, Boulonnais, Frondeur, l'Alcyon, Fougueux attaquent la flotte américaine.Étant donnée la disproportion des forces, il s'agit d' une attaque suicidaire; seul l'Alcyon en réchappera.

À Oran, les sloops britanniques Walney et Hartland chargés de déposer des commandos dans le port sont coulés; les torpilleurs Tramontane, Tornade, Typhon, l'aviso Surprise, le contre-torpilleur Epervier sortent affronter les cuirassés et croiseurs britanniques; tous sont coulés par des forces infiniment supérieures.

Pourtant des tractations secrètes avaient tenté de préparer le terrain en partie par des contacts entre le général Mast, et le général Clark, adjoint d'Eisenhower qui avait débarqué secrètement du sous -marin anglais le Seraph, pour assister à une réunion qui a eu lieu à Cherchell le 21 octobre 1942, et devant permettre au Général Giraud, récemment évadé de prendre la tete des forces françaises pour reprendre le combat; un groupe de cinq conjurés oeuvraient également dans le même sens. Il est a noter que le Général de Gaulle n'avait pas été informé du débarquement qui se prépare en Afrique du Nord.Les américains sont pressés de débarquer pour deux raisons; ils veulent prendre à revers l'Afrika Korps de Rommel qui avance rapidement en Tunisie; et sont pressés par Staline d'ouvrir un second front, pour soulager la pression allemande sur la Russie notamment à Stalingrad, alors que les français conjurés ne se sentant pas prêt, voudraient retarder le débarquement au début de 1943 . Or,dans cette histoire digne des meilleurs feuilletons, un évènement imprévu vas bouleverser les prévisions des conjurés. L'amiral Darlan commandant en chef respecté de la Marine française et ancien chef de gouvernement de Pétain qui vient d'être remplacé par Laval sur la demande des allemands, est arrivé à Alger à titre privé, au chevet de son fils gravement malade.

Après deux jours d'âpres combats, lourds en pertes humaines et matérielles; les marins se tournent naturellement vers lui; l'amiral Darlan après avoir vainement attendu le feu vert du Maréchal Pétain, décide de son propre chef d'arrêter les combats meurtriers et de discuter avec les américains des modalités de la reprise des combats au coté des Alliés. Il prend ainsi la tête des forces françaises en Afrique du Nord au nom du Maréchal Pétain empêché de s'exprimer librement dit il ; évinçant ainsi le Général Giraud pressenti par les conjurés, mais non obéit par ses troupes et donc pas pris au sérieux par les américains; faut il y voir la, la raison de sa mort?, toujours est il, que le 24 décembre 1942, l'amiral Darlan est assassiné à Alger par Fernand Bonnier de la Chapelle, un exalté royaliste, dés le 26 décembre au matin, l'assassin est fusillé après un jugement et une instruction expéditive; comme si l'on ne désirait pas vraiment chercher les commanditaires qui se cachent derrière.

Sur le terrain Darlan avait conclu un accord avec les américains; cet accord est entériné à Alger le 13 novembre, par le général Eisenhower et l'amiral Cunningham en personne; pendant le meme temps, le haut commandement allemand demandait à l'amiral Marquis préfet maritime de Toulon, et à l'amiral de Laborde commandant des forces de haute mer, de prendre l'engagement de défendre l'enclave de Toulon contre toute agression de l'Axe ou de"dissidents" dans ce cas, le camps retranché et la flotte seraient respectés par la Wehrmacht; n'ayant pas le choix, l'engagement demandé par les allemands fut pris par les amiraux.

Une simple protestation officielle du Maréchal Pétain, fut la seule réponse à l'invasion de la zone libre par les allemands; le 11 novembre 1942; l'amiral Auphan qui n'a cessé de faire secrètement la liaison entre Darlan à Alger et Vichy pour essayer de faire rentrer la France dans la guerre est démissionnaire, pour marquer sa désaprobation, de la tournure prise par les évènements, il est remplacé par l'amiral Abrial, à la tête de la marine en France métropolitaine.

C'est la Wechrmacht et non la Kriegsmarine qui est changée de l'opération Anton, consistant à investir l'arsenal de Toulon dans le but de s'emparer des navires; cela explique la réussite du sabordage proprement dit; en effet,des soldats peu au fait des choses maritimes, n'ont rien pu faire pour s'opposer au sabordage des navires. La surprise est totale à Toulon, le matin du 27 novembre, lorsque les allemands surgissent à 4 h 25 aux portes de l'arsenal, l'amiral Marquis; préfet maritime est cueilli dans son lit. L'amiral de Laborde ne peu croire au manquement de parole de la part des allemands. À 5 h 20 les allemands sont au Mourillon, dont cinq sous-marins parviennent à s'échapper: le célèbre Casabianca; le Marsouin; le Glorieux; l'Iris et la Vénus. La Vénus se sabordera en grande rade; l'Iris sera internée en Espagne et les trois autres gagneront l'Algérie et reprendront le combat aux côtés des Alliés. L'ordre de sabordage est donné par l'amiral de Laborde, de son navire amiral, le cuirassé Strasbourg à 5 h 25. Les chars allemands arriveront trop tard sur les quais pour empêcher le sabordage. Pendant que des interprètes allemands parlementent avec les marins; les navires coulent; les pièces d'artillerie sautent, les croiseurs s'embrasent sans que les allemands ne puissent rien empêcher. L'amiral de Laborde refuse de quitter son bord avant de savoir "pourquoi la parole du Führer n'a pas été tenue", il ne le quittera que sur l'ordre du Maréchal Pétain.

La marine française à perdu 75 unités, soit 235 000 tonnes:
- 3 cuirassés : Strasbourg; Dunkerque; Provence.
- 7 croiseurs : Algérie; Colbert; Dupleix; Foch; La Marseillaise; La Galissonniere; Jean de Vienne.
-1 transport d'aviation : Commandant Teste
-15 contre-torpilleurs:Lynx; Guépard; Vauban; Valmy; Verdun; Aigle; Gerfaut; Vautour; Cassard; Kersaint; Tartu; Vauquelin; L'Indomptable; Mogador; Volta
- 13 torpilleurs : Bordelais; Le Mars; La Palme; L'Adroit; Casque; Foudroyant; Hardi; Lansquenet; Mameluk; Siroco; Baliste; La Bayonnaise; La Poursuivante
- 6 avisos : D'Iberville; La Curieuse; L'Impétueuse; Chamois; Yser; Dédaigneuse
- 14 sous-marins : Caiman;Redoutable;Vengeur;Pascal;Fresnel;Acheron;L'Espoir;Naïade;Sirène;Galatée;Thétis;Euridice;Aurore;Diamant
- 9 patrouilleurs ou dragueurs
- 19 bâtiments de servitude
- 1 bâtiment école
- 28 remorqueurs
- 4 docks de levage

Seuls 39 bâtiments tous de petit tonnage et sans grande valeur militaire ou désarmés seront capturés; dont les contre-torpilleurs Panthère; Tigre et Lion et le torpilleur Trombe, en situation de gardiennage et donc sans équipage; le Tigre et le Trombe seront d'ailleurs récupérés lors de la capitulation italienne en septembre 1943.

Dés l'occupation allemande de Toulon, une répartition des épaves à lieu entre les allemands et les italiens, des janvier 1943, des tentatives de renflouement sont entreprises, visant selon les cas à essayer de remettre en service les navires les moins avariés, démolir les autres pour récupérer l'acier qui part en Allemagne, et à libérer les quais et surtout les cales seches et les infrastructures portuaires, pour pouvoir les utiliser pour leurs sous-marins.

Voici quelques dates de renflouement des principaux navires :
18 février 1943 croiseur Jean de Vienne
9 mars 1943 croiseur La Galissonniere
16 avril 1943 croiseur Foch
13 mai 1943 transport d'hydravions Commandant Teste
3 juillet 1943 croiseur Dupleix
11juillet 1943 cuirasse Provence
17 juillet 1943 cuirasse Strasbourg
19 aout 1943 croiseur Algérie

et quelques clichés :

Croiseur LA MARSEILLAISE sabordé

À l'angle Robert, de gauche à droite : Commandant Teste, cuirassé PROVENCE et ancien cuirassé déclassé CONDORCET

Appontements Milhaud: croiseurs COLBERT,ALGERIE,LA MARSEILLAISE vu du STRASBOURG

Cuirassé DUNKERQUE dans le grand bassin Vauban le 27 novembre 1942

Croiseur DUPLEIX en feu

Croiseur FOCH

Le torpilleur TROMBE à flot entre le FOUDROYANT et le SIROCO coulés

Croiseur LA GALISSONNIERE coulé dans le bassin de Missiessy

Au quai Noel de gauche à droite: les contre-torpilleurs INDOMPTABLE,CASSARD et TARTU

Contre-torpilleur VAUTOUR vu du croiseur FOCH sur lequel est un marin allemand

Contre-torpilleur VOLTA,derrière on aperçoit l'INDOMPTABLE

Darse vieille,devant la vieille ville de Toulon:de gauche à droite les avisos CHAMOIS,IMPETUEUSE,CURIEUSE,DEDAIGNEUSE et YSER

Ce qui reste du DUNKERQUE en 1944 à la libération de Toulon

En 1944 le STRASBOURG à flot,devant lui la coque retournée du croiseur LA GALISSONNIERE,on aperçoit derrière le COMMANDANT TESTE

Le STRASBOURG coulé aux appontements de Milhaud,dans la rade les coques non terminées des torpilleurs INTREPIDE et TEMERAIRE

Les épaves à bregaillon à la libération de Toulon: de haut en bas ALGERIE,ORFORT(ancien paquebot),ADROIT,VOLTA,LA PALME,LYNX,VERDUN et MOGADOR.

Disposition des navires dans l'arsenal de Toulon le 27 novembre 1942

Les italiens s'emparent des navires intacts en gardiennage, Panthère, Tigre, Lion et Trombe
ils emmènent
le torpilleur Siroco renfloué, à Gênes le 10 juin 1943, malgré les protestations du gouvernement français, ainsi que le contre torpilleur Valmy. Ils envisageaient de faire la même chose avec les croiseurs Jean de Vienne et La Galissonniere, lorsque la capitulations du 9 septembre 1943, mis fin à leurs prétentions sur nos navires.

Avec le départ des italiens, les renflouements continuent, mais beaucoup plus lentement. Le 19 mai 1944, un accord est passé entre les allemands et le gouvernement français sur la rétrocession de bâtiments renfloués à la France en contrepartie de la cession à l'Allemagne de l'acier prélevé sur les bâtiments irrécupérables. Sont rendus, entre autres : les cuirassés Dunkerque et Strasbourg, le transport d'hydravions Commandant Teste, les croiseurs La Galissonnière et Jean de Vienne, 4 contre-torpilleurs, 6 torpilleurs, 9 sous-marins. Aucun de ces navires renfloués ou en cours de renflouement n'est en état de naviguer; le Dunkerque toujours dans le grand bassin Vauban n'est plus qu'une épave à moitié démolie; cette flotte sera d'ailleurs dénommée : la flotte symbolique.

Les bombardements alliés sur Toulon (12 au total entre le 24 novembre 1943 et le 19 aout 1944) vont avoir raison de cette flotte symbolique; la plupart des navires seront coulés une deuxième fois sous les bombes, et seront retrouvés ainsi lors de la libération de Toulon, le 27 aout 1944. Seuls le Strasbourg et le Commandant Teste pourront être utilisés comme pontons : le Strasbourg pour des expériences d'explosions sous marines (il sera démoli en 1955) et le Commandant Teste, comme dépôt de matériel et de pièces de rechange (condamné en 1950 et démoli en 1963).

Alain

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